Grasset

  • La joueuse de go

    Sa Shan

    Parution : 5 Septembre 2001 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    1937. Alors que la Mandchourie est occupée par l'armée japonaise, une lycéenne de seize ans semble ignorer tranquillement la guerre, les cruautés, les privations. Mélancolique, seule telle « un rouleau de soie cramoisie enfermé au fond d'un coffre en bois », l'adolescente joue au Go. D'où tient-elle cette maîtrise ? Place des Mille Vents, la lycéenne s'amuse à mentir. Ses mains déplacent les pions sans jamais se tromper, les joueurs s'assoient en face d'elle à une table gravée en damier et la défient. Le Go est une esquive. Est-elle amoureuse de Min ou de Jing ? Sait-elle qu'ils aident tous deux à la résistance contre les japonais ? Entre les bras duquel des deux perd-elle une virginité fiévreuse ? Elle ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais, à peine plus âgé qu'elle, un samouraï de métal, sanglé dans le sacrifice nécessaire à la Patrie impérialiste qu'il défend. « Agir c'est mourir » pourrait-être la devise de ce puritain qui va chaque soir au bordel puisqu'il ne sait pas aimer autrement. Ils vont s'affronter le temps d'une partie quotidienne de Go, en silence, dans le bruit mat des pions déplacés. Ils s'aimeront - sans un geste - alors que la Chine périt sous les japonais qui tuent, pillent, torturent. Min a été fusillé et Jing avili jusqu'à devenir traître à sa cause, mendiant le pardon de la jeune chinoise. L'ambitieux roman de Shan Sa, loin d'être le chromo d'une Chine idéale, a l'impassibilité implacable d'une guerre feutrée. Sous le masque, la violence, la peur, le désir. Construit en une narration alternée, chacun prend la parole à son tour, le roman nous laisse pénétrer l'intimité des personnages. Ici la fureur de l'officier qui ne se reprend que trop tard. Ici la naïveté et le chagrin de la chinoise. Les phrases claquent telles la bannière d'un clan mandchou.

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  • Le goût des jeunes filles

    Dany Laferrière

    Parution : 25 Mai 2005 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Le Goût des jeunes filles est l'histoire d'un exilé haïtien à Miami qui se remémore son adolescence à Port-au-Prince. Et, de même qu'aux Etats-Unis il est entouré de femmes, telles ses deux tantes illettrées, aussi extravagantes qu'adorables, de même, à quinze ans, il rêvait en observant de sa fenêtre un groupe de jeunes filles de l'autre côté de la rue. Des rôdeuses, des moqueuses, des paresseuses, prostituées à l'occasion, des « fraîcheurs », comme il dit. C'est que, malgré la saleté, et la misère, elles lui semblaient éclatantes.
    Fanfan, c'est le nom de notre bien timide héros, rêve d'aller les retrouver dans leur maison : pour cela, il lui faudra traverser la rue, « le fleuve de la mort ». Un week-end dangereux l'attend. En compagnie d'un ami, il prendra tous les risques pour retrouver les sirènes sinueuses et séduisantes.
    Histoire de la conquête de la sensualité par un adolescent, Le Goût des jeunes filles est aussi la chronique de ces jeunes filles insolentes qui n'ont peur de rien. Elles vivent selon leurs propres lois et montrent ainsi, en creux, l'horreur de la dictature des « tontons macoutes » qui terrorisent Haïti. Et c'est elles qui, pour finir, donneront à Fanfan le goût de l'amour, de la poésie et de la révolte. Plus encore qu'un roman d'initiation, Le Goût des jeunes filles est un roman de libération.

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  • Origines

    Amin Maalouf

    Parution : 3 Mars 2004 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Jusqu'ici, Amin Maalouf avait seulement effleuré l'histoire véridique de sa propre famille ; de Léon l'Africain au Périple de Baldassare, en passant par Le Rocher de Tanios ou Les Echelles du Levant, tel ou tel épisode, plus ou moins transfiguré, de l'aventure des siens se trouvait ainsi exploré, ou « romancé ». Mais jamais il ne s'était décidé à en faire une relation exacte et méticuleuse. Avec ce livre, c'est l'inverse : au sommet de son art, serein, avide de son propre passé, il plonge dans sa généalogie, et cette immersion fascine par sa radicalité, par son ampleur.
    Car Amin Maalouf précise d'emblée que sa famille est sa seule patrie. Qu'il se sent l'obligé de ses origines et que celles-ci, plus que toute autre détermination, disent la vérité de son être. Chez les siens, en effet, on naît naturellement nomade, cosmopolite, polyglotte ; et c'est la famille, le lignage sacré, qui fonde l'identité diasporique des êtres qui, comme lui, vont, depuis le Liban, essaimer de par le monde.
    La trajectoire de ceux qui l'ont précédé, elle lui fut restituée, un jour, à la faveur d'une valise encombrée de papiers, de photographies, de traces. Et c'est en enquêteur obsessionnel, en archiviste des siens, qu'il s'y plonge à l'occasion d'un deuil : l'histoire des Maalouf, dans ce livre, commence au milieu de XIXème siècle, sur des terres montagneuses qui appartiennent alors à un Empire Ottoman en proie à ses ultimes convulsions, et qui va bientôt se désintégrer.
    Dans cette famille, on est tantôt mystique, tantôt franc-maçon. On aime le Liban mais on cultive la passion de l'exil. On célèbre les vertus du commerce, mais aussi celles de l'enseignement et des lettres. Un grand-oncle d'Amin, Gebrayel, choisira de partir pour Cuba, tandis que le frère de celui-ci, Botros, restera au Liban. Ces deux hommes - celui qui part, celui qui reste - résumeront à eux deux la fresque qui nous est ici contée, dans sa tension entre l'ici et l'ailleurs.
    L'auteur, piqué au jeu de son enquête, se plait alors à revisiter les secrets, les amours et les légendes de sa tribu. Il ira même jusqu'à Cuba pour y retrouver, dans une scène éblouissante, un lointain cousin égaré dans une société en pleine déliquescence castriste.
    Devant un tel livre, on ne peut qu'être ébloui par la façon dont Amin Maalouf s'est acquitté d'une tâche écrasante : le rendez-vous d'un grand écrivain avec la cohorte de fantômes qui l'ont fait tel qu'il est. Un rendez-vous de mots où l'anecdote, l'histoire et le roman se mêlent dans leur commune substance : l'émotion.

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  • Le périple de Baldassare

    Amin Maalouf

    Parution : 5 Avril 2000 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    "Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n est pas la soif charnelle d'un voyageur, c'est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j'ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore. Je suis trop orgueilleux pour parler d'hostilité d'humiliations, de rancoeur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes. Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale."
    Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence.
    Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus.
    Amin Maalouf a déjà publié six romans : Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier Siècle après Béatrice, Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993) et Les Echelles du Levant.

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  • Windows on the world

    Frédéric Beigbeder

    Parution : 20 Août 2003 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    « Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107ème étage de la Tour Nord du World Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8 h 30 et 10 h 29, c'est de l'inventer. »

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  • La dormition des amants

    Jacqueline Harpman

    Parution : 6 Mars 2002 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Jacqueline Harpman est psychanalyste. Elle vit à Bruxelles. Elle est l'auteur d'une dizaine de romans et a obtenu le prix Médicis ex-aequo, en 1996, pour Orlanda.


    L'histoire se situe au début d'un dix-septième siècle imaginaire, entre Maria Conception, infante d'Espagne et reine de France, et Girolamo, le narrateur.
    Girolamo a huit ans lorsqu'il arrive à la cour d'Espagne, rescapé d'un bateau d'esclaves, offert au roi Carlos. Il a été castré, et, gravement malade, il ne survivra que par amour pour la petite princesse qui s'éprend de lui et le soigne.
    Maria Conception a été élevée par un père ambitieux qui souhaite ardemment que sa fille accède au pouvoir. A quinze ans, formée par les meilleurs professeurs dans toutes les disciplines, elle devient l'épouse d'Edouard, roi de France et arrive à la Cour, bien décidée à conquérir le pouvoir dont son père lui a donné le goût. Elle y parviendra, à force d'audace et d'intelligence, soutenue par Girolamo qui ne la quitte jamais. Nous la verrons s'initier aux finances d'un royaume à demi ruiné par les guerres de religions, sauver une femme en couches, affranchir et anoblir Girolamo, soutenir une guerre de ses deniers et, le moment venu, elle fera abroger la loi salique pour devenir la reine aux deux couronnes - France et Espagne -, tout cela dans un foisonnement de personnages et d'événements.
    Maria ne tient aucun compte des restrictions que les usages lui imposent : instruite, elle se sert de son savoir pour atteindre ses objectifs dont le premier est d'unifier une Europe déchirée par les guerres. En parallèle à ce récit galopant, un autre récit se déroule, celui de l'amour absolu mais impossible qui unit la reine et son esclave. Ces deux amants qui ne seront jamais amants trouvent une place pour leur passion forcément chaste. Au coeur des nuits, ils dorment enlacés, dans un mélange déchirant de bonheur et de désespoir, corps qui s'étreignent sans pouvoir se prendre. Girolamo soutient tous les projets de Maria Conception et l'accompagnera jusqu'au bout pour mourir à ses côtés et entrer avec elle dans la longue dormition des amants.

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  • L'amour de loin

    Amin Maalouf

    Parution : 2 Novembre 2001 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Amin Maalouf est né au Liban en 1949. Il vit en France depuis 1976. Ses livres sont traduits dans plus de 27 langues. Il a publié Les Croisades vues par les Arabes, Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier siècle après Béatrice (Grasset, 1992), Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993), Les Échelles du Levant (Grasset, 1996), Les identités meurtrières (Grasset, 1998) et Le Périple de Baldassare (Grasset, 2000).

    Le Livre:
    L'amour de loin, opéra en cinq actes de Kaika Saariaho sur un livret original d'Amin Maalouf, a été créé en août 2000 à Salzbourg, et sera repris en novembre 2001 au Théâtre du Châtelet.
    Au XIIème siècle, en Aquitaine Jaufré Rudel, prince de Blaye, s'est lassé de la vie de plaisirs des jeunes gens de son rang. Il aspire à un amour différent, lointain, qu'il s'est résigné à ne jamais voir satisfait. Ses anciens compagnons, en choeur, lui reprochent ce changement et le moquent. Ils lui disent que la femme qu'il chante n'existe pas. Mais un pèlerin, arrivé d'Outremer, affirme qu'une telle femme existe, et qu'il l'a rencontrée. Jaufré ne pensera plus qu'à elle.
    Reparti en Orient, le pèlerin rencontre Clémence, la comtesse de Tripoli, et lui avoue qu'en occident, un prince-troubadour la célèbre dans ses chansons en l'appelant son « amour de loin ». D'abord offusquée, la dame se met à rêver de cet amoureux étrange et lointain. Mais elle se demande aussi si elle mérite une telle dévotion.
    Revenu à Blaye, le pèlerin rencontre Jaufré et lui avoue que la dame sait désormais qu'il la chante. Ce qui décide le troubadour à se rendre en personne auprès d'elle. Clémence, de son côté, semble préférer que leur relation demeure lointaine. Elle ne veut pas vivre dans l'attente et ne veut pas souffrir.
    Parti en mer, Jaufré est impatient de retrouver son « amour de loin », mais il redoute cette rencontre. Il regrette d'être parti sur un coup de tête, et son angoisse est telle qu'il en tombe malade, de plus en plus malade à mesure qu'il approche de Tripoli.
    Quand le bateau accoste, le pèlerin prévient Clémence que Jaufré est là et qu'il va au plus mal. Le troubadour arrive à la Citadelle de Tripoli inconscient, porté sur une civière. En présence de la femme qu'il a chantée, il reprend peu à peu ses esprits. Les deux « amants de loin » se rencontrent, et l'approche du malheur leur fait brûler les étapes.

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  • La petite robe de Paul

    Philippe Grimbert

    Parution : 22 Août 2001 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Philippe Grimbert est psychanalyste. Il vit à Paris. Il a déjà publié trois ouvrages de non-fiction : Psychanalyse de la chanson (éditions des Belles-Lettres, 1996), Pas de fumée sans Freud (éditions Armand Colin, 1999) et Evitez le divan (éditions Hachette Littérature, 2001). La Petite robe de Paul est son premier roman.

    Alors qu'il se promène dans un quartier de Paris qui n'est pas le sien, Paul, la cinquantaine, marié, est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche de fillette, exposée dans la vitrine d'un magasin. Cet innocent vêtement dont il fait l'acquisition va se trouver à l'origine d'un véritable drame, précipitant ses acteurs aux limites de la déraison et de la mort. Dans la vie tranquille de Paul, cet achat impulsif, apparemment anodin, produit des effets dévastateurs au point d'amener Paul et sa femme Irène au bord du gouffre. De fil en aiguille, d'un petit mensonge par omission au réveil des vieux démons, la trame d'un couple superficiellement uni va s'user jusqu'à la corde.
    Ce couple sans histoires, mais pas sans histoire, confronté au réveil de ses blessures secrètes, va faire l'expérience des ravages provoqués par l'irruption de cet objet dans leur univers feutré, qui les conduira à revivre les moments les plus douloureux de leur existence.

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  • Le cosmonaute

    Philippe Jaenada

    Parution : 4 Septembre 2002 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Quand Hector a rencontré Pimprenelle, elle était « la femme la plus légère de la création, une fille irrésistible et seule ». Célibataire endurci, drageur compulsif, pilier de comptoir, piéton de Paris aux activités souvent floues, tantôt détective, tantôt pigiste travaillant la nuit pour la presse « people », Hector accepte de changer de vie par amour. Comme dans un conte moderne, ils emménagent ensemble, ils ne cessent plus de faire l'amour, ils ont un enfant, Oscar. Mais c'est une autre femme, une Pimprenelle maniaque jusqu'à l'obsession, une psychopathe du rangement et de l'autorité qu'Hector retrouve, telle une Gorgone, en face de lui. « C'est risible à dire, j'ai honte de sombrer là-dedans, mais elle m'a trahi ».
    Au-delà de la querelle de couple, de l'affrontement sur le ring du quotidien, ce qui retient le lecteur, dans le roman le plus maîtrisé de Philippe Jaenada, c'est ce comique désespéré, cet humour sombre, nerveux, fantasque, tout en digressions, en incises. On assistera à un accouchement « en direct » où le père dépassé, prend l'apparence de Hugh Grant ; à la course d'un cheval aveugle qui galope pour trouver une mort certaine ; à la déchéance d'un homme, qui fut libre autrefois, et n'a plus pour compagnie que les conversations des anonymes, des bouts de phrases, des solitudes qui se mêlent à la sienne. Il lui reste la fuite, « comme un cosmonaute, avec l'espace infini autour »...

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  • Tout sur mon frère

    Karine Tuil

    Parution : 27 Août 2003 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Deux frères la trentaine passée, issus d'une même famille de la petite bourgeoisie, père traducteur de l'espagnol, mère enseignante, Arno et Vincent, pareillement élevés dans la religion du Livre, le respect des mots, sans vanité ni ambition : pourtant tout les oppose. Vincent, désormais « trader » indifférent jusqu'au cynisme, amateur de chaussures féminines jusqu'au fétichisme, adore les signes extérieurs de la réussite, les objets onéreux, les amours tarifés. Il se présente ainsi : « j'étais un polygame contrarié, bientôt père ». Arno, le frère aîné, l'autorité de tutelle malgré sa pauvreté, est devenu écrivain, réservant aux lecteurs de ses deux livres (Le Tribunal conjugal et Le Tribunal familial) la primeur de tous les vices de Vincent, ses frasques, ses liaisons, son caractère odieux. Arno est l'espion, le délateur, le juge : les frères ennemis ne se parlent plus que par avocat interposé mais continuent de se détester. « Je ne savais pas rompre avec mon frère » dit Vincent. Jusqu'au jour où la maladie neuronale de leur père, sa réification progressive, ne les incite à renouer l'impossible dialogue au chevet d'un homme jadis voué à la langue qui ne parvient plus à assembler les mots. C'est alors comme s'ils perdaient dans le labyrinthe névrotique de leurs émotions d'enfants, que le financier en apparence insensible découvre bien des choses : la vraie nature de son frère ; le visage inconnu de son père ; de quoi sont capables les femmes quand elles souffrent ; ses propres sentiments pour une brune espagnole surgie du passé. A moins que tout ne soit que littérature !
    Alternant le ton d'un comique sans illusions qui montre les humains menés par leurs vices, le sexe et l'argent, avec l'écriture d'une tragédie familiale aux secrets émouvants, détournant pour mieux s'en moquer les codes de l'autofiction, Karine Tuil a composé un fort habile livre-gigogne, tout en dévoilements et en fausses surprises : une sorte de suspense familial, où nul n'est gardien de son frère, et qui puise sa force au plus profond de la haine et de l'amour.

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  • Mer rouge

    Henry de Monfreid

    Parution : 3 Avril 2002 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Une sélection des plus grands succès d'Henry de Monfreid, tant du point de vue commercial que littéraire. Les titres phares sont :

    Les secrets de la mer rouge
    La croisière du Haschich
    La cargaison enchantée
    Abdi, l'homme a la main coupée
    L'enfant sauvage

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  • L'absent

    Patrick Rambaud

    Parution : 20 Août 2003 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    « Après La Bataille, après Il neigeait, voici le troisième volet de ma fin d'Empire. Cette fois, je vous emmène en 1814. L'Europe envahit la France pour abattre Napoléon. Paris est assiégée, ses habitants voient apparaître des Cosaques entre les moulins de Montmartre. Nous suivons Octave, un agent impérial qui infiltre les milieux royalistes : réunis dans un Comité, des conjurés préparent en effet le retour des Bourbons. La capitale est bientôt investie, les armées étrangères défilent sur les Grands boulevards, et Octave se retrouve dans une situation trouble : les royalistes l'envoient espionner Napoléon, reclus à Fontainebleau, quand à Paris il espionnait les royalistes pour Napoléon. Il restera cependant fidèle à l'Empire, profitant de son rôle pour intoxiquer le nouveau gouvernement de Louis XVIII. Après bien des péripéties, ce témoin privilégié va assister à l'abandon des maréchaux, à la tentative de suicide de l'Empereur, à son abdication forcée, et il le suivra en exil à l'Ile d'Elbe, un rocher au large de la Toscane.
    Comment un homme qui a gouverné un continent peut-il supporter de régenter une sous-préfecture ? Il est entouré d'agents secrets et d'assassins, on vient le visiter de toute l'Europe comme un animal de zoo, il a peur, il joue, il déprime, il rêve, se maquille en arlequin pour un bal masqué que donne sa soeur Pauline, organise une Cour de pacotille. Pour la première fois, la seule de son aventure, l'Empereur devient humain. Cet épisode de l'île d'Elbe nous permet de le voir de près.
    En France, le soir dans les casernes, ses anciens soldats souhaitent son retour. Ils trinquent à l'Absent. »
    P.R.

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  • Podium

    Yann Moix

    Parution : 21 Janvier 2004 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Pour ce quatrième roman, Yann Moix a choisi d'explorer une époque, la nôtre, où la question n'est plus, comme au temps de Hamlet, « Etre ou ne pas être », mais : « être célèbre ou ne pas l'être ». Oui, la célébrité, le désir de célébrité sont bien, avec leurs conséquences : « qui suis-je ? », ou « n'aurais-je pas intérêt à être un autre ? » - les vrais sujets de ce roman insensé.
    L'histoire ? C'est celle d'un pauvre gars, Bernard Frédérique, qui décide d'être célèbre en devenant un sosie de Claude François. Avec son imprésario, un certain Couscous, et avec sa troupe de « Bernadettes », il va ainsi vivre son « identité de sosie ». Cloclo est son dieu - pourquoi n'en serait-il pas, lui, le prophète ?
    On pénètre alors dans l'univers minable et touchant des fans, des mystiques d'Alexandrie, Alexandra, des intégristes de Comme d'habitude, des paumés qui n'en finissent pas de revivre la « geste claudienne », avec ses vestes frangées et ses pantalons patte-d'éph Dans ce monde bizarre - où l'on croise des sosies de Sardou, de Johnny, d'Elvis, etc - personne ne sait, au fond, qui il est. On usurpe une identité pour exister un peu, entre des concerts à Euromarché et des virées sordides sur un parking d'autoroute... Yann Moix joue ici sur tous les registres : drôlerie (son héros invente une véritable langue hilarante), mélancolie (que sont nos années yé-yé devenues ?), érudition (Moix n'a pas son pareil pour évoquer tel concert live ou la biographie d'un guitariste de troisième ordre) et même religion (après tout, Cloclo est un dieu, son sosie se vit comme un Christ, et son impresario, Couscous, ressemble à Saint Jean-Baptiste). On aura compris que, derrière cette fable de clones, de cloclones, Yann Moix raconte drôlement une histoire bien sérieuse...

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  • Farrago

    Yann Apperry

    Parution : 3 Septembre 2003 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Homer Idlewilde, vagabond de toujours, traîne ses rêves et ses questions d'un bout à l'autre du comté de Farrago, une bourgade perdue de la Californie du Nord. De temps à autre, il aide le shériff à retrouver les habitants et les animaux égarés dans les collines. Ses compagnons ont pour noms Elijah, Duke, Fausto et Ophélia, des marginaux, comme lui.
    Elijah, qui a hérité de sa grand-mère une maison et un étrange désordre psychique annonce depuis des années l'ouverture de sa forge mais ne passe jamais à l'acte.
    Duke, depuis son illumination au milieu d'un champ, a quitté le ranch où il trimait pour s'installer dans la décharge de Farrago et mener une vie de seigneur sans le sou. Borgne et boîteux, il prétend voir une mystérieuse lumière, « partout et nulle part », et, passe auprès des habitants pour une espèce de saint.
    Fausto, l'épicier, est, quant à lui, considéré comme un sage, d'abord par Homer, mais aussi par un grand nombre de villageois et d'étrangers de passage.
    Ophélia, enfin, ouvrière du bordel local, est une jeune femme capricieuse et altière. Elle a des aspirations hollywoodiennes et aime en secret le dernier des bons à rien du coin, Homer Idlewilde.
    Homer, aux premières pages de ce livre dont il est l'auteur, est loin de se douter qu'il va se retrouver précipité dans une vaste odyssée amoureuse. C'est à Fausto, son ami épicier, qu'il doit de se lancer, en toute inconscience, dans l'aventure de sa propre vie. Une nuit en effet, Fausto décrit à Homer sa triste histoire et lui enseigne la signification du destin. A la faveur d'une étoile filante, Homer murmure alors : « Je souhaite avoir un destin. »
    La vie le prend au mot, et soudain, Homer, va goûter aux émotions les plus fortes comme aux plaisirs les plus doux : son amour pour Ophélia va se déclarer, ses désirs de gloire trouver un exutoire. Au terme de son voyage il saura que le destin est peut-être juste bon à raconter des histoires.

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  • La consolation des voyages

    Jean-Luc Coatalem

    Parution : 3 Mars 2004 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Enfant en Polynésie, adolescent à Madagascar, puis locataire à l'année d'une chambre d'hôtel parisien, Jean-Luc Coatalem a toujours aimé les voyages, fussent-ils immobiles. Devenu journaliste, il a aussi sillonné le monde, happé par un désir de voir autant que par une furieuse envie d'échapper, de recommencer.
    Ce récit faussement autobiographique, qui oscille entre humour et poésie, propose, au-delà d'un éloge du déplacement et de la découverte, une quête de ces hautes clairières où se mêlent le réel et l'imaginaire. Le Pékin mystérieux de Victor Segalen, les Marquises sublimées de Stevenson, l'île de Robinson, la Bretagne immémoriale et l'improbable rocher de Pitcairn, l'histoire d'une graine magique ou d'un aïeul subjugué par l'Indochine, autant de pistes et de traces que remonte notre auteur. Ici, la lumière d'une rencontre au hasard d'un chemin d'Ombrie ; là, dans un taxi goanais qui brimbale, le charme d'une jeune indienne entrevue. Là encore, une navigation hypnotique vers le grand Nord et ses bleus icebergs.
    Mais ce récit joue admirablement avec les illusions, les chausses-trappes, les feintes et les déceptions du déplacement : le leurre du voyage.
    L'ailleurs devient systématiquement un ici dès que l'on y a posé le pied. Où est donc, dès lors, le vrai voyage ? Où commence le bout du monde ? Où aller pour se perdre ?
    Sous la plume de Coatalem, chaque aller-retour devient un multiplicateur de soi. Chaque aventure, une autre facette du même voyageur, révélé autant que consolé par la géographie. Avec son récit ému, Jean-Luc Coatalem signe un surprenant anti-guide de voyage.

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  • La guerre d'Indochine ; l'enlisement, l'humiliation, l'aventure

    Lucien Bodard

    Parution : 5 Novembre 1997 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Les trois volumes de La Guerre d'Indochine, pour la première fois réunis en un seul volume. Lucien Bodard balaie en près de mille deux cents pages quinze années tragiques où se mêlent l'espoir et les larmes. Parce qu'il a croisé les acteurs de cette guerre, il les fait revivre avec force : Giap, de Lattre, Bao Dai et les autres. C'est le récit d'un auteur qui a vécu son sujet, qui sait les dangers de la jungle, la fraîcheur des hauts plateaux. Et il y a ces lieux, oubliés parfois, Dien Bien Phu, bien sûr, mais aussi Vinh Yen, Lang Son, Cao Bang, la R.C.4... Lieux amers et drôles. Qui se souvient du Saïgon des bandits, des piastres et des jeux, cité de jouissance célèbre dans tout l'Orient ? De l'aventure à l'humiliation, des jours tendres aux pluies cruelles, voici l'histoire d'une guerre, l'histoire de deux pays, passion désordonnée et proche où notre innocence s'est perdue.

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  • Theatre complet

    René de Obaldia

    Parution : 24 Octobre 2001 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    René de Obaldia, poète, romancier, dramaturge, citoyen d'honneur de Waterloo, a été reçu à l'Académie française en juin 2000. Son oeuvre théâtrale est jouée dans le monde entier. Le tome VIII de son Théâtre a paru chez Grasset en juin 2000.

    Le Livre :
    " Interprété par les plus grands acteurs sur les scènes parisiennes et étrangères comme par de nombreuses troupes d'amateurs, joué aussi bien chez les sapeurs pompiers que dans les hôpitaux, les usines, les foyers ruraux, les prisons, les lycées, les maisons de la culture, les casernes, les salles des fêtes municipales, les couvents, que chez les malades mentaux ou à l'Elysée (Deux femmes pour un fantôme, comédie psychosomatique, fut représentée devant Georges Pompidou et les membres du Parlement), René de Obaldia, sans pour autant s'encombrer de théories, ne nous offre-t-il pas un théâtre populaire ?
    Dans maints anthologies, dictionnaires et encyclopédies où il figure d'abondance, c'est toujours la profonde singularité de l'auteur dramatique et du romancier qui est soulignée. Une oeuvre qui compte parmi les plus originales et les plus savoureuses de notre temps ".
    (dictionnaire de littérature française contemporaine)

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  • Souviens-toi de palmyre

    Myriam Antaki

    Parution : 4 Juin 2003 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    En 267 de notre ère, à la mort d'Odenath son époux, la jeune Zénobie assure pour son fils Wahballat la régence du royaume de Palmyre, oasis opulente du désert syrien, cité de culture et de commerce dont les caravanes prospèrent de l'Inde à la Méditerranée. Profitant des difficultés d'une puissance romaine mise à mal par les conquêtes de Sapor, roi des Perses, Zénobie refuse la tutelle de Rome. Menant armées et alliés avec l'ambition des plus grands conquérants et l'intelligence des plus grands stratèges, elle conquiert rapidement l'Egypte et l'Asie mineure, créant un empire qui étend sa domination sur tout l'Orient... Elle n'a pas vingt-huit ans.
    Pourtant, au faîte de sa gloire, la reine languit en secret, hantée par l'image de Zabbaï, fidèle général mais amant dédaigneux. Zénobie multiplie les victoires, et tente en vain d'éteindre un feu par un autre. « Un voile invisible flottait autour de moi, souvenir d'une étreinte, qui me faisait vivre et m'épuisait. J'allai remplacer cette absence par une démesure pour plaire et étonner. Rome perdrait un Orient où elle puisait sa nourriture, ses tissus d'or, et le songe de ses dieux. »
    Lorsque le nouvel empereur Aurélien, inquiet de cette puissance rivale, assiège et détruit Palmyre, Zénobie, désormais reine déchue, captive humiliée, en pleine jeunesse et déjà au seuil de la mort, se souvient...
    Myriam Antaki prête sa plume à un personnage étonnant, étrangement méconnu : une épopée aux accents poétiques, où la lumière des paysages de sables rivalise avec le faste des costumes orientaux, où les grands fleuves, du Nil à l'Euphrate, résonnent des tumultes de la guerre.

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  • Ainsi soient-elles

    Benoîte Groult

    Parution : 1 Octobre 2003 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    " Il n'est pas inutile, après vingt-cinq ans, d'analyser la place d'Ainsi soit-elle. C'est bien, je crois, parce qu'il a eu une fonction dans le féminisme contemporain, une place à part. L'une des fonctions essentielles de ce livre, pour toute une génération, est sans doute d'avoir été un pont entre les jeunes féministes et leurs mères. Leurs mères, même si elles étaient bienveillantes avec leurs filles, étaient souvent déroutées, dans les années soixante-dix, par leurs filles militantes. Par leur radicalité, la mixité, une certaine forme de violence qui paraissait nécessaire à beaucoup, mais certainement pas aux mères. Et soudain, avec Ainsi soit-elle, une femme de leur âge prenait la parole, une femme qui avait elle-même des filles. Et elle leur racontait son histoire qui était souvent la leur, ou une partie de la leur. Et elle leur disait non seulement de regarder le féminisme avec intérêt, mais de rejoindre elles-mêmes le combat, de toute urgence. "
    Josyane Savigneau.

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  • Etrangers dans la nuit

    Marc Lambron

    Parution : 29 Août 2001 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Rome 1960. C'est dans le décor de la Dolce Vita que Tina White, beauté américaine au casque de cheveux blonds, ensorcelle les hommes. Le reporter Jacques Carrère l'aime follement à travers les nuits d'été. Mais connaît-il le vrai visage de la femme qui le hante ? Actrice de Cinecitta ou masque tragique ? Pionnière de la drogue ? Tina, reine des énigmes, disparaît aussi vite qu'elle était entrée dans sa vie.
    New York, 1966. Tina, muse sous amphétamines, est devenue l'une des égéries d'Andy Warhol, le sphinx argenté de la Factory, le minotaure dans sa caverne. Elle agit en somnambule, possédée par le démon des années pop. Faut-il la fuir ou se damner avec elle dans le tumulte d'un impossible amour ? Doit-il céder à la passion de Kate, intellectuelle engagée ? Pourquoi ces deux femmes se ressemblent-elles tant ? Soeurs ou sosies ?
    Vietnam, 1967. Kate entraîne Jacques dans la guerre, au coeur de la jungle et des ténèbres, qu'ils franchissent ensemble telle une dernière épreuve sacrificielle.
    Pendant les années soixante, les hippies voulaient le bonheur tout de suite. Ce fut Apocalypse now et la pluie de napalm. Ecrit avec une puissance incomparable, Etrangers dans la nuit est la fresque de ce dernier âge lyrique, comme un adieu à l'innocence. Une femme aux deux visages nous guide et nous perd de l'autre côté du miroir : la frénésie de la guerre, l'enfer des drogues, l'utopie colorée des sixties.

    Marc Lambron est l'auteur, entre autres, de L'oeil du silence (Prix Femina 1993) et chez Grasset de 1941.

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  • L'influence de l'argent sur les histoires d'amour

    Christophe Donner

    Parution : 3 Novembre 2004 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    « Les chevaux ne sourient pas, mais Karma des Êtres avait une sorte de sourire, c'était dans son allure, ce petit trot déhanché, avec une souplesse que je qualifierais de malicieuse... Je suis descendu jouer parce que j'en étais sûr, j'avais en moi cette densité de conviction qui ne me trompe jamais. »
    Christophe est doublement amoureux : d'abord de sa femme, Lucia, à qui il a irréalistement promis d'offrir un coûteux manteau vert pâle avec un col de vison, mais aussi d'un cheval, un trotteur malhabile, taillé en "fer à repasser", nommé Karma des Êtres, en qui personne ne croit, sauf Christophe. Miracle de l'amour ? Comment acheter un manteau de 3000 euros quand on n'a pas le premier sou ? En conciliant le hasard du jeu et la puissance de la conviction ? Et si la passion était aveugle ?
    Le récit de Christophe Donner, dont on sait qu'il est un amateur de courses et de chevaux, est une fable réaliste sur l'argent autant qu'une comédie menée au trot enlevé où les parieurs exaltés, les lecteurs de Paris-Turf, et les promeneurs des hippodromes ont tous le même rêve : gagner, enfin !


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  • Ainsi soit-elle ; ainsi soient-elles au XXI siècle

    Benoîte Groult

    Parution : 1 Mars 2000 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    "A toutes celles qui vivent dans l'illusion que l'égalité est acquise et que l'Histoire ne revient pas en arrière, je voudrais dire que rien n'est plus précaire que les droits des femmes.
    A celles qui ne regardent ni derrière elles ni autour, je voudrais rappeler que les Allemandes de l'Est par exemple ont perdu, à la chute du mur de Berlin, des droits qu'elles croyaient acquis pour toujours. Que les Algériennes, les Iraniennes, les Afghanes et tant d'autres, qui avaient goûté aux premiers fruits de la liberté, ont disparu, du jour au lendemain, sous un voile de silence. Aux Française je rappelle que l'on déplore encore 220 000 avortements en 1999.
    A celles enfin qui font confiance aux hommes au pouvoir pour que les choses s'arrangent peu à peu, je voudrais citer une phrase de Virginia Woolf : "L'histoire de la résistance des hommes à l'émancipation des femmes." Si elles ne défendent pas elles-mêmes les droits conquis par leurs mères, personne ne le fera pour elles.
    La condition des femmes ne va pas en s'améliorant dans le monde, contrairement à ce qu'il est reposant de croire. Les hommes sont des analphabètes du féminisme, on le sait. Mais les femmes le sont à peine moins.
    C'est pourquoi il n'est jamais trop tard pour lire un livre féministe. Ni trop tôt. Ils n'ont hélas pas pris une ride depuis 25 ans."
    Benoîte Groult est romancière et essayiste, jurée du Prix Femina. Elle a écrit, entre autres : Le Journal à quatre mains, avec sa soeur Flora, les Trois Quarts du temps, les Vaisseaux du coeur (Grasset, 1988).

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  • La conjuration

    Dominique Baudis

    Parution : 3 Mai 2001 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse, est aujourd'hui Président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Avec ce troisième roman, il clôt sa trilogie consacrée aux « Raimond » (l'aïeul de Raimond de Tripoli, Raimond de Saint-Gilles, mort brûlé vif, est le héros de Raimond d'Orient ; le cousin de Raimond de Tripoli, Raimond VI, est celui de Raimond le Cathare).
    « Je suis impatiente de te voir mort » : telles sont les dernières paroles qu'entendra le Roi Amaury I, chuchotées à son oreille par la « putain du royaume », Agnès, sa première épouse répudiée. Nous sommes les 11 juillet 1174 et le royaume de Jérusalem, fondé par les Croisés en Terre Sainte, entre dans une décennie de décadence qui prélude à sa chute.
    Baudoin, le fils d'Amaury et d'Agnès, n'a que quatorze ans à la mort de son père : l'enfant-roi, lépreux, « déchiré entre le Bien et sa mère », va se décomposer à l'image de son Royaume. D'un côté, le sage chancelier Guillaume de Tyr et le régent Raimond, comte de Tripoli et seigneur de Tibériade, Franc orientalisé instruit des grandeurs de l'Islam, qui ont avec eux la plupart des seigneurs chrétiens descendants des familles établies en Terre Sainte depuis l'arrivée des premiers croisés.
    De l'autre, une reine-mère nymphomane qui collectionne les amants et les propulse aux plus hautes fonctions, tissant le fil de la conjuration qui emprisonne peu à peu son fils ; un patriarche de l'église débauché et cupide ; un seigneur torturé dans les geôles d'Alep devenu fou sanguinaire ; une princesse intrigante et lascive ; un chambellan lâche et perfide ; un grand maître des Templiers ivre de vengeance...
    Pendant qu'au royaume de Jérusalem se déchirent clans et factions, Saladin rassemble autour de lui le monde musulman pour la Guerre Sainte.

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  • La melancolie des innocents

    Milovanoff J-P.

    Parution : 4 Septembre 2002 - Entrée pnb : 27 Avril 2016

    Pour Victorin Jouve, le chasseur d'histoires, le rêveur immobile de Solignargues, « toucher du bout des doigts la vieille pastière des vendanges qui garde encore l'odeur du moût aigre, c'est comme traverser le Takla-Makan pour un homme en bonne santé ». Cloué à son fauteuil d'invalide, avec pour interlocuteur un jeune journaliste (Sacha Milanoff !), Victorin n'a d'autre projet que de raconter la vie des morts : sa propre famille imaginée, laissée dans l'ombre, faite « des chimères, des rêves de chaque nuit qui se défont inexplicablement avant le jour ». Commence alors un long « travelling arrière » depuis le dernier quart du dix-neuvième siècle jusqu'à l'an 2000.
    Impossible de tout narrer de ce qui fait la densité lumineuse de cette saga des Innocents, ces enfants joueurs et mélancoliques, ces fragiles qui trébuchent dans la cour du Mas des Turcs, dans la lumière des heures chaudes. Voici Saturnin, le fondateur de la lignée, ancien voleur de chevaux et pourvoyeur de plaisirs, dont les copies de statues monumentales seront brisées par sa veuve, encore jeune. Voici Baptistine, qui fut la plus belle femme d'Istanbul, quittant le Bosphore pour le Languedoc, et rachetant la propriété de Solignargues, rebaptisée le Mas des Turcs. Voici sa fille Rosalie, dont la robe blanche à double rangée de boutons est bientôt défaite, « avec une adresse d'écosseur de pois », par Paulin le photographe, aussi bonimenteur que mystérieux, et qui lui fera un enfant - la mère du narrateur. Voici Léonce, l'oncle du narrateur, suspendu à son arbre par des miliciens, et qui n'en descendra, brisé, que pour rejoindre les abeilles que cet apiculteur un peu idiot caresse des heures durant.
    Comme un cliché sépia qui s'anime, comme une dernière photographie avant l'oubli, cette vraie-fausse chronique familiale - où le narrateur invente volontiers, doué d'une exubérance parfois amère - tisse tous les destins ensemble. Jean-Pierre Milovanoff, en son Languedoc, a écrit une oeuvre ample, chaude et pleine d'humanité, de tendresse, mais aussi d'ironie sombre, que caresse le vent de l'Histoire.

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