Vincent Duclert

  • La république imaginée (1870-1914)

    Vincent Duclert

    Parution : 23 Juin 2015 - Entrée pnb : 13 Février 2020

    La France de 1870 à 1914 entame un temps de la politique qui se confond largement avec la République. Après une première décennie marquée par la guerre étrangère et intérieure, la domination des monarchistes et des combats pour la liberté, celle-ci s'affirme comme une possibilité de démocratiser le pouvoir et la société. La dynamique politique qui s'instaure à partir de 1878 dans la jeune IIIe République ne se limite pas en effet à la vie des institutions, à la pratique gouvernementale ou à l'exercice du suffrage. Des questions nouvelles sont posées aux Français qui s'en emparent et imaginent leur République. Les ambiguïtés des républicains n'en demeurent pas moins fortes comme le montre la tentation de répression des mouvements sociaux, des avant-gardes intellectuelles ou des luttes civiques. Les oppositions nationalistes et même antisémites, restent elles aussi toujours vives et menacent à plusieurs reprises, comme durant la crise boulangiste et pendant l'affaire Dreyfus, ce processus fondamental de démocratisation qui irrigue une société, un pays, des univers, et que restituent discours, articles et oeuvres d'art. La République imaginée raconte et explique ce moment politique de la France qui, par sa richesse, sa profondeur et sa complexité, constitue un volet essentiel de la France contemporaine et de sa modernité sociale autant que culturelle.Bornée pourtant à l'origine par la guerre de 1870 et la Commune et à la fin par le conflit européen déclenché en 1914, la France de 1870 à 1914 est parvenue à s'extraire de ces engrenages, inaugurant une "Belle Époque" qu'avait préparée une riche "fin de siècle". L'ouverture au monde - que ne résumait pas une colonisation impériale et destructrice - l'expérience politique, les engagements démocratiques, les expériences sociales, la découverte des espaces et des temps fondent une histoire à écrire et décrire ici. Elle est constitutive du présent et de l'avenir.

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  • L'affaire Dreyfus

    Vincent Duclert

    Parution : 29 Novembre 2018 - Entrée pnb : 20 Avril 2019

    En 1994, la première parution de ce livre avait été saluée par la critique et les lecteurs, et traduite en plusieurs langues. Sa réédition de 2006 fut augmentée d'un nouveau chapitre final et connut le même succès. Cette quatrième édition actualise de nombreuses données et propose de nouvelles analyses de l'événement et de l'histoire qui en est faite.
    Le 22 décembre 1894, un procès d'État condamne un capitaine juif, alsacien, innocent de toute charge, pour crime de " haute trahison " (en faveur de l'Allemagne). S'ouvre, deux ans plus tard, une crise majeure de la République. Le régime est menacé par l'effondrement de la justice, l'impunité de l'armée, la violence des nationalistes, la peur des républicains.
    Mais l'engagement pour Dreyfus, la défense des droits de l'homme et du citoyen, la lutte contre l'antisémitisme et le nationalisme entraînent un sursaut civique de la société. Le 12 juillet 1906, un arrêt solennel de la Cour de cassation réhabilite l'officier. L'Affaire inaugure un âge démocratique porté par l'engagement des intellectuels, les expériences dreyfusistes, la reconnaissance de nouvelles libertés comme celles d'association et de conscience (au fondement de la laïcité), la solidarité pour les opprimés de par le monde.
    Ces mutations si décisives pour la Belle Époque demeurent d'actualité, face à la raison d'État, au viol de la justice et à l'abandon des persécutés. Pour retrouver le sens des valeurs dans des sociétés traversées par le racisme, l'antisémitisme et les passions identitaires ?

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  • Camus, des pays de liberté

    Vincent Duclert

    Parution : 8 Janvier 2020 - Entrée pnb : 9 Janvier 2020

    « Êtes-vous un intellectuel de gauche ?
    -  Je ne suis pas sûr d'être un intellectuel... Quant au reste, je suis pour la gauche, malgré moi et malgré elle. »
    (Entretien du 14 décembre 1959, Albert Camus avec François Meyer, université d'Aix en Provence.)
    Albert Camus est mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Il y a tout juste 60 ans. Il a été de son vivant méprisé, haï même, pour avoir combattu tous les totalitarismes, pour avoir défendu une position réconciliatrice face à la guerre d'Algérie, pour avoir écrit L'Homme révolté. Il s'est tenu dans une position morale face à l'histoire tout en demeurant un homme de théâtre et un romancier exigeant.
    Aujourd'hui il est reconnu, célébré souvent, toujours discuté pour sa solidarité en faveur de ses soeurs et frères algériens et sa critique permanente d'une gauche complaisante avec la violence d'État. Personnalité complexe et entière, Camus n'a pas transigé sur l'essentiel, le choix de la liberté et le devoir de vérité, lui imposant alors l'épreuve de la solitude et l'incompréhension de ses contemporains, ne comptant plus que sur le soutien de ses amis et celui des femmes qu'il aimait.
    Pour mieux comprendre Camus, Vincent Duclert ouvre des archives familiales, notamment le récit de la toute dernière intervention publique de Camus (citée ici) qu'a menée son propre grand-oncle, François Meyer. Vincent Duclert revisite enfin les pays dont Camus a su donner une âme autant qu'un destin, celui de la liberté, de la vérité et du courage. Fondé sur la relecture de ses écrits notamment politiques, ce livre se veut hommage réfléchi à une pensée française autant qu'internationale, qui demeure de notre temps.

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  • Lettres aux étrangers ; d'Homère à Gaël Faye

    Vincent Duclert

    Parution : 24 Mai 2017 - Entrée pnb : 4 Juillet 2017

    L'étranger est notre voisin, notre enseignant ou notre collègue de travail. Nous avons des amis qui parlent une autre langue, des amours qui viennent d'ailleurs, des rencontres avec l'Autre qui ont marqué nos vies. Mais dans les périodes les plus sombres de l'Histoire, l'étranger cristallise les haines et les peurs. Exilés, indigènes, Juifs, réfugiés, rares sont les peuples qui n'ont pas été qualifiés d'« étrangers ». Quel statut, quel accueil, la France leur a-t-elle accordé ? Comment sont-ils perçus depuis les premiers mythes jusqu'à nos jours ?
    D'Homère à Jacques Prévert, d'Aristote à Hannah Arendt, d'Émile Zola à Albert Camus, les textes (poèmes, discours politiques, extraits de romans, textes de lois...) de cette anthologie inédite, réunis et présentés par l'historien Vincent Duclert, retracent l'histoire de cette notion pour mieux en comprendre les enjeux au xxie siècle.

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  • L'avenir de l'histoire

    Vincent Duclert

    Parution : 15 Septembre 2010 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Pourquoi faire de l'histoire ? Quelle est la place de cette discipline dans le monde contemporain ? Qu'apporte-t-elle de spécifique dans la réflexion sur les sociétés, la politique et la culture ? L'historien peut-il accepter que le politique légifère sur des terrains qu'il veut garder libres pour la recherche et où la vérité n'est jamais aussi simple et unvique quene l'imagine le politiquement correct du moment ? Solidement argumenté, illustré de nombreuses réféences à ces cas cocnrets, cet essai d'un des historiens les plus en vue de la génération montante défend avec brio la fonction critique de l'histoire et montrer quels sont les grands chantiers que doti aujourd'hui affronter la discipline. 

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  • Alfred Dreyfus ; l'honneur d'un patriote

    Vincent Duclert

    Parution : 19 Avril 2006 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Des milliers de livres existent sur l'affaire à laquelle Alfred Dreyfus a donné son nom, mais nul n'a jamais écrit sa biographie. Curieuse, troublante lacune... Ne fallait-il pas montrer le rôle éminent que cette figure ignorée, déformée (quasi niée jusque chez une partie des dreyfusards), a joué dans le combat pour la vérité et la justice ? Certes Lazare, Zola, Péguy, Jaurès, Clemenceau et d'autres ont été nécessaires, mais sans le concours actif du principal intéressé (et de sa famille), y aurait-il eu seulement une affaire ? Un condamné qui se fût abandonné, qui eût capitulé devant la souffrance morale et physique, qui se fût résigné à l'injustice, qui eût cru qu'il suffisait de se draper de son innocence eût forcément échoué devant l'acharnement, la duplicité, la perversité d'adversaires déterminés à perdre un juif, un intellectuel, un officier qui s'était voulu le parangon des cadres dont une armée rénovée aurait besoin en cette aube du XXe siècle.
    C'est Dreyfus et nul autre qui a rendu possible le combat pour la justice, il s'en est fait un devoir et un honneur. Le devoir de l'histoire consiste à le sortir de l'oubli et du mensonge pour révéler l'homme, ses actes et son patriotisme. C'est aussi un devoir de justice.

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  • Le colonel mayer ; de l'affaire Dreyfus à De Gaulle

    Vincent Duclert

    Parution : 3 Octobre 2007 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Le colonel Emile Mayer est un personnage peu connu du grand public, mais son rôle dans l'histoire de France est essentiel.
    Capitaine à 28 ans, il est passionné par la stratégie militaire, prend parti pour Dreyfus et est exclu de l'armée. Rendu à la vie civile, il aide Jaurès à concevoir sa pensée sur l'armée nouvelle. A la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906, justice lui est rendue : il est réintégré. Ses opinions l'empêchent d'accéder à plusieurs postes mais il n'en exerce pas moins une influence notable sur certains milieux intellectuels.
    Lié à Roger Martin du Gard, il reçoit beaucoup dans le salon de sa fille Cécile, grande amie de Léon Blum. C'est ici qu'il rencontre le colonel de Gaulle. Leurs liens se renforcent. De Gaulle se considère comme l'élève de Mayer : ce dernier lui apporte la conception d'une armée professionnelle et démocratique. Mayer soutient de Gaulle sur l'utilisation de l'arme blindée et anticipe comme lui la menace que représente le nazisme. Il meurt trois mois après à Munich (1938).
    L'avènement de la France libre, le développement de la Résistance lui doivent beaucoup, à titre posthume.

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  • Réinventer la République

    Vincent Duclert

    Parution : 25 Septembre 2013 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015





    Conception de couverture : Corps 8/Rémi Balligand
    Maquette intérieure : Dominique Guillaumin
    © Armand Colin, Paris, 2013
    ISBN : 978-2-200-27679-9

    Collection
    Le temps des idées
    Paul Amselek, Cheminements philosophiques dans le monde du droit
    Leïla Babès, L’Utopie de l’islam. La religion contre l’État
    Philippe Braud, Petit traité des émotions, sentiments et passions politiques
    Christophe Charle, Discordance des temps. Une brève histoire de la modernité
    Christophe Charle, Homo Historicus. Réflexions sur l’histoire, les historiens et les sciences sociales
    Paul Claval, De la Terre aux Hommes. La géographie comme vision du monde
    Gilbert Étienne, Repenser le développement
    Guy Hermet, L’Hiver de la démocratie ou le nouveau régime
    Olivier Lazzarotti, Des lieux pour mémoire. Monuments, patrimoines et mémoires-Monde
    Jan-Werner Müller, Carl Schmitt. Un esprit dangereux
    Ron Naiweld, Les Antiphilosophes. Pratiques de soi et rapport à la loi dans la littérature rabbinique classique
    Philip Nord, Le Moment républicain. Combats pour la démocratie dans la France du xixe siècle
    Philippe Raynaud, Le Juge et le Philosophe
    Pierre de Senarclens, Le Nationalisme : le passé d’une illusion

    À Diana,
    et à Jean-Christophe Tamisier
    qui a voulu ce livre chez Armand Colin.


    Sommaire

    Du même auteur


    Introduction. La République en question

    La République à vide


    La fin des imaginaires


    Le risque démocratique


    Le recours républicain


    Un code moral


    La morale du citoyen


    Du rôle de l’école


    La question de la République


    Penser la République



    1. Le régime réflexif de la République

    La compréhension du passé


    L’historiographie nécessaire


    L’ébranlement de la décennie 2002-2012


    Le legs de l’histoire


    La res publica


    « La patrie de lois qui ne seraient pas imposées d’en haut »


    La langue philosophique de la démocratie


    Le pouvoir de la réflexion civique


    Les modes de la réflexion civique


    Les lieux de la réflexion civique



    2. Une réflexion civique à l’œuvre.
    L’héritage des politiques

    Jean Jaurès. Un idéal républicain


    Pierre Mendès France. La République moderne


    Georges Boris. La tradition civique



    3. La res publica de ceux qui servent.
    Retour sur des conflits de légitimité en temps de crise

    Les leçons toujours actuelles de Vichy


    La morale laïque de l’école républicaine


    Le devoir d’information dans la République



    4. Républicaines au-delà de la République

    Mathilde Salomon. « La justice sera quand l’homme
    l’aura créée »


    Marie Curie. « Vers la vérité et la justice »



    Conclusion. Morale et politique en République


    Notes sur la rédaction.
    Remerciements


    Notes




    1
    Le régime réflexif de la République

    Le thème de la République attire, passionne, interroge. Mais l’indécision qui l’entoure, les captations idéologiques dont elle fait l’objet obligent à réfléchir à cette étrange actualité républicaine, la République moquée comme un héritage désuet, mais finalement observée de très près par ses meilleurs détracteurs. Derrière des formes de nostalgie pour un âge d’or révolu, avec cette solennité qu’elle apporte aux discours partisans, la République masque plus qu’elle ne révèle1. Elle exige qu’on l’observe dans ses représentations les plus larges, parce qu’elles ont correspondu parfois à des choix d’individus les plus pensées et les plus engagés.
    Si la réflexion critique sur la République a emprunté de nombreuses voies, à commencer le discours et la parole publique – celle de Socrate dans La République de Platon –, une éloquence qui s’est ensuite identifiée à la Révolution française, à la IIe puis à la IIIe République, elle a convergé au xixe siècle vers le livre. On en a pour preuve notamment toutes les entreprises menées à cette époque pour rassembler et publier les discours des grands républicains, de Gambetta à Jules Ferry, de Jean Jaurès à Waldeck-Rousseau. Les raisons tiennent à la transformation des techniques d’imprimerie, la montée en puissance des éditeurs, le développement des réseaux de distribution, l’avènement de la civilisation du journal2, la formation d’une culture de masse puissamment articulée à la démocratie républicaine naissante. Le passage à une culture politique de l’écrit s’exprima aussi dans le nombre des essais consacrés à l’idée républicaine, à la fois quand la République était contrainte à l’exil jusqu’en 1870, puis lorsqu’elle a dû combattre pour affirmer le caractère républicain du régime, pas seulement dans la première décennie, mais tout au long de sa longue histoire jusqu’en 1940. La Résistance produisit elle aussi des livres républicains, la Libération qui concentrait tant de promesses plus encore, tandis que la déception devant les échecs de la IVe République nourrit une série d’essais critiques autant que constructifs qui se poursuivirent après 1958, en témoigna La République moderne de Pierre Mendès France en 1962, complété l’année suivante par Servir la République, le livre posthume de son ami Georges Boris. Mais la domination de la Ve République ralentit ce rythme de réflexion et de publication, tout autant en raison de la puissance idéologique du gaullisme que du désintérêt de ses opposants pour l’idée républicaine, souvent cataloguée comme archaïque, jugée inopérante dans le débat politique moderne.
    La parution en 1982 de L’Idée républicaine (sous-titré « essai d’histoire critique ») interrompit cette éclipse3. Réédité en poche en 1994, l’ouvrage contribua puissamment à ramener la République dans la pensée politique et l’action militante. Le premier tome des Lieux de mémoire que Pierre Nora consacra à la République4, le travail mené sur la notion de républicanisme par Jean-Fabien Spitz notamment5, ou bien la Philosophie de la République de Blandine Kriegel6, soulignent ce retour en grâce des études sur la République. Inspiré par l’Idée républicaine et les livres qui lui succédèrent, le républicanisme se constitua comme un courant politique, ou plus exactement comme une position de principe dans la reconfiguration des frontières militantes. À gauche, il fut incarné par Jean-Pierre Chevènement et son Mouvement des citoyens créé en 1992 ; à droite, on assista à l’émergence des souverainistes notamment rassemblés dans la Fondation du 2 mars (ex-Fondation Marc-Bloch) créée en 1998 « pour être le pendant républicain de la Fondation Saint-Simon (cercle de la pensée unique sociale-libérale, autodissous le 31/12/1999) ».
    Relevant les mérites de L’Idée républicaine de Claude Nicolet, l’historien Nicolas Roussellier constate qu’il « n’explore pas la diffusion sociale des idées républicaines ni la construction des imaginaires, mais revient au questionnement d’apparence plus classique sur les “doctrines” républicaines. Le livre fait aussi sortir de l’oubli plusieurs penseurs, des idéologues à Renouvier et à Littré. Mieux encore, il modifie le regard que l’on pouvait porter sur des hommes comme Jules Ferry ou Gambetta. L’Idée républicaine a conféré une dignité intellectuelle et philosophique à des orateurs, à des parlementaires, à toute une époque que plus personne n’attendait sur un tel registre ni à un tel niveau d’érudition7 ». Il souligne cependant qu’un tel ouvrage nourrit la tradition républicaine et en renforce une dimension d’évidence plutôt que de l’interroger et de la critiquer.
    Faire un livre réfléchissant à la République prend donc au sérieux ce mode d’expression livresque de l’idée républicaine. En même temps, il ne s’agit pas de poursuivre dans cette voie du livre républicain tel qu’il s’est constitué principalement pour défendre l’introuvable « modèle républicain » ou « tradition républicaine ». Il est indispensable de prendre la notion d’« idée » moins comme un idéal que comme un ensemble de questions posées à la République par toute une société. Si la France de 1870 à 1914 contribua finalement à la construction de la démocratie, et si, légitimement, la mémoire de cette période occupe une place importante dans les représentations actuelles, c’est bien en raison de l’investissement individuel et collectif qui fut réalisé à cette époque pour défendre un droit à la liberté et à la justice. C’est la « République imaginée » pour ce qu’elle pouvait signifier de meilleur sur le plan politique, social et moral. Cette capacité à inspirer la volonté, à susciter l’action, à penser l’avenir amena la République à pouvoir s’identifier à la démocratie, mais selon des modalités qui n’étaient ni institutionnelles ni même véritablement politiques, mais plutôt intellectuelles et sociales. L’imaginaire démocratique de la République, qui fut le socle de combats civiques ou de réformes égalitaires, fonctionna comme un antidote aux évolutions autoritaires ou même liberticides du régime. Celui-ci dépendait autant de la diffusion d’une pensée politique attentive aux libertés et à la justice que de l’affirmation du droit des individus à la parole et à l’engagement.
    Au long de sa difficile histoire, la République put exister comme une expérience collective permettant à la société d’accéder à une définition démocratique d’elle-même et de se défier des tentations de la « vraie France » justifiant toutes les exclusions, voire des formes de « tyrannie douce ». L’attachement social et intellectuel à cette expérience constitue bel et bien le lien politique des Français. Elle impose de passer par l’histoire pour comprendre le présent et l’avenir de la République. L’expérience collective, pour être comprise et restituée, exige autre chose que la promotion d’un « modèle républicain ». Celui-ci appauvrit plus qu’il n’explique l’histoire contemporaine de la France, il proclame plutôt que d’expliquer. Il ne peut constituer à l’heure actuelle une réponse suffisante à l’état de crise de la société. Accepter cette remise en question de certitudes rassurantes, c’est se placer déjà dans la voie d’une réflexion constructive.

    La compréhension du passé
    La réflexion sur la République à laquelle ce livre convie se fonde aussi sur l’observation de l’histoire. L’histoire de la République en France enseigne comment elle a trouvé son sens moral et retrouvé une dignité populaire par l’action réflexive de quelques-uns. Au lendemain de l’effondrement de 1870, et alors que la République se réduisait presque à n’être que la proclamation du 4 septembre tant les difficultés assaillaient le nouveau régime, Ernest Renan plaida pour « une réforme intellectuelle et morale » de la France. Edgar Quinet enchaîna par un vigoureux essai sur les conditions d’une regénération républicaine. Dans la grande crise de l’affaire Dreyfus, le jeune écrivain dreyfusard Charles Péguy alla jusqu’à fonder une revue, Les Cahiers de la Quinzaine de 1900, afin de publier son grand article sur « le triomphe de la République », hommage critique à un mouvement démocratique brièvement victorieux du nationalisme et de la violence. Devant les difficultés récurrentes du régime républicain – que l’épreuve de la guerre d’Algérie allait encore aviver –, Pierre Mendès France décida de créer la revue des Cahiers de la République, réunissant autour d’eux une équipe d’intellectuels hors du commun et engageant la réflexion sur les sujets les plus larges. Ses amis les plus proches, comme Georges Boris, Jean-Louis Crémieux-Brilhac ou Claude Nicolet, s’engagèrent à ses côtés, le dernier devenant même secrétaire puis directeur de cette « revue bimestrielle de politique ». L’« avant-propos » du premier numéro de 1956, signé de Pierre Mendès France, insistait en priorité sur la méthode de travail et l’éthique de vérité qui devaient inspirer ces nouveaux Cahiers de la République, définissant ainsi cette dernière par des valeurs intellectuelles et morales, à commencer par la notion de « politique ».


    La politique est son objet. Mais le mot comporte plusieurs sens, dont quelques-uns douteux.
    Nous l’entendons comme un champ d’études largement délimité, qui ne peut d’ailleurs être isolé comme une spécialité scientifique dans ses frontières, mais où viennent se joindre au contraire les informations et les conclusions des disciplines les plus diverses, dans toute la mesure où leur aboutissement pragmatique se traduit dans la conception, les structures ou le rôle de l’État. C’est pourquoi l’on trouvera, dans cette livraison et les suivantes, des contributions variées, sans qu’il importe de savoir si elles relèvent de la théorie politique, de l’histoire, de l’économie ou du droit, dès l’instant qu’on peut en tirer profit sur le plan civique.

    Les Cahiers de la République, écrit encore Pierre Mendès France, se définissent, non par une théorie ou une doctrine, mais par une « attitude d’esprit […], celle au fond du législateur de la Révolution devant les situations que l’Ancien Régime lui avait léguées, embrouillées par l’empirisme, encombrées de survivances et de bizarreries historiques, chargées de privilèges et d’abus. La volonté de trancher par la raison et de faire prévaloir l’intérêt général relie aujourd’hui entre eux tous ceux qui sentent les réformes nécessaires. Nous voudrions qu’ils trouvent dans les Cahiers de la République comme un lieu de rencontre, d’échanges et d’entr’aide intellectuelle ». La pluralité des positions et la recherche de la vérité caractérisent ainsi la nouvelle revue.

    Il n’en résultera, pour autant, nulle orthodoxie ; même pas une constante unité de vues. Nos collaborateurs, qui peuvent être d’appartenances politiques différentes, conserveront une complète liberté d’expression et n’engageront qu’eux-mêmes. La communauté d’inspiration que nous souhaitons se situe très au-dessus du conformisme. Loin d’exclure la discussion, elle y invite expressément, car celle-ci, menée avec bonne foi, reste toujours indispensable dans la poursuite collective de la vérité8.

    Dans ce même premier numéro, la rédaction des Cahiers de la République avait pris soin de donner la parole à la philosophie politique, principalement celle d’Alain, l’auteur du Citoyen contre les pouvoirs (1926). Le professeur Michel fit dialoguer les pensées d’Alain et de Socrate pour mieux imaginer « la République des philosophes » et souligner leur apport présent et jusqu’à Cicéron. Le père de la République romaine, qui, comme d’autres de ces penseurs antiques ou modernes, opposa à la guerre « l’espérance de l’esprit, le grand mythe de l’innocence humaine », s’appliqua à rapprocher la philosophie de la politique en une morale civique : il « refusait[,] au nom de la philosophie, les présents que le droit l’autorisait à recevoir des provinciaux placés sous un proconsulat. Chaque homme privé, dit-il, se fait un modèle et un garant de l’homme d’État. L’homme d’État doit donc, pour éviter tout abus, se faire absolument semblable à l’homme privé et renoncer à tous les droits qui l’en distinguent. Or, il importe notamment de refuser d’être pris pour Dieu. Car le pouvoir mal compris est source de l’inégalité. […] Il est une autre source de pouvoir. Alain n’a cessé de l’affirmer, c’est l’humanité. Cicéron le disait déjà : non pas l’inégalité ni la violence, mais le repos avec la dignité9 ».
    Paul Mus, quant à lui, proposa un portrait d’Alain et de sa vocation au « métier de Cassandre10 », une formule qui eut du succès chez les amis de Pierre Mendès France. Son texte précédait la publication d’un inédit d’Alain, daté du 10 décembre 1947, où la méditation sur la République occupe une place centrale :

    Tout étant ainsi, une République est possible, par la sagesse de quelques-uns, qui savent attendre, ménager ; qui savent dire « non », ce qui est le grand mot. Si cette République sera tyrannie, monarchie héréditaire, fédération de municipalités, on ne peut le dire d’avance ; on le verra en essayant, ceux qui essayent seront dits Socialistes ou Radicaux. La différence qu’il y a entre eux, c’est que les uns voudraient une politique surtout économique, et dirigée. (Tu cultiveras du blé ; tu élèveras du bétail selon les besoins communs, etc.). Au lieu que les autres (les Radicaux) s’attachent à la liberté, et aux droits de l’homme ; le respect de la propriété n’est pas autre chose que le respect de l’homme, on a dit quelquefois la religion de l’homme, non sans raison. Car si la propriété domine l’homme, alors ce n’est plus propriété, comme le mot le fait voir. Nous convînmes donc de tout cela, et que le principal et le plus nécessaire est de savoir ce qu’on dit.
    Maintenant, en voyant les choses de haut, ne peut-on dire qu’il y a, présentement, une masse impatiente, mal douée pour la politique et qui sans cesse essaie de pousser ou d’entraîner les Socialistes, et même les Radicaux, par la clameur et par tous les moyens de clameur, qui ne sont pas choisis. Or, c’est ici que le Socialisme, comme parti, est fort et précieux ; il marque la limite qu’il ne faut pas franchir. Un Socialiste est un homme sincère qui veut attirer à lui les soi-disant Communistes, et qui espère tirer de ce peuple enthousiaste de grands services. Comment, sans cela, remuer les timides, les possédants, qui meurent de peur ! Comment les détourner (ce qui est toujours la question) du bonapartisme sans cesse renaissant, tantôt appelé nationalisme, ou boulangisme ? Nous conclûmes sur cette idée que les communistes sont bien utiles (Vox populi vox Dei), mais la politique n’est pas une religion ; elle est autre chose ; elle se défie des tyrans (comme des assemblées, car c’est tout un).
    L’homme d’État se tient sur la bordure ; il gouverne contre les tyrans ; et il compte parmi les tyrans les assemblées bruyantes. Contre les assemblées il a l’éloquence qui lui est propre, et qui est singulière en ce qu’elle se défie de ses propres succès. Contre les tyrans, il fait voir un silence et une obstination très estimable. Telle est la difficile amitié qui régit les nations. Il nous sembla, à tous les deux, que Léon Blum était un type d’homme d’État.
    Nous nous séparâmes d’accord, et c’est pourquoi j’ai jugé utile d’écrire cet entretien, car il est le thème d’aujourd’hui et de demain. Les muettes réflexions ont leur rôle à jouer aussi. L’Angleterre a fondé une République qui n’est pas méprisable. La France en essaie une selon ses mœurs propres, ses industries et ses productions. Elle y arrivera, sous cette condition qu’elle croie qu’elle y arrivera. Pour moi, j’ai confiance en ce peuple ; je ne le voudrais pas autre. Comme disait hier un autre sage, il faut le prendre comme il est. Je ne dis pas que ce soit facile ; rien n’est facile ; et comme le répète souvent l’Aviateur : « Cette planète ne nous a rien promis. » Il est assez clair qu’il faut la prendre comme elle est ; et l’éternel inventeur tire de là ses victoires qui sont étonnantes11.

    Les Cahiers de la République jouèrent ainsi le rôle de laboratoire intellectuel de la politique – laquelle était conçue comme un projet démocratique et une exigence civique. Des radicaux, des libéraux, des socialistes y travaillèrent de concert. Claude Nicolet rappela les principes qui avaient guidé le projet, dans un livre de 1959, Pierre Mendès France ou le métier de Cassandre. Il énonça une véritable grammaire de l’engagement en République : « D’abord l’observation des choses, et c’est ce que nous appellerons une politique scientifique. Puis, le désir d’agir vite et efficacement, en toute connaissance de cause, sans vouloir aller trop loin, sans timidité non plus : c’est ce que nous appellerons le sens du possible. Enfin, le sentiment qu’on n’agit pas seulement sur les choses, mais que toute action politique doit tendre à perfectionner l’homme : il y a donc une fin et un moyen, à cette nouvelle politique qu’est le mendésisme, et c’est la République12. » Il ne s’agit pas, on l’a compris, de répéter le passé. Mais de s’inspirer des leçons qui pourraient en être tirées. Réfléchir à l’expérience politique, s’interroger sur les inégalités, les violences et les injustices, rapprocher les institutions de l’idéal civique qui irrigue la société, travailler à la dignité des personnes et des cultures sont des manières très sûres d’être toujours en République.
    En 1976, Pierre Mendès France consacra le dernier livre qu’il publia de son vivant à une réflexion sur l’homme d’État et le pouvoir, retrouvant ainsi ce qui avait été l’inspiration première des Cahiers de la République en 1956 et l’axe moral de toute sa carrière politique. Il ne se contenta pas cependant d’un traité théorique sur la démocratie. Il choisit de l’incarner dans des hommes dont « la vérité guidait leurs pas », des républicains pour lui authentiques qu’il s’appliqua à faire revivre. Pour Pierre Mendès France, la République se refondait en permanence dans les engagements démocratiques les plus déterminés, ceux de Zola, de Jaurès, de Léon Blum, de Georges Boris même. « Des hommes se sont battus pour assurer des fondations à un régime républicain, équilibré, contrôlé et dont on voudrait croire qu’il va de soi maintenant, qu’il fait partie d’un acquis irréversible, relevait Pierre Mendès France. Pourtant jamais, depuis qu’ils ont vécu, la lutte pour la République n’a perdu de sa nécessité et de sa vérité. Ceux qui veulent conjuguer l’égalité et la liberté, construire le socialisme à visage humain, doivent toujours mettre et remettre au premier plan le souci et l’exigence de la démocratie politique13. »

    L’historiographie nécessaire
    Le passé historique témoigne de ce besoin de réflexion indissociable de l’adhésion à la République, du moins celle qui se reconnaît dans une dimension intellectuelle. Encore faut-il que la recherche historienne s’y intéresse, en fasse un objet d’étude scientifique. La réflexion sur la République se légitime dans les enseignements du passé, mais ceux-ci dépendent fondamentalement des lectures présentes qui les établissent comme pensée critique et connaissance transmissible. Ces lectures elles-mêmes peuvent se constituer comme des questions posées à la République. L’historiographie de la République a oscillé entre des savoirs qui visaient à confirmer le modèle républicain et d’autres qui, s’intéressant davantage aux difficultés et aux contradictions, obligeaient à repenser ce modèle présent. Le travail de l’historien visait autant sinon plus au maintien d’une raison républicaine de la politique et de la société qu’à interroger le lien entre les pratiques intellectuelles et les pratiques politiques qui définissent l’espace de la République. Aussi l’enquête historiographique sur les travaux relatifs à la République est-elle devenue désormais indispensable pour dépasser le mode de l’évidence dont elle se pare trop souvent, et auquel consentent encore beaucoup d’intellectuels et d’historiens. Cette enquête peut contribuer à reconnaître la République comme un régime réflexif par lequel elle pourrait tendre pleinement à devenir une démocratie.

    La réflexion sur la République est intimement liée au type d’histoire qui en est faite. Soit celle-ci inscrit le questionnement dans ses opérations, au risque de se fragiliser, soit elle exige du lecteur une soumission devant l’autorité du savoir – lequel se paralyse bien souvent dans l’académisme. La grande étude sur le The Republican Moment de l’Américain Philip Nord est l’exemple de ces recherches sollicitant la réflexion permanente du lecteur, qu’il soit savant ou profane. Le questionnement peut émaner aussi du choix des objets choisis, par exemple les femmes (ou les silences de l’histoire) observées par Michelle Perrot14, ou bien les bagnes militaires et les bas-fonds étudiés par Dominique Kalifa15. L’enquête sur les colonies travaillée par de nombreux chercheurs anglo-américains a permis aussi de repenser l’espace de la République, ses limites civiques et ses basculements autoritaires, voire ethnicistes. La République s’étant identifiée très tôt à des discours historiens lui donnant un supplément d’âme devant la monarchie ou l’Empire, il convient donc d’interroger l’historiographie républicaine pour mieux la comprendre. C’est un vaste chantier scientifique auquel nous contribuerons prochainement.
    La recherche historienne n’est pas seulement concernée par la réflexion critique sur la République. Les sciences sociales sont parties prenantes de cette préoccupation. S’appliquant à refuser les évidences, à interroger les vérités, elles concourent à favoriser le régime réflexif. La philosophie qu’a beaucoup sollicitée l’idée républicaine est en position de force pour construire cette réflexion et en définir le sens. De la même manière, les chercheurs étrangers qui ont moins d’intérêt affectif ou politique à la réussite du modèle républicain, qui évoluent dans des terrains moins minés par la passion, apportent beaucoup dans le passage souhaité vers le mode réflexif de la République. Le soutien à la traduction et à la diffusion de leurs travaux s’avère à cet égard essentiel. C’est dans cet esprit qu’après la publication de la traduction de La Statue de la Liberté d’Edward Berenson16, au croisement des mythologies des « républiques sœurs17 », nous avons pris l’initiative de faire traduire pour le public français Le Moment républicain de Philip Nord18. L’historien américain y élucide la démocratisation de la République avant même qu’elle ne soit proclamée le 4 septembre 1870, au cours des années où la volonté de liberté devient plus forte que la soumission à l’Empire.
    Si la République a acquis progressivement, depuis sa première proclamation par la Révolution française le 21 septembre 1792, un statut comparable à la monarchie dans l’Ancien Régime, cette place ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas aussi un objet de tension, d’incompréhension. De la même manière, les appropriations multiples qu’elle continue de connaître doivent être interrogées, y compris dans leur singularité incomparable. Les idées, les conceptions, les représentations, les mémoires, les sentiments, les images qui ont pour origine la République existent à de nombreux niveaux de la vie sociale, culturelle et politique, selon des attentes très différentes qui font que les personnes ou les groupes peuvent ne pas être d’accord et pourtant reconnaître des valeurs communes. Les temps de la République sont multiples aussi, temps des révolutions, des constitutions, des élections, des gouvernements, des lois, des œuvres, des sentiments, temps de l’histoire individuelle, de l’histoire collective, de l’histoire nationale, de l’histoire occidentale. Il serait vain et dangereux de prétendre alors n’apporter qu’une vision unique de la République. Et si plusieurs lectures existent et prospèrent, particulièrement chez les historiens qui se vivent et se pensent souvent dans un rapport personnel avec la République, il ne faut surtout pas renoncer à traduire cette richesse.




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  • Quel musée d'histoire pour la France ?

    Vincent Duclert

    Parution : 6 Avril 2011 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Telle qu'elle se dessine et malgré l'ardeur mise à séduire et à gagner les esprits à ce grand besoin identitaire qu'il serait si urgent de satisfaire par ce moyen si « pédagogique », la création prochaine d'une « Maison de l'Histoire de France » laisse craindre le pire pour l'histoire, et rien de bon pour la France et les Français...
    Sous les oripeaux médiatiques et la facilité des fausses évidences se profile une machine à instrumentaliser le «désir d'histoire» des Français et à soumettre les historiens à une vision romantique, voire romancée et en tout cas non scientifique du parcours national. 
    Le projet, qui a surgi tout armé d'une belle opération d'évitement du travail d'enquête qui est le préalable nécessaire à tout engagement dans ces domaines infiniment sensibles, recèle en corollaire des risques certains pour le devenir des musées, de la muséographie et des Archives nationales. 
    Un groupe représentatif de professeurs, de chercheurs et de professionnels du monde de la culture s'est réuni pour procéder à l'évaluation critique du projet présidentiel, en pointer les dangers et faire une contreproposition. 
    Un Musée de l'histoire de France a certainement sa place aux Archives nationales. Mais un autre. 

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  • L'Europe a-t-elle besoin des intellectuels turcs ?

    Vincent Duclert

    Parution : 12 Mai 2010 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    L’étude des mobilisations intellectuelles récentes en Turquie décrit un phénomène vertueux qui approfondit l’importance de la question européenne de la Turquie. Les intellectuels démocrates mobilisés s’impliquent en effet avec force dans le rapprochement de la Turquie et de l’Europe. En octobre 2008, le magazine Kriter se fit le porte-parole de cent trois d’entre eux exhortant le gouvernement islamiste modéré à reprendre le dialogue avec l’Europe et à poursuivre les réformes démocratiques indispensables pour envisager l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne1. Ce soutien à l’Europe possède une réalité précise pour les intellectuels démocrates. Ils existent en Turquie parce que l’Europe, de son côté, les soutient. Durant les époques récentes de terreur d’État, entre 1980 et 1983 puis de 1993 à 2002, l’implication d’intellectuels européens, de membres du Parlement européen, de dirigeants politiques – surtout en Allemagne et en Europe du Nord –, permit de protéger en partie les élites démocrates que la répression légale et la violence extrajudiciaire pouvaient raisonnablement décimer.
    Le soutien des organisations internationales des droits de l’homme aux intellectuels turcs reste très important aussi, à la fois pour leur assistance concrète, notamment juridique, et pour leur rôle dans l’information relative à ces événements. La première étape d’une nouvelle attitude envers les combats civiques en Turquie réside en effet dans leur connaissance, ce dont l’Europe est souvent dépourvue en dépit de l’activité soutenue de spécialistes. Mais le désintérêt de l’opinion publique est réel, et qui plus est, elle s’enferme souvent dans des schémas simplistes encouragés par les élites politiques, ou dans le constat qu’un tel pays, menacé par l’islamisation ou incapable de s’arracher à la violence d’État, est par principe incompatible avec les valeurs et l’histoire européennes. Est-ce si certain du reste ? Car l’Europe a été aux prises elle aussi avec le fondamentalisme religieux – l’Inquisition, les guerres de religion – et, pour des périodes plus contemporaines, avec l’État tyrannique. Le franquisme, dans une moindre mesure le pétainisme, ont pu apparaître comme la rencontre des deux extrémismes, chrétien et nationaliste. Pourtant, ces menaces idéologiques et politiques qui ont mené l’Europe au bord du précipice ont finalement été repoussées. Elles demeurent des possibles. Mais se dressent désormais en face d’elles des convictions individuelles et collectives, des principes qui érigent la liberté en vertu politique et la justice en valeur morale. La Loi fondamentale allemande de 1949 ou la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950 ont proposé des formes constitutionnelles à ces normes essentielles de protection des fondements démocratiques.
    L’Europe ne peut logiquement que condamner les risques d’islamisation autoritaire de l’État et de la société turcs de la même manière qu’elle ne peut que rejeter la violence politique et sociale qui continue de définir le pouvoir laïc en Turquie. Elle doit se garder d’imaginer que le soutien aux généraux et aux nationalistes constituerait un rempart au développement graduel d’un État islamique, à moins d’accepter que la Turquie ne retombe dans la dictature militaire comme ce fut le cas en 1980. Contrairement à ce qui est souvent imaginé, la laïcité n’est pas, en Turquie, gage de démocratie. Les institutions européennes constatent à l’inverse que d’importants progrès ont été réalisés par le gouvernement islamiste modéré depuis son installation en 2002, dans la défense des libertés personnelles et publiques, dans la reconnaissance timide mais réelle du droit des minorités – en premier kurde –, dans la construction d’un pouvoir civil séparé du pouvoir militaire. Mais la thèse d’un double jeu gouvernemental est fortement posée aussi, dans la mesure où la pression islamiste augmente sur la société, réduisant d’une main les libertés accordées de l’autre.
    Quoi qu’il en soit, la Turquie réduite à cette dualité autoritaire État islamiste-État laïc, ne peut prétendre aujourd’hui à un destin européen. On observe surtout un conflit de moins en moins souterrain entre ces deux pouvoirs, émaillés de batailles ouvertes (tentatives de l’armée de faire interdire en 2008 le Parti au pouvoir de la Justice et du Développement auxquelles répondirent à partir de 2009 les entreprises de déstabilisation de l’État-major grâce aux instructions du complot paramilitaire « Ergenekon »), et le risque d’une tension au sommet qui pourrait finir par un état de guerre civile comme la Turquie en avait connu avant le coup d’État militaire du 12 septembre 1980. À cette époque, militants de gauche et d’extrême-gauche s’étaient affrontés aux activistes ultranationalistes protégés par l’armée.
    Aujourd’hui, l’affrontement opposerait les partisans du pouvoir islamiste et les tenants de l’État laïc encouragés par une armée qui craint de perdre le monopole du pouvoir d’État. Cette dernière, héritière de la laïcité instituée par le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, constituerait alors le dernier barrage et justifierait alors son rôle exorbitant dans la vie politique et les institutions du pays. Les grandes manifestations, que des associations kémalistes et l’État-major ont su organiser depuis 2002 pour défendre la laïcité qu’ils estimaient menacée par les réformes de l’AKP2, ont rassuré certains dirigeants européens, particulièrement les Français. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, partisan convaincu de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, se réfère à ces grandes marques d’attachement collectif à la laïcité. Mais cette dernière ne garantit en rien le progrès démocratique comme on l’a rappelé. La laïcité ne fonde en Turquie la liberté de conscience ou la séparation de l’Église et de l’État. Elle demeure essentiellement un système de contrôle et de domination de la première par le second. Elle est la disposition du pouvoir d’État, pas des individus et des citoyens. Son affirmation favorise souvent, comme lors de ces grandes manifestations, l’expression d’un nationalisme outrancier, voire ethniciste. Ce nationalisme se retrouve, sous des formes différentes mais tout aussi exacerbées, dans les milieux de l’Islam politique.

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  • La France face au génocide des Arméniens

    Vincent Duclert

    Parution : 4 Mars 2015 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    En 1915, un événement - l'extermination des Arméniens ottomans - fait basculer le monde dans l'ère des tyrannies et des crimes de masse. Le traité de Lausanne signé avec la Turquie, huit ans plus tard, scelle la disparition de l'Arménie plurimillénaire, à l'exception de la Petite République des régions russes, soumise à la terreur stalinienne. Parmi les Alliés, la France porte une lourde responsabilité dans le premier génocide du XXe siècle et l'abandon des survivants.
    Critiques d'une telle politique impériale, des savants, des écrivains, des intellectuels, des parlementaires et diplomates français, des hommes de foi, rejoints par leurs homologues belges et suisses, choisissent de défendre un devoir d'humanité. Dès la fin du XIXe siècle, ils s'engagent contre l'injustice des grands massacres qui se répètent dans l'Empire ottoman. À la suite de Séverine, Jaurès ou Anatole France, une majorité de dreyfusards se mobilisent. La solidarité devient une cause morale et politique majeure, débouchant sur la formation d'un large « parti arménophile ».
    Dans cette étude passionnante, Vincent Duclert révèle l'histoire française de ce génocide tombé dans l'oubli. Il faudra attendre le 29 janvier 2001 pour que le Parlement, retrouvant la mémoire de ses engagements pour les Arméniens, adopte une loi de reconnaissance, tandis qu'intellectuels et historiens réinvestissent le champ de la connaissance du premier génocide.
    Historien à l'École des hautes études en sciences sociales (CESPRA), Vincent Duclert est venu à l'étude du génocide des Arméniens par l'affaire Dreyfus, Jean Jaurès et la recherche sur les engagements démocratiques dont il est l'un des spécialistes.
     

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  • Jaurès 1859-1914

    Vincent Duclert

    Parution : 18 Septembre 2013 - Entrée pnb : 17 Mars 2014

    Depuis cent ans, son image a alterné entre le socialiste, le pacifiste, le républicain, le parlementaire, l'intellectuel, l'Occitan... Sa renommée se fonde sur des actes puissants, depuis la défense des ouvriers de Carmaux en grève dans les années 1880 jusqu'à sa lutte pacifiste, sans oublier la fondation de l'Humanité et son pouvoir à l'Assemblée.
    Assassiné le 31 juillet 1914 à la veille d'une Première Guerre mondiale qu'il combattait avec ses dernières forces, Jean Jaurès a marqué ses contemporains d'une empreinte sans équivalent. Ni monarque ni chef d'État, ni héros militaire ni prophète religieux, il a incarné de son vivant le tribun obstiné des luttes sociales, des engagements politiques et des fidélités intellectuelles. C'est dans sa vérité historique que Vincent Duclert restitue l'homme, alors que Jaurès posthume continue d'éveiller les sociétés à leur devoir de solidarité, de vérité et de justice.

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  • Les archives

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    Parution : 31 Octobre 2019 - Entrée pnb : 31 Octobre 2019

    Au cœur de la mémoire nationale et des trajectoires individuelles, les archives en France ne sont pas seulement un symbole. Le terme désigne en effet les millions de documents produits ou reçus par les administrations, les entreprises, les associations, les individus, mais aussi les services publics et privés qui les collectent, les conservent et les communiquent, ainsi que les dépôts et les salles de lecture.

    Les archives sont à la source de l'histoire et sont mobilisées par les sciences sociales, autant qu'elles restituent les activités des administrations, des associations, des entreprises... L'exigence actuelle de transparence publique, la recrudescence des conflits mémoriels placent aujourd'hui archivistes, généalogistes, historiens et citoyens devant des enjeux considérables, proprement politiques et de portée internationale.

    /> Cet ouvrage se propose de guider le lecteur à travers cet univers mal connu en présentant les transformations de la législation, les mutations institutionnelles des services de conservation et de communication, les défis nouveaux des usages des archives et de l'entrée dans l'ère du document numérique.

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  • L'affaire Dreyfus ; j'accuse

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    Parution : 6 Novembre 2019 - Entrée pnb : 28 Novembre 2019

    Le 22 décembre 1894, un procès d'État condamne un capitaine juif, alsacien, innocent de toute charge, pour crime de « haute trahison » (en faveur de l'Allemagne). S'ouvre, deux ans plus tard, une crise majeure de la République. Mais l'engagement pour Dreyfus, la défense des droits de l'homme et du citoyen, la lutte contre l'antisémitisme et le nationalisme entraînent un sursaut civique de la société. Le 12 juillet 1906, un arrêt solennel de la Cour de cassation réhabilite l'officier. L'Affaire inaugure un âge démocratique porté par l'engagement des intellectuels, la reconnaissance de nouvelles libertés, la solidarité pour les opprimés de par le monde.
    Vincent Duclert, historien de la France contemporaine, professeur à Sciences Po, signe une synthèse sur l'affaire Dreyfus remarquable de rigueur et de clarté.
    Un texte indispensable pour comprendre ces mutations si décisives pour la Belle Époque, et qui, 120 ans plus tard, demeurent d'actualité face à la raison d'État, au viol de la justice et à l'abandon des persécutés.
    © et (P) Audiolib
    © Éditions La Découverte, 1994, 2006, 2012, 2018
    Durée : 6h16

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  • Jean Jaurès

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    Parution : 5 Février 2014 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Figure majeure de l'histoire française et européenne, personnage central de la République et du socialisme, premier mort de la Grande Guerre par son assassinat le 31 juillet 1914, héros du Panthéon depuis 1924, Jean Jaurès (1859-1914) ne bénéficie pourtant pas d'une biographie à la hauteur de sa place dans l'histoire contemporaine. C'est chose faite aujourd'hui avec l'ouvrage des historiens Gilles Candar et Vincent Duclert, qui orchestre les sources les plus vastes tout en restituant les acquis les plus récents de la recherche.
    Se dessine un portrait passionnant de ce brillant normalien, philosophe, professeur, plus jeune député de France, grand orateur et journaliste pénétrant, patriote internationaliste, fondateur du socialisme démocratique, aux avant-postes de la République. Son attention constante à la question sociale l'amène à s'engager dans de très nombreuses luttes ouvrières, paysannes, syndicales, intellectuelles. Ses écrits innombrables témoignent de ce choix de la justice et de la cause de l'humanité.
    Ce livre défend une interprétation de l'homme et de son action dans l'étude du combat politique, intellectuel et moral qui entraîna Jaurès tout au long de son existence, et même par-delà sa mort puisque sa mémoire continue d'agir puissamment sur les représentations contemporaines. Jaurès est un symbole pour les sociétés, un emblème à gauche, parfois disputé à droite, une icône aussi pour des générations de militants, un objet d'étude enfin, sans cesse renouvelé.Professeur de chaire supérieure au lycée Montesquieu (Le Mans), président de la Société d'études jaurésiennes, Gilles Candar anime chez Fayard la parution des OEuvres de Jean Jaurès. Chercheur et enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales, inspecteur général de l'Éducation nationale, Vincent Duclert a publié une biographie remarqué d'Alfred Dreyfus (Fayard, 2006).

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  • Le génocide des Arméniens

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    Parution : 25 Mars 2015 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Le génocide des Arméniens. Un siècle de recherche (1915-2015) est publié à l'occasion de la tenue à Paris, du 25 au 28 mars 2015, du colloque international « Le génocide des Arméniens de l'Empire ottoman dans la Grande Guerre. 1915-2015 : cent ans de recherche ». Il réunit les contributions scientifiques présentées à la Sorbonne, au Mémorial de la Shoah, à l'École des hautes études en sciences sociales et à la Bibliothèque nationale de France. Ce colloque introduit par le président de la République est organisé par le Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens (CSI), avec le soutien de la Mission du centenaire 2015 et de nombreuses institutions savantes. 
    Un siècle après le déclenchement à Constantinople, le 24 avril 1915, de l'extermination des Arméniens ottomans par l'État unioniste, la recherche internationale démontre par cette publication l'étendue de la connaissance scientifique sur le premier génocide contemporain. Cet ouvrage s'inscrit dans le mouvement des études sur les génocides, en plein développement en France comme dans le monde. Le centenaire de 1915 marque un tournant dans la résonnance publique des savoirs scientifiques les plus élevés et l'affirmation d'une conscience internationale de prévention des génocides.
    Annette Becker est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, membre du comité scientifique du Mémorial de la Shoah et membre de l'Institut universitaire de France.Hamit Bozarslan est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).Vincent Duclert est historien, enseignant-chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS).Raymond Kévorkian est directeur émérite de recherche à l'Institut français de géopolitique, Université de Paris VIII.Gaïdz Minassian est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris et chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.Claire Mouradian est directrice de recherche au CNRS.Mikaël Nichanian est conservateur à  la bibliothèque nationale.Yves Ternon est historien et membre du conseil scientifique du Mémorial de la Shoah, président du Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens.Satenig Toufanian est secrétaire scientifique du Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens.

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  • L'affaire Dreyfus ; les événements fondateurs

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    Parution : 26 Août 2009 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Cet ouvrage expose l'histoire d'un événement fondateur de la modernité contemporaine à l'échelle française comme internationale, l'affaire Dreyfus. Pour justifier de cette dimension fondatrice, les auteurs des différents chapitres, spécialistes du sujet et de ces problématiques, ont étudié l'Affaire sous tous ses plans, du point de vue de son histoire entre 1894 et 1906 comme de sa postérité sur le long XXe siècle et ses trois anniversaires de 1994, 1998 et 2006 ; du point de vue de ses conséquences politiques majeures comme de ses implications intellectuelles, culturelles et sociales décisives pour la France et le monde. 
    Le récit des historiens repose ici sur une volonté permanente et dynamique de penser en même temps la factualité de l'événement et son ombre portée sur le monde contemporain. 
    Au-delà de l'affaire Dreyfus, c'est bien la catégorie même de « l'événement fondateur » qui est approchée ici dans un ouvrage qui se veut inaugural d'une série dédiée à cet objet historique au sein de la collection «U». 

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  • Lettres à la France

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    Parution : 6 Janvier 2016 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Ce recueil inédit mêle lettres de civils, textes d'écrivains ou d'historiens, discours d'hommes politiques et chansons contemporaines, de Zola à Polnareff en passant par Hugo, Josephine Baker, Simone Veil, etc. Autant de femmes et d'hommes qui ont fait vivre à travers leurs mots les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, dont le rayonnement devient  la cible des fanatiques.
    Au fil de ces textes, le livre rejoue les grands moments de la France, ses combats pour la liberté, ses heures sombres de guerre et d'obscurantisme, ses défis relevés depuis toujours.
    Hommage à la France, mais aussi réflexion sur l'appartenance à la nation et clé de lecture du monde contemporain, cet ouvrage est autant destiné aux lecteurs de tous âges qu'aux enseignants à la recherche de textes fondamentaux sur lesquels appuyer leur dialogue avec les nouvelles générations. 

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  • Jeune militante de la CIMADE durant la Seconde Guerre mondiale pour l'aide aux persécutés, première femme consacrée pasteur de l'Église réformée de France, Élisabeth Schmidt (1908-1986) rejoint le 2 octobre 1958 la paroisse de Blida-Médéa, aux confins de la riche plaine de la Mitidja et des plateaux du Tell. Son ministère va s'exercer en pleine guerre qui ne dit pas son nom. L'arrivée au pouvoir du général de Gaulle n'a pas encore modifié son cours. Elle s'intensifie même avant de basculer dans une guerre dans la guerre, la lutte sanglante opposant les partisans de l'Algérie française et les autorités de la République imposant l'indépendance algérienne. Élisabeth Schmidt fait bien plus qu'observer le drame des communautés en guerre et le quotidien de la misère, de la terreur et de la mort. Métropolitaine vivant en Algérie, elle ressent l'attachement des Européens à une terre qui a été bien souvent synonyme pour eux de nouveau monde. Elle comprend en même temps la nécessité de l'indépendance que l'intransigeance des colons rend plus inévitable que jamais. Femme d'église mais aussi intellectuelle proche des idées de Germaine Tillion ou d'Albert Camus, elle s'emploie à maintenir des relations entre des communautés en guerre. En vain. L'abandon dont elle ressent si douloureusement la tristesse n'est pas celui d'une terre que des Français croyaient la leur, mais fondamentalement celui d'une possible réconciliation entre des peuples déchirés. À l'automne 1962, Élisabeth Schmidt décide de poursuivre l'aventure. Elle devient enseignante dans un lycée de l'Algérie indépendante. Mais elle est devenue une étrangère. Elle doit abandonner ses espoirs de justice fraternelle. Ne lui restent que sa mémoire et l'écriture. 
    Ce témoignage d'un « temps de malheur », publié pour la première fois en 1976, fait ici l'objet d'une édition critique et d'apports documentaires inédits. Pour comprendre l'Algérie coloniale, la guerre d'Algérie, les premiers temps de l'Indépendance, le rôle du protestantisme, ces Souvenirs constituent un éclairage exceptionnel, au plus près de la tragédie mais dans une écriture de la distance et de la compréhension qui est d'une indéniable modernité. Témoignage sur un passé jamais refermé, le livre d'Élisabeth Schmidt porte une pensée pour l'avenir. 
    Historienne du protestantisme, Gabrielle CADIER est maître de conférences honoraire à l'université de Paris IV Sorbonne. 
    Historien de la politique, Vincent DUCLERT est professeur agrégé à l'École des hautes études en sciences sociales.

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  • Comprendre le génocide arménien ; 1915 à nos jours

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    Parution : 12 Mars 2015 - Entrée pnb : 19 Novembre 2015

    1915. Les Arméniens, parfaitement intégrés à l'Empire ottoman, sont systématiquement exterminés par les radicaux du gouvernement unioniste. Bilan : 1,3 million de victimes. Le XXe siècle des génocides a débuté. Au printemps 1915, la population arménienne ottomane est victime d'un génocide - arrestations massives, déportations et massacres - soigneusement planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le comité Union et Progrès. Longtemps contesté, le génocide des Arméniens ne fait plus aucun doute, mais souffre d'une méconnaissance publique qui découle d'un long oubli de l'événement durant une bonne partie du XXe siècle, du négationnisme de l'État turc qui répand le soupçon sur le travail des historiens et du désintérêt de l'opinion publique européenne trop éloignée. Pour le comprendre, accéder à sa connaissance précise et saisir ses enjeux actuels, trois historiens ont uni leur force pour concevoir, cent ans après, la première synthèse de grande ampleur sur le premier génocide du XXe siècle.

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  • Oeuvres de Jean Jaurès t.9 ; bloc des gauches

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    Parution : 23 Novembre 2016 - Entrée pnb : 25 Novembre 2016

    Acteur du Bloc des gauches, majoritaire à la Chambre des députés, et auquel appartient son parti socialiste français, Jaurès est confronté de près à l'exercice du pouvoir. Vice-président de la Chambre en 1903, il anime la délégation des gauches et fait figure de grand orateur parlementaire de la majorité qui soutient la politique laïque, anticléricale et réformatrice du gouvernement Combes (1902-1905).
    Mais Jaurès ne se laisse pas enfermer dans la seule pratique politique, intérieure et internationale. Il relance l'affaire Dreyfus dans un grand discours à la Chambre en avril 1903 et publie quelques-uns de ses plus importants textes de réflexion historique et politique : le Discours à la jeunesse au lycée d'Albi en juillet 1903 et l'étude intitulée Le socialisme et le radicalisme en 1885, vaste enquête sur ses débuts en politique en préface à l'édition de ses Discours parlementaires en janvier 1904. Il participe ainsi pleinement aux grandes controverses du début du siècle sur la nature du socialisme français et international, notamment lors du congrès d'Amsterdam (août 1904).
     
    Gilles Candar est professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans).
    Vincent Duclert est chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et professeur associé à Sciences Po.
    Rémi Fabre est professeur émérite à l'université Paris-Est Créteil.

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