La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Les Maîtres de la langue

    Collectif

    Parution : 31 Décembre 1978 - Entrée pnb : 18 Février 2016

    Imaginez. Imaginez l'académicien qui pose un petit mouchoir blanc en pochette, et l'autre, le militant communiste, bras coupé, qui plie la manche de sa veste. Et puis, imaginez, se faisant la barbe, celui dont la moustache est en train de devenir historique. Imaginez leur mort : Marr (1864-1934), dans le travail reconnu ; Polivanov (1891-1938), loin, très loin, tout au bout des fusils ; et Staline (1879-1953), seul, entre les quatre parois d'une muraille. Imaginez ce que peut être cette histoire de linguistique, qui est une histoire de nations et de rêves, une histoire de peuples et de lutte de classes. Imaginez le stalinisme, toujours nommé, quelque part pointé, fuyant par tous les bouts et dont on vient depuis peu, ici, de réaliser à quel point il est lié à cette formidable question des nationalités et des langues. Imaginez ce livre-ci, de linguistique, de politique, d'histoire, avec ses trois protagonistes montrés, traduits pour la première fois en France dans ce domaine, y compris le texte de Staline, dont la retraduction est une manière de découverte. Imaginez les masses qu'il met à jour. Imaginez ce que nous avons essayé d'imaginer.

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  • Lors du procès monté à Leipzig en 1933, le révolutionnaire bulgare Georges Dimitrov, l'un des dirigeants de l'Internationale Communiste, est accusé par les nazis de l'incendie du Reichstag. La machination s'effondre. L'accusé devient l'accusateur. Dimitrov ne joue pas le jeu de l'ordre juridique. Il développe une stratégie de détournement politique. Le prétoire n'est plus le centre d'une compétition, d'un « duel » ou le lieu d'une « preuve ». Ce prologue en forme de parabole introduit à la conception d'une politique de la psychanalyse dont l'enseignement lacanien est, en France, le seul fondement. A travers trois scissions (1953, 1964, 1968-1969), cet enseignement fait de paradoxes qui sont des contradictions, cherche à produire son histoire : celle des « erreurs » d'un mouvement, celle de la « vérité » d'une découverte. Avec le «  Mathème  », issu du séminaire de 1970 (« L'envers de la psychanalyse »), une tendance logicienne s'y fait jour qui risque de réinscrire la psychanalyse dans le champ des sciences humaines, du néo-positivisme et du discours psychiatrique. La réflexion ici proposée trouve son objet dans l'étude critique de ces positions. Elle se poursuit par l'analyse du mouvement anti-psychiatrique dont Maud Mannoni critique l'empirisme et dont Thomas Szasz, dès 1954, avait promu, aux U.S.A., le discours jusqu'à oublier l'essentiel de Freud, l'inconscient, en préférant le Droit à la Politique. Enfin, l'utopie pédagogique trouve ici une mise en cause à travers l'expérience de la poésie des enfants dans l'institution scolaire. La psychanalyse est une pratique. Elle met en oeuvre une politique qui s'appuie sur la découverte de Freud : « Le moi n'est plus maître en sa demeure. » Une politique issue de sa propre recherche et que seules sa pratique et sa théorie mettent en situation dans la lutte des classes, à l'opposé d'une « politisation » commandée par le militantisme. E.R.

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