Littérature générale

  • Les échoués

    Pascal Manoukian

    Parution : 20 Août 2015 - Entrée pnb : 31 Juillet 2015

    " Virgil ne sentait plus ses jambes. Elles étaient restées trop longtemps croisées l'une sous l'autre, tels la faucille et le marteau des drapeaux rouges de son enfance.
    Il n'osait pas bouger. Le chien, un bâtard gris aux crocs jaunes, rôdait toujours. Prudemment, il tendit la main et chercha la portée de mulots. La chaleur de leurs poils gris le réconforta. L'un des petits lui téta le bout du doigt. Il en compta six, plus la mère. Le père était absent - comme lui.
    Avant, en Moldavie, il adorait les chiens et détestait les mulots. Mais depuis son arrivée en France, beaucoup de choses s'étaient inversées.
    Ici, il construisait des maisons et habitait dehors. Se cassait le dos pour nourrir ses enfants sans pouvoir les serrer contre lui et se privait de médicaments pour offrir des parfums à une femme dont il avait oublié jusqu'à l'odeur.
    Il ferma les yeux un instant et imagina la grande marmite de bordj cuire à feu doux dans la cuisine du petit village de Corjeuti. Derrière les vitres embuées, la tonnelle ombrageait un minuscule bout de jardin. La vision lui emplit le coeur, mais pas le ventre.
    Cela faisait deux mois maintenant qu'il vivait tapi dans un trou. Une tombe d'un mètre quatre-vingt-dix sur un mètre de large et un mètre de profondeur, creusée à la main au beau milieu de la forêt, et recouverte d'un toit de branches et de feuilles.
    Le jour, il y enfouissait ses affaires. La nuit tombée, il s'y enterrait vivant. Personne ne viendrait le chercher là, étouffé dans les broussailles, entre un tronc d'arbre couché par la dernière tempête et un entrelacs de branches mortes. "

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  • Ariane

    Myriam Leroy

    Parution : 4 Janvier 2018 - Entrée pnb : 4 Janvier 2018

    " Quand j'ai eu douze ans, mes parents m'ont inscrite dans une école de riches. J'y suis restée deux années. C'est là que j'ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d'elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s'affiche lorsqu'on tape son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et elle n'apparaît nulle part. Quand j'ai voulu en parler, l'autre jour, rien ne m'est venu. J'avais souhaité sa mort et je l'avais accueillie avec soulagement. Elle ne m'avait pas bouleversée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C'est fini. C'est tout. "
    Elles sont collégiennes et s'aiment d'amour dur. L'une vient d'un milieu modeste et collectionne les complexes. L'autre est d'une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L'autre, c'est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu'elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr.
    Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort. Myriam Leroy est journaliste, presse et radio, et écrit pour le théâtre. Elle habite Bruxelles.

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  • Ce que tient ta main droite t'appartient

    Pascal Manoukian

    Parution : 12 Janvier 2017 - Entrée pnb : 10 Février 2017

    " Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé... "
    Le miracle n'arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu'aux ruines d'Alep, au cœur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d'égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux.
    Un voyage réaliste au pays mal connu de l'embrigadement et de toutes
    les violences.
    Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, a dirigé l'agence
    Capa. En 2013, il publie un récit, Le Diable au creux de la main, dûment
    salué par la critique. Son premier roman, Les Échoués (2015), a reçu un
    bel accueil auprès des lecteurs, des libraires et des médias.

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  • Mélanie, française et musulmane

    Mélanie Georgiades

    Parution : 21 Mai 2015 - Entrée pnb : 10 Juillet 2015

    Avec la publication de Diam's autobiographie, en 2012, et sa première apparition à la télévision après une longue absence, Mélanie Georgiades, dont la conversion à l'islam avait fait grand bruit, a acté sa renaissance. Depuis, elle s'est consacrée à sa vie de femme et de jeune maman, laquelle lui a réservé de grandes joies mais aussi des épreuves. Car la route vers le bonheur est parfois longue, et semée d'embûches. Mélanie le sait bien. Elle revient ainsi sur les jours d'après la sortie de son premier livre, et les réactions, violentes ou bienveillantes des médias, de l'opinion publique mais aussi de son public et de son entourage. Elle renoue notamment avec des proches que sa conversion avait éloignés d'elle ; elle se rapproche de sa mère, et surtout retrouve son père, le grand absent de sa jeunesse. Pendant ce temps, Mélanie suit toujours son chemin spirituel, apprend la tolérance et s'applique, du mieux qu'elle peut, à " se lever tous les matins en essayant d'être meilleure que la veille " et, dit-elle, dans un éclat de rire : " C'est un programme complet pour une journée ". Cependant celle qui vit sa foi comme un témoignage de paix et de sérénité veut aussi rétablir des vérités à propos du terrorisme qu'on attribue à l'islam et qui – selon ses mots – n'est le fait que d'égarés en perdition et d'ignorants. Elle veut raconter comment la foi l'a au contraire adoucie, apaisée, soignée et guérie de ses blessures. Et veut tendre une main à ceux qui ont peur de l'Islam, une main chaleureuse et pacifique. Loin du bruit et de la colère, Mélanie prône le respect, l'ouverture et l'apaisement dans une France désormais multiculturelle aux couleurs et croyances variées.

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  • Au pays des kangourous

    Gilles Paris

    Parution : 19 Janvier 2012 - Entrée pnb : 18 Février 2015

    " Ce matin, j'ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
    En entrant dans la cuisine, j'ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d'hier soir.
    J'ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans.
    Il m'a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout replié sur lui-même. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. "
    Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n'en est plus un depuis longtemps, la faute au métier de Carole, qui l'accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d'affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d'un mari qu'elle n'admire plus et d'un enfant qu'elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, Simon voit son quotidien bouleversé.
    L'enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque et jamais mariée, adepte des séances de spiritisme avec ses amies " les sorcières ", et prête à tout pour le protéger. Mais il rencontre aussi l'évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets, que les couloirs trop blancs de l'hôpital font paraître irréelle et qui semble pourtant résolue à lui offrir son aide.
    Porté par l'amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu'il s'invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu'à toucher du doigt une vérité que l'on croyait indicible.

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  • La danse du chagrin

    Bernie Bonvoisin

    Parution : 31 Mai 2018 - Entrée pnb : 31 Mai 2018

    " Je suis venu au Liban, voir ce qu'il en était de ces hordes de crevards qui prenaient d'assaut nos frontières, pour nous voler nos emplois et cramer nos allocs. J'ai décollé mon cul de mon divan, éteint ma télé après 59 mois passés à regarder le peuple syrien se faire écraser dans un silence vertigineux. J'ai vu la lumière au milieu de cette misère... "
    Un jour d'été 2015, Bernie Bonvoisin décide de se rendre au Liban et d'aller à la rencontre des jeunes Syriennes et Syriens réfugiés au pays du Cèdre. Dans les camps et les squats de fortunes où les exilés forcés survivent dans un dénuement extrême, le long de la frontière, il veut recueillir les mots d'une enfance volée par la guerre et le terrorisme, dont l'innocence anéantit tous les discours politiques. Là, il rencontre une génération sacrifiée à la maturité spectaculaire, le futur de la Syrie.
    Bernie Bonvoisin, fondateur du groupe Trust, est connu pour ses engagements politiques. Il est aussi cinéaste et romancier.

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  • Dire nous ; contre les peurs et les haines, nos causes communes

    Edwy Plenel

    Parution : 3 Mars 2016 - Entrée pnb : 16 Février 2016

    " Il est temps de dire nous.
    Ce nous qui rassure par ses audaces, ce nous qui crée de la confiance en risquant son bonheur.
    Dire nous pour partir à la recherche d'un horizon des possibles en faisant chemin tous ensemble, dans le souci des plus fragiles et des moins protégés, des moins habiles et des plus exploités.
    Dire nous pour inventer un nouvel imaginaire qui nous élève et nous relève, en nous extirpant du marécage où macèrent nos divisions, nos rancoeurs, nos ressentiments.
    Dire nous pour cesser de dire eux contre nous, nous contre eux, notre nous contre le leur, dans une guerre sans fin dont nous serons tous les victimes, nous comme eux.
    Dire nous pour réussir à échapper aux fatalités du présent par la subversion de l'ordinaire et du quotidien, en l'enchantant par la beauté et la bonté, contre la laideur et la méchanceté.
    Dire nous avec cette certitude que la politique, comme bien commun, est d'abord une poésie, une poétique où l'espérance retrouve l'énergie qui lui manquait, comme un souffle libérateur.
    Dire nous, donc, pour inventer tous ensemble le oui qui nous manque, celui d'un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l'urgence de l'essentiel : la dignité de l'Homme, le souci du Monde, la survie de la Terre. "
    Journaliste, Edwy Plenel est cofondateur et président de Mediapart, journal en ligne indépendant et participatif. Il a notamment publié chez Don Quichotte Le Droit de savoir (2013) et Dire non (2014).

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  • En compagnie des hommes

    Véronique Tadjo

    Parution : 17 Août 2017 - Entrée pnb : 16 Août 2017

    Un virus mortel et incurable a mis l'espèce humaine face au danger de l'extinction. Baobab, arbre premier, arbre éternel, arbre symbole de grande sagesse, prend la parole et réveille la mémoire de l'humanité. Sous son ombre fraîche, hommes, femmes, enfants pris dans la tourmente, combattants farouches pour la survie, vont confier leur lutte contre les ravages d'Ebola : le docteur en combinaison d'astronaute qui, jour après jour, soigne les malades sous une tente ; l'infirmière sage-femme dont les gestes et l'attention ramènent un peu d'humanité ; les creuseurs de tombes qui, face à l'hécatombe, enterrent les corps dans le sol rouge ; les villageois renonçant à leurs coutumes ancestrales afin de repousser Ebola...
    Écrivaine ivoirienne, Véronique Tadjo a dirigé jusqu'en 2015 le Département de français de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg. Ses livres sont traduits en plusieurs langues, du Royaume aveugle (1991) à L'Ombre d'Imana : Voyages jusqu'au bout du Rwanda (2001) et Reine Pokou, concerto pour un sacrifice (2005).pour lequel elle a reçu en 2005 le Grand Prix de Littérature d'Afrique noire.

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  • " Les moukhabarâts d'Assad nous ont fait remonter à la surface. C'était la première fois que je voyais la lumière depuis 37 jours, depuis mon arrivée à la prison d'Al-Khatib. On nous a rassemblés dans une cour cernée de barbelés. Un officier a entamé un discours : "Dans un geste généreux, monsieur le président vous a amnistiés. Vous devez maintenant vous éloigner des mauvaises actions, être d'honnêtes citoyens, renoncer aux manifestations et au complot occidental.' Je me cachais les yeux, complètement ébloui. Je découvrais des taches blanches sur ma peau. Un bus nous a emmenés non loin du "carré sécuritaire', dans un quartier que je connaissais bien pour y avoir fait des chantiers avec mon oncle. Chacun est parti dans une direction. "N'oublie pas ceux qui sont restés !' m'a crié un vieil homme de l'autre côté de la rue. "
    Majd a 23 ans lorsqu'il participe aux premières manifestations contre la dictature de Bachar al-Assad. Mais les aspirations démocratiques du peuple syrien se heurtent vite à la violence inouïe du régime. À sa sortie de détention, à l'automne 2011, il s'engage dans les aides médicales puis crée des centres pour les enfants de sa Ghouta natale qui, délivrée par les forces révolutionnaires, subit un terrible siège : bombardements, malnutrition, situation médicale dramatique, commerce de guerre, attaque chimique... Pourtant, la société civile, militants, médecins, enseignants, citoyens journalistes, continue à assurer de son mieux la permanence de la vie.
    Majd Al Dik, 27 ans, est aujourd'hui réfugié politique en France. Traductrice de l'arabe vers le français, Nathalie Bontemps a vécu huit ans en Syrie.

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  • Le boss de Boulogne

    Johann Zarca

    Parution : 16 Janvier 2014 - Entrée pnb : 10 Septembre 2014

    " Les potos voulaient fe¿ter ma sortie de placard a¿ la Loco, la boite a¿ banlieusards de Pigalle. Simplement, de¿bouler a¿ sept paires de couilles sape¿es comme des scarlas, c'e¿tait su¿r qu'on allait se faire refouler comme des trimards. Re¿sultat, on pointe tous au Bois de Boubou. Perso c¿a m'arrange, j'e¿tais plus sauce¿ par une mission underground que par une session gue¿nave avec des michetonneuses de quinze piges. Quand j'ai propose¿ de bouger au Bois, j'ai pense¿ que les soces se de¿motiveraient. Mais nan, ce soir, c'est ma rapta.
    Le seul truc qui leur a casse¿ les yeucs, ce sont les barrettes qu'on trimballait sur nous. Mais comme j'ai dit : on de¿barque au Bois, on planque le matos, on bicrave quelques morceaux et on tise tranquille. Les potos me font confiance depuis le bahut, ils savent qui est le boss et qui prend les initiatives. Je n'ai pas l'habitude de proposer des plans foireux, les srabs me connaissent, on a tous pousse¿ dans le me¿me tie¿que. "
    Ainsi commencent les confessions du Boss, dealer officiel des prostitués(es) transsexuel(le)s, des michetons et vagabonds du Bois de Boulogne et des environs. À la tête du BDB-crew, une équipe organisée, constituée entre autres de Youssouf et Vamp ses fidèles lieutenants, Souleymane et Makita les mecs hardcore, Miki et Ahmé les jeunes guetteurs, le Boss s'impose comme le maître des lieux, pulvérise ses concurrents, s'éloigne de Smoke l'ancien grossiste du quartier et nargue Philippe, le condé.
    Le business fait florès jusqu'au jour où Paola, un trans brésilien, véritable star du Bois, se fait assassiner. La police quadrille alors tout le secteur. Mauvais pour les affaires. D'autant que ce meurtre n'est que le premier d'une longue série.

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  • " Tu le prends, et tu t'en vas ! " lâche le diplomate américain. Ce 22 mars 2013, l'homme des missions délicates de la Cour prend livraison du fugitif. Les Américains sont pressés. Surtout, ne pas montrer qu'ils coopèrent avec la Cour. Surtout, ne pas être là lorsque Bosco Ntaganda comprendra que le deal n'est pas exactement à la hauteur de la promesse... Le Belge a tout juste le temps de passer les menottes aux poignets de Terminator (charmant sobriquet du milicien), de s'engouffrer dans un véhicule blindé et de foncer vers l'aéroport de Kigali. Les Rwandais n'ont pas fourni d'escorte à l'envoyé de la Cour et rejettent officiellement tout lien avec l'affaire. Sur le tarmac, un Jet les attend pour un aller simple à destination de La Haye à 113 000 euros. Une reddition à grands frais après sept ans de cavale.
    À 8 000 kilomètres de la mine d'or de Kilo-Moto dans l'est congolais, Bosco Ntaganda partage désormais l'ordinaire d'une poignée de politiciens, d'un ex-enfant soldat et du président déchu Laurent Gbagbo. Comme lui, les chefs d'État kenyans, libyens et soudanais ont été ciblés par la CPI mais ont connu d'autres fortunes. Au terme d'une âpre bataille, Uhuru Kenyatta a été auréolé d'un non-lieu, Mouammar Kadhafi a choisi de mourir à Syrte plutôt que moisir à Scheveningen, et Omar el-Bachir continue de mener à la trique sa guerre au Darfour sous l'oeil des satellites-espions de la star hollywoodienne George Clooney. Le héros de Nespresso y traque en live des preuves de crimes contre l'humanité.
    Bâtie dans le sillage du tribunal de Nuremberg chargé de juger les chefs nazis après la Seconde Guerre mondiale, érigée sur les fondations des tribunaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda établis dans les années 1990 par les Nations unies, la Cour pénale internationale est née d'un traité signé à Rome en 1998, entre la fin de la guerre froide et les attentats du 11-Septembre. À des milliers de kilomètres des sites de crimes, elle est le théâtre de guerres conduites au quotidien code pénal à la main. Menaçant chefs d'État et seigneurs de guerre, elle se dresse en nouvel acteur des relations internationales, souvent embarrassant, parfois salutaire, suscitant l'émergence d'une véritable diplomatie judiciaire. Si elle fut la promesse d'un futur libéré de l'impunité, se rêvant en Thémis au chevet d'après-guerres et suspendant son glaive sur le crâne des bourreaux, la voici transformée en arme diplomatique à l'usage des puissants, apposant leur label sur le bien et le mal.

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  • Main basse sur l'information

    Laurent Mauduit

    Parution : 8 Septembre 2016 - Entrée pnb : 25 Août 2016

    Alors que le Conseil national de la résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d'une presse indépendante des " puissances financières ", celles-ci contrôlent désormais presque tous les médias. Et la normalisation économique se double fréquemment d'une normalisation éditoriale, quand il ne s'agit pas d'une censure pure et simple.
    De Canal+ à France Télévisions, en passant par M6 ; de Libération au Monde, en passant par Le Parisien, Laurent Mauduit mène l'enquête sur la reprise en main dont toute la presse, ou presque, a fait l'objet ces dernières années.
    Pour comprendre la gravité de cette mise sous tutelle, il nous invite aussi à nous replonger dans les combats démocratiques en faveur d'une presse libre et indépendante qui, de 1789 à nos jours, ont secoué la France. Une plongée dans le passé, celui de la presse asservie du Second empire ou celui de la presse corrompue de l'entre-deux-guerres, qui permet de prendre la mesure de la régression que nous vivons actuellement.
    Établissant une description méticuleuse du naufrage des médias français, l'enquête est aussi un plaidoyer en faveur d'une refondation de la presse, dans le cadre d'une révolution démocratique. Tant il est vrai qu'il n'y a pas de démocratie véritable sans citoyens éclairés...
    Écrivain et journaliste, Laurent Mauduit est cofondateur de Mediapart. Auparavant, il a été chef du service économique de Libération et directeur adjoint de la rédaction du Monde.

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  • Antispéciste

    Aymeric Caron

    Parution : 7 Avril 2016 - Entrée pnb : 25 Mars 2016

    " L'antispécisme milite pour l'intégration de tous les êtres vivants sensibles dans une même famille de considération morale. Vu sous un autre angle, cela signifie que l'antispécisme revendique l'appartenance de l'espèce humaine à une communauté beaucoup plus large qu'elle-même, celle des animaux. Il s'agit de notre communauté d'origine, dont nous ne sommes jamais sortis, malgré nos tentatives désespérées pour le faire croire et l'obstination à renier nos origines. Nous ne sommes que les jeunes visiteurs d'un zoo égaré au milieu de nulle part. "
    Antispéciste explore la génétique, la cosmologie, l'éthologie, le droit et la philosophie pour expliquer pourquoi nous sommes tenus aujourd'hui d'accorder certains droits élémentaires aux animaux non humains sensibles. Mais cette extension de notre sphère de considération morale s'inscrit dans une réflexion beaucoup plus large. En invitant à repenser le vivant et la place de l'homme dans l'univers, Antispéciste décrypte les raisons de l'échec de l'écologie politique traditionnelle et propose un nouveau projet nommé l'écologie essentielle, qui doit aboutir à une réforme constitutionnelle pour prendre en compte la valeur intrinsèque de tous les êtres vivants.
    Antispéciste pose également des questions inédites : qui sont les animalosceptiques ? Pourquoi l'antispécisme est-il un combat social ? Pourquoi Superman est-il un superhéros antispéciste ? Pourquoi le vrai but de l'écologie est-il en réalité de faire sortir l'homme de la nature ? Qu'est-ce que la réduction de l'empreinte négative ? Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à rejoindre les antispécistes ?
    Antispéciste est un appel au soulèvement des consciences. Un appel à la révolte individuelle. Un appel à un nouvel humanisme.
    Aymeric Caron est journaliste et écrivain. Il est l'auteur d'Envoyé Spécial (2003), No Steak (2013) et Incorrect (2014). Il invite à une nouvelle réflexion sur la nature et les droits des animaux.

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  • La Muette

    Alexandre Lacroix

    Parution : 17 Août 2017 - Entrée pnb : 16 Août 2017

    Il existe, à quelques kilomètres de Paris, un lieu méconnu, même si des événements majeurs s'y sont déroulés : la cité de la Muette. À l'origine, elle devait être un fleuron de l'architecture française. Dessinée par deux grands architectes, elle représentait une réponse au Bauhaus allemand, et une révolution du logement populaire. Mais le chantier a été interrompu avant-guerre et, de 1941 à 1944, la Muette est devenue le camp de Drancy, administré par les gendarmes et les nazis. Depuis ces bâtiments, soixante-sept mille Juifs furent déportés.
    Le destin de cette cité, qui concentre ce qu'on ne veut pas voir à la fois dans l'histoire et dans la société françaises, ne s'arrête pas là : après la Libération, elle a été aménagée pour y créer des logements sociaux. Les anciennes chambrées des détenus, cloisonnées à la va-vite pour faire des studios et des deux-pièces, sont encore habitées de nos jours.
    Dans ce roman choral, l'auteur nous invite à suivre le parcours de deux personnages attachants, Elsa, détenue en 1943, et Nour, un jeune Beur d'aujourd'hui. Ils n'ont pas la même langue, pas le même rapport au désir ni à la mort, mais leurs histoires s'entremêlent et se répondent. Si bien qu'au croisement de leurs monologues, on croit entendre les voix de la Muette.

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  • 12 juillet 2012. Philippe Varin, président du directoire de PSA, premier constructeur automobile français, annonçait la fermeture du site d'Aulnay. Ainsi donc, après leur avoir promis que le site resterait ouvert et que la priorité était de préserver leurs emplois, les ouvriers d'Aulnay sont priés d'aller voir ailleurs. Une entreprise qui ferme, c'est presque une banalité par les temps qui courent : dans le cas de PSA-Aulnay, ce sont 3 000 emplois supprimés, 3 000 vies bousculées, et quelques images au journal de 20 heures, vite chassées par une nouvelle actualité.
    Un emploi industriel, c'est comme un arbre après la tempête, vite déraciné mais plus difficile à faire repousser. Certains ouvriers d'Aulnay seront reclassés dans le groupe, d'autres devront partir à la recherche d'un (improbable) nouveau CDI. Ghislaine Tormos, elle, a décidé de se battre avec courage. Avant ce jour de juillet, Gigi n'avait encore jamais fait grève. Depuis, elle est devenue l'un des symboles de la lutte des ouvriers de PSA.
    La crise grandissant, les voitures se vendent moins, les profits de PSA ne sont plus ce qu'ils étaient, et supprimer des emplois devient la seule réponse à la crise. " On me dit que je coûte trop cher, mais pour moi depuis des années, c'est la vie qui est trop chère. " Gigi n'accepte pas que son travail, sa seule richesse, soit devenu le mal-aimé de notre économie, que l'on parle de son coût comme d'une charge pesante et jamais de sa valeur fondamentale. Elle n'accepte pas davantage que les socialistes n'aient pas tenu les promesses faites aux ouvriers d'Aulnay lors de la campagne présidentielle. Elle ne se résout pas à cette fatalité de laisser sans broncher fermer nos usines les unes après les autres.
    Derrière le témoignage de cette quinquagénaire parlant juste, il y a la parole de tous ces ouvriers, hommes et femmes, liés chaque jour par une chaîne de travail, dans l'effort, la contrainte, parfois la douleur. Autrefois certains d'appartenir à une organisation humaine qu'ils pensaient solide, ils se sentent aujourd'hui trahis.
    Face aux implacables logiques économiques et financières, le point de vue de la petite ouvrière d'Aulnay ne pèse pas bien lourd, or il mérite qu'on l'écoute.

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  • La blessure ; Sarajevo, la vie après la guerre

    Hervé Ghesquière

    Parution : 7 Avril 2016 - Entrée pnb : 18 Mars 2016

    " Je me demande ce qui se cache dans les secrets de l'âme
    de ces anciens combattants serbes. Ont-ils été témoins des
    crimes de guerre ? Acteurs du nettoyage ethnique ?
    Je m'interroge sur cette façon de nier et de travestir le passé.
    Pourtant, de longues enquêtes approfondies ont révélé des
    atrocités et des massacres à grande échelle. Après plus de vingt
    ans, je perçois au mieux le silence, au pire le mensonge.
    Je m'apprête à partir quand Sr¿dan lâche :
    "Une nouvelle guerre est possible. Les Balkans sont un baril
    de poudre, et les Musulmans d'ici se sentent plus turcs que
    les Turcs.' Je songe à cette phrase lourde de menaces et imagine
    que le vétéran et quelques-uns de ses camarades ressassent
    chaque jour ces histoires de guerre au fond du bureau poisseux
    de leur association. L'avenir ne s'annonce pas radieux. "
    Hervé Ghesquière était à Sarajevo, en 1992, quand la Yougoslavie a
    explosé, marquant le début d'un des conflits les plus meurtriers de
    cette fin de siècle, en plein coeur de l'Europe. Vingt ans après, il est
    retourné sur ses traces, pour un périple de neuf mille kilomètres dans
    une Bosnie marquée au fer rouge de la guerre. Le nationalisme et la
    corruption n'ont cessé depuis de ronger un pays en proie au sectarisme
    et au populisme, qui mènent inévitablement au précipice. Un récit
    éclairant, à l'heure où l'Europe semble sombrer dans le repli identitaire.
    Hervé Ghesquière est grand reporter à France 2. Il a couvert de
    nombreux conflits : ex-Yougoslavie, Cambodge, Rwanda, Irlande du
    Nord, Irak et Afghanistan. Il travaille aujourd'hui pour l'émission
    " Envoyé spécial ". En 2012, il a publié 547 Jours, un récit relatant son
    expérience d'otage des talibans.

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  • La troisième équipe ; souvenirs de l'affaire Greenpeace

    Edwy Plenel

    Parution : 16 Juin 2015 - Entrée pnb : 10 Juillet 2015

    " En septembre 1985, le ministre de la Défense et le patron de la DGSE furent contraints de démissionner sous l'effet de révélations de presse qui firent tomber le château de cartes du mensonge officiel.
    Jeune journaliste au Monde - j'allais avoir, cet été-là, trente-trois ans -, je fus à l'origine de ces informations qui, soudain, firent surgir le journalisme d'enquête, ses révélations et ses tensions, à la Une du quotidien alors de référence, bible des élites politiques, étatiques et économiques du pays. Si j'ai écrit plusieurs livres, mêlant réflexion et témoignage, sur les réalités, et notamment les affaires, que j'ai eu à traiter durant près de quarante ans de journalisme, je n'ai jamais rien dit de cette histoire emblématique.
    /> J'ai même longtemps choisi de me taire face à toutes les bêtises, approximations ou rumeurs, qui s'en sont emparées. Le journalisme conformiste, que j'aime appeler de gouvernement, n'est pas le dernier à nier les vérités qui dérangent. Et son commanditaire silencieux, l'État profond, dont les servitudes n'ont pas d'étiquette partisane, n'aime guère perdre face au désordre incarné par le journalisme sans fils à la patte, libre et indocile. Mais j'ai préféré laisser dire, respectant un délai de viduité qui était aussi une forme de respect pour les acteurs opérationnels d'une mission dont le pouvoir présidentiel d'alors, celui de François Mitterrand, était seul coupable et comptable.
    C'est ce silence que j'ai décidé de rompre. D'abord parce que l'affaire Greenpeace est une leçon de choses journalistique, salutairement démystificatrice sur ce qu'est une enquête, son artisanat, son travail collectif, ses intuitions, ses tâtonnements, ses risques. Ensuite parce que ce scandale d'État éclaire d'une lumière aveuglante la réalité faiblement démocratique du présidentialisme français, ses abus de pouvoir potentiels et les risques qu'ils font courir à notre pays. Enfin, tout simplement, parce que l'acteur de cette histoire que je fus, en raison de l'effet politique des révélations du Monde, n'a plus envie que d'autres la malmènent ou la déforment. "

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  • Moi, la Révolution

    Daniel Bensaïd

    Parution : 14 Septembre 2017 - Entrée pnb : 13 Septembre 2017

    Moi, la Révolution, le coup de colère d'une victorieuse défaite, mangeuse d'hommes et femme à histoires. Un voyage passionné à travers les enjeux idéologiques de 1789 et de ce qu'on en retient.
    En 1989, la Révolution venait hanter son bicentenaire. Prenant à partie sur le mode du tutoiement sans-culotte le citoyen-président, elle s'emporte contre ces festivités officielles dont elle se sent la grande absente, escamotée sur fond de conversion au réel et de régression des utopies. Contre ceux qui la voudraient terminée, cette éternelle dissidente se proclame infinie, et réplique : en finir avec Thermidor !
    Irrévérencieuse et querelleuse, elle chemine entre passé et présent avec des compagnons d'infortune inattendus – Jeanne d'Arc et Charles Péguy notamment – et se livre à son examen de conscience, discutant des Droits de l'homme et de la Terreur, de la République et du Progrès, de l'Argent et de la Morale...
    Daniel Bensaïd, philosophe et militant, politique et poète, indocile comme les causes qui l'animaient, inclassable comme les irréguliers qu'il défendait, est un passeur pour toutes celles et tous ceux qui ne se rendront jamais à l'ordre des choses et du monde, à ses injustices et à ses mensonges. Son parti pris des révoltes fondatrices, insaisissables et imprévisibles, est une invite à découvrir les inépuisables émancipations qu'elles appellent.
    Directrice de recherches au CNRS et auteure d'une trentaine d'ouvrages, Arlette Farge a reçu en 2016 le prix international Dan David. Elle signe la préface.

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  • Derrière le voile

    Nahida Nakad

    Parution : 25 Novembre 2013 - Entrée pnb : 17 Octobre 2014

    Un sujet toujours présent dans les médias, qui, mettant en jeu les notions de démocratie, d'égalité, de justice, de liberté et de tolérance, déclenche les passions politiques et citoyennes.
    Ce livre, écrit par une journaliste grand reporter, arabe et laïque, est une réflexion nourrie d'avis de spécialistes religieux et politiques mais aussi de témoignages de musulmanes. Non polémique et instructif, un nouveau débat, franc et serein, sur ce sujet complexe et passionnel.
    Nahida Nakad, auteur légitime sur le sujet, a été élue en 2012 Femme arabe de l'année par le journal Takreem. Grand Reporter à TF1 depuis 1994, elle couvre les conflits au Moyen-Orient, dans les Balkans et en Afrique. En 2010, elle est nommée directrice du pôle arabophone de France 24 puis directrice des rédactions des trois chaînes, française, anglaise et arabe. Depuis 2013 elle est consultante en relations internationales à Public Diplomacy. Elle a publié À la recherche du Liban perdu, et Un couple dans la guerre, un essai sur la guerre en Irak avec Jean-Pierre About.

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  • L'évasion de Fresnes

    Malek Bouabbas

    Parution : 5 Février 2015 - Entrée pnb : 10 Juillet 2015

    12 mars 2003, 4 h 15. Des hommes attaquent la prison de Fresnes à l'explosif. 4 h 25. Antonio Ferrara est libre.
    L'évasion d'Antonio Ferrara ne laisse rien au hasard : ce jour-là, ce détenu particulièrement surveillé (DPS) s'est arrangé pour se retrouver au quartier disciplinaire, endroit stratégique de la prison pour mener à bien l'opération. Dans la nuit, un commando d'une dizaine d'hommes cagoulés, organisés et lourdement armés (fusils d'assaut, kalachnikov, lance-roquettes) arrivent sur place et incendient des voitures pour occuper l'arrivée éventuelle des pompiers et des policiers. Lors de l'attaque, d'autres " gèlent " les miradors au fusil d'assaut AK-47 pour dissuader les gardiens de tenter toute réaction. Un dernier groupe fait sauter deux portes blindées à l'explosif et au lance-roquettes, tandis que Ferrara fait exploser lui-même les grilles de sa cellule avant de s'enfuir...
    10 juillet 2003, Paris 12e. Antonio Ferrara est localisé dans un bar avec deux hommes, parmi lesquels Malek Bouabbas, l'auteur du livre. C'est l'OCRB et la BRB qui mènent l'opération. Quarante policiers issus de ces deux services sont mobilisés pour cette arrestation.

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  • La rentrée n'aura pas lieu

    Stéphane Benhamou

    Parution : 25 Août 2016 - Entrée pnb : 13 Juillet 2016

    Cette année-là, sans se concerter, sans obéir au moindre mot d'ordre, 11 millions d'Aoûtiens ne reprirent pas le chemin du travail et de l'école à la fin août.
    Pandémie de burn-out face à la crise qui n'en finissait plus, au terrorisme qui, on ne cessait de le répéter, ne manquerait pas de frapper encore, abstention généralisée devant la menace de moins en moins fantôme d'une élection présidentielle terrifiante ?
    Tous ceux qui avaient l'habitude de chroniquer et de disserter doctement, observateurs et acteurs de la vie politique, économique et sociale, se trouvèrent aussi désemparés pour comprendre le phénomène que le gouvernement pour trouver des solutions à cette rentrée buissonnière.
    Les patrons menacèrent de licencier en masse, les banques de bloquer les comptes des " déserteurs " et, passé le mouvement de sympathie amusée des premiers jours, l'agacement puis la colère s'emparèrent de ceux qui avaient repris le travail.
    Les Aoûtiens, eux, ne demandaient chaque jour qu'un autre jour pour reprendre le souffle qui leur avait manqué quand il s'était agi de prendre le chemin du retour.
    Objets de toutes les préoccupations, sujets des études les plus alarmantes et cibles des haines les plus féroces, les Aoûtiens découvraient un nouveau monde et une vie dont ils étaient privés jusqu'à cette rentrée.
    Auteur pour d'autres d'une vingtaine d'ouvrages et sous son propre nom d'autant de films documentaires, Stéphane Benhamou prend généralement ses vacances au mois d'août.
    Cette année-là, sans se concerter, sans obéir au moindre mot d'ordre, 11 millions d'Aoûtiens ne reprirent pas le chemin du travail et de l'école à la fin août.
    Pandémie de burn-out face à la crise qui n'en finissait plus, au terrorisme qui, on ne cessait de le répéter, ne manquerait pas de frapper encore, abstention généralisée devant la menace de moins en moins fantôme d'une élection présidentielle terrifiante ?
    Tous ceux qui avaient l'habitude de chroniquer et de disserter doctement, observateurs et acteurs de la vie politique, économique et sociale, se trouvèrent aussi désemparés pour comprendre le phénomène que le gouvernement pour trouver des solutions à cette rentrée buissonnière.
    Les patrons menacèrent de licencier en masse, les banques de bloquer les comptes des " déserteurs " et, passé le mouvement de sympathie amusée des premiers jours, l'agacement puis la colère s'emparèrent de ceux qui avaient repris le travail.
    Les Aoûtiens, eux, ne demandaient chaque jour qu'un autre jour pour reprendre le souffle qui leur avait manqué quand il s'était agi de prendre le chemin du retour.
    Objets de toutes les préoccupations, sujets des études les plus alarmantes et cibles des haines les plus féroces, les Aoûtiens découvraient un nouveau monde et une vie dont ils étaient privés jusqu'à cette rentrée.
    Auteur pour d'autres d'une vingtaine d'ouvrages et sous son propre nom d'autant de films documentaires, Stéphane Benhamou prend généralement ses vacances au mois d'août.

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  • Sur les eaux noires du fleuve

    Maurice Lemoine

    Parution : 14 Mars 2013 - Entrée pnb : 10 Juillet 2015

    Là où tout a commencé... Peu avant l'élection présidentielle, le gouvernement a rompu les négociations avec les FARC et celles-ci ont enlevé I. Betancourt. En coulisses, politiques, cadres de l'armée et grands industriels colombiens manoeuvrent pour éradiquer la plus vieille guérilla d'Amérique latine, grâce au matériel militaire fourni par les États-Unis et à une désinformation via les médias dominants, qui présentent les FARC comme un simple cartel de drogue et taisent les massacres perpétrés par les paramilitaires, avec la complicité de l'armée, et la contestation sociale dans ce pays où misère et violence explosent.Car, en Colombie, prendre les armes, d'un côté ou de l'autre, est souvent la seule façon d'échapper à la pauvreté. À Vistabonita, village au coeur de la jungle colombienne, paysans et cultivateurs de coca s'accommodent de la présence des farianos, qui ont repris le contrôle des territoires autrefois sous la coupe des paramilitaires. Dans cette région isolée, les FARC suppléent au gouvernement et récoltent l'impôt. Les comandantes Olga, dont l'ex-compagnon guérillero a péri les armes à la main, et Demetrio gèrent la vie d'un de ces camps de subversivos en perpétuel mouvement. Hermanito, ancien militant communiste pour qui l'adaptation à la vie militaire n'a pas été sans peine, Zorani, l'infirmière, Milena, Jairo et les autres y poursuivent le combat au nom de la justice sociale, sans oublier de vivre, de rire, de s'aimer. Au village, certains habitants ont fraternisé avec la guérilla, comme Estefania, l'institutrice, ou Camilo et Juan Carlos, deux jeunes campaneros acquis à la révolution. Manuel le raspachine cultive quant à lui la coca sans trop se soucier de savoir à qui le trafic profite : il est amoureux de Jenny, qui a troqué son balai et une vie de misère contre une kalachnikov et la cause du peuple.Or la guerre les rattrape le jour où les paracos, avec la complicité de l'armée et de l'État, décident de reconquérir la région, à commencer par ce pueblo stratégique. La suite de l'histoire, seules ces pages nous la raconte, car la presse, complice par idéologie ou ignorante par confort, ne la rapportera jamais. « Heureusement [...], nous nageons là en pleine fiction. [...] Tout ceci n'est qu'un roman. »

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  • Phi prob

    Johann Zarca

    Parution : 20 Août 2015 - Entrée pnb : 31 Juillet 2015

    À mille lieues des visions paradisiaques de cartes postales, l'histoire de Phi Prob prend place à Sukhumvit, quartier chaud de Bangkok et zone privilégiée par les expatriés noctambules avides de chair et de substances illicites. Après deux années passées dans la région de l'Isan, Jeff, membre de la communauté des Farangs, expats installés en Thaïlande, vient de quitter précipitamment la province pour rejoindre ses vieux amis de la capitale : Alex l'alcoolique en perdition, Tonton René, Léo le vieux Chinois, Gérard le handicapé et Duncan l'Irlandais bodybuildé. Une nouvelle vie nocturne, rythmée par la gnôle et les néons, les courtisanes et les gogos, les salons de massage et les blowjob bars.
    Cependant Jeff porte un lourd fardeau. Il a fui la campagne thaïlandaise, terrifié par Tai-Thung-Klom, l'esprit hideux de sa défunte épouse, morte en couches. Surtout, Jeff est à son tour infecté par Prob, un parasite redouté dans la province siamoise et connu pour s'approprier les êtres humains, ronger leurs entrailles, empoisonner leur conscience, jusqu'à la boulimie, le sadisme et le cannibalisme.
    Au cours de son errance meurtrière, Jeff croise le chemin de Phi Noy, la jalousie incarnée dans le corps d'une jeune fille, célèbre en Thaïlande sous le nom de Phi Tani et réputée pour décapiter les " butterfly " - les hommes volages.
    Un périple urbain et mystique, entre les Red-light districts de la cité des Anges et les rues sulfureuses de Pattaya City, la Sodome et Gomorrhe du Siam.

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  • Jungle blues

    Roméo Langlois

    Parution : 14 Février 2013 - Entrée pnb : 10 Juillet 2015

    " Bien sûr qu'on va vous relâcher, lance le guérillero en pansant ma blessure, et sur laquelle fond déjà une nuée de moucherons. -; Mais quand ? -; Impossible de le dire. Peut-être dans une semaine, un mois, un an... "
    Quand il reçoit son " kit d'otage " (brosse à dent, sac à dos, bottes en caoutchouc...), le journaliste français Roméo Langlois perd l'espoir d'une libération immédiate. Durant le combat qu'il a filmé, entre un commando antidrogue et des membres des Farc, plusieurs soldats sont morts. Lui-même gravement blessé au bras par un tir de AK 47, il a été capturé par les guérilleros. Déclarations incendiaires des dirigeants colombiens, mensonges des militaires, campagne présidentielle en France... En quelques jours, l'affaire se politise dangereusement. L'épreuve risque de durer. Après avoir couvert pendant dix ans le drame des otages, le journaliste est passé de l'autre côté du rideau d'arbres.
    Finalement, il ne restera que 33 jours aux mains des Farc. Un mois de marches dans la jungle, de cabanes paysannes en campements clandestins, harcelé par les moustiques, l'oreille collée à une radio bon marché.
    Dans ce récit, Langlois revient sur cette " petite éternité " traversée au coeur de la Colombie invisible : un immense maquis constellé de champs de coca, survolé nuit et jour par les avions et hélicoptères militaires, dont les pistes boueuses et les villages n'apparaissent pas sur les cartes. Qui sont les Farc ? Pourquoi, plus de vingt ans après la fin de la guerre froide, de jeunes paysans colombiens prennent-ils les armes au nom de l'idéologie communiste ? Comment ces hommes et ces femmes tapis dans la jungle ont-ils pu résister à la vaste campagne militaire menée par Bogotá et les États-Unis ? Une paix est-elle possible, dans ce pays ravagé par la corruption et l'économie de la drogue ?
    L'auteur alterne le récit de sa détention, succession de situations critiques et d'échanges parfois cocasses avec ses geôliers, avec des réflexions sur le journalisme de guerre et une analyse du conflit fratricide qui, depuis 50 ans, déchire la Colombie.

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