Publie.net

  • André Gide, les Faux-Monnayeurs ; relectures

    Baty-Delalande H.

    Parution : 11 Février 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Roman carrefour, roman indémodable, à la transition du symbolisme vers le moderne, expérimentation essentielle à l'aube du XXe siècle, on n'en pas fini avec Les Faux-Monnayeurs. Récit proliférant, greffe de personnages, fiction par ellipse, mises en abîme, tout ce qu'on décrypte ici vaut pour l'expérience d'écrire aujourd'hui. Sous la direction d'Hélène Baty-Delalande (Paris VII/Cerilac), huit chercheurs en explorent la poétique et les signes, enfin la figure même d'André Gide parmi nous.

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  • Lectures digitales

    Ouvrage Collectif

    Parution : 30 Décembre 2015 - Entrée pnb : 30 Décembre 2015

    Les pratiques de lecture évoluent. En matière de lecture numérique, les nouveaux outils induisent toujours de nouveaux usages et de nouvelles possibilités. En quoi lit-on différemment sur un outil nomade et connecté (smartphone, tablette, liseuse) ? Qu'y lit-on précisément ? Comment les auteurs, les éditeurs, les chercheurs, les lecteurs appréhendent-ils ces outils ? Quelles nouvelles formes sont développées sur ces supports et comment sont-elles reçues ?Rassemblées au sein de ce livre, chacune dans son domaine, arts ou recherche, dix contributions tentent d'explorer les champs ouverts par ces interrogations.Cet ouvrage est le résultat d'un travail pédagogique mené au sein du master « Livres et médiations » de l'Université de Poitiers ; Morgane Bellier, Mylène Contival, Alicia Ferjoux, Yang Dong, Allison Guignepain, François Martinez, Manon Picard, Célia Rivard et Barbora Rulakova ont ainsi participé à l'ensemble de l'organisation des journées d'études et professionnelles des 13 et 14 juin 2014, organisées en partenariat avec le Centre du Livre et de la Lecture en Poitou-Charentes, la médiathèque de Poitiers et avec le soutien du Laboratoire FoReLL, et de l'UFR Lettres et Langues de l'Université de Poitiers.

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  • Lire+Écrire

    Ouvrage Collectif

    Parution : 15 Mars 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [lire+écrire] est un livre numérique sur le livre numérique qui articule réflexions (contributions d'auteurs ouvrant des perspectives depuis le point de vue du designer, de l'artiste, de l'enseignant-chercheur, du juriste-bibliothécaire, du médiateur du livre et critique littéraire) et « recettes » pratiques (retour d'expérience avec consignes et fragments d'atelier d'écritures numériques en écho aux contributions proposées).[lire+écrire] est un partenariat entre la région des Pays de la Loire et l'éditeur publie.net. Cet ouvrage collectif est né des rencontres, réflexions et pratiques issues du cycle et du blog [lire+écrire]numérique conçus et animés en 2013 par Guénaël Boutouillet et Catherine Lenoble pour la région Pays de la Loire.Si ce cycle a permis d'expérimenter un espace de formation-action itinérante en région sur les pratiques d'édition, de lecture et d'écriture numérique auprès d'un public de médiateurs du livre, bibliothécaires, éditeurs, animateurs d'atelier d'écriture, le blog dédié en aura facilité l'accompagnement en tant que lieu d'archivage actif des conférences et laboratoire de productions textuelles issues des ateliers.Pour valoriser le cycle et le blog [lire+écrire]numérique, nous avons souhaité prolonger l'expérience par l'édition d'un livre numérique afin d'en éditorialiser les contenus tout en innovant sur l'édition elle-même - de sa fabrication à sa diffusion - afin de proposer des ressources enrichies, prêtes-à-partager.Le choix d'une édition sous licence Creative Commons en favorise en effet la distribution et l'accès (en libre téléchargement) au plus grand nombre.-Avec la participation de Guénaël Boutouillet, Olivier Ertzscheid, Antoine Fauchié, Roxane Lecomte, Lionel Maurel, An Mertens, Laurent Neyssensas & Jiminy Panoz. Coordination éditoriale : Catherine Lenoble.

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  • S´écrire mode d'emploi

    Chloé Delaume

    Parution : 7 Juillet 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Je m'appelle Chloé Delaume. Je suis un personnage de fiction. Je le dis, le redis, sans cesse partout l'affirme. Je m'écris dans des livres, des textes, des pièces sonores. J'ai décidé de devenir personnage de fiction quand j'ai réalisé que j'en étais déjà un. A cette différence près que je ne m'écrivais pas. D'autres s'en occupaient. Personnage secondaire d'une fiction familiale et figurante passive de la fiction collective. J'ai choisi l'écriture pour me réapproprier mon corps, mes faits et gestes, et mon identité.
    S'écrire mode d'emploi, début.Écrire, pourquoi. On connaît les réponses célèbres. Mais, ici, justement : pas de réponse.On revient creuser en arrière les livres déjà écrits. Il s'y jouait quoi, de soi ? On s'y est pris comment, on a buté sur quelle part d'abîme ? On en a pris quoi pour le livre suivant ?Des questions posées ici chaque paragraphe après chaque paragraphe, nul de nous n'est indemne. A preuve la référence Artaud. A preuve le questionnement renvoyé au monde, le réel dans sa profusion d'image, le réel comme seul terrain du risque, et comment assumer ce risque.Sauf que. Modestement, ici, on met en page, on propose des formats, et on met en circulation. D'un texte discret, on souhaite seulement que la question résonne. Auteur c'est un travail, il faut du temps, du désarroi, il faut savoir progressivement rejoindre ces limites de soi-même.s'écrire, non pas à nu, mais parfaitement à vifEt la suite :sans le tissu soyeux de la fiction classique, sans les transferts, les masquesPour rebondir :et tous les ornements qui rendent plus confortables tant le pacte d'écriture que celui de lectureImporte de comment et d'où cela parle. Des livres et de la théorie sur l'autofiction, il n'en manque pas (ce texte est l'intervention préparée par Chloé Delaume pour un colloque à Cerisy, qui se termine aujourd'hui même). Mais ce qui s'énonce ne part pas de ce qu'on sait, ce qui s'énonce part de l'inconnu où la suite successive des livres, où chaque livre l'un après l'autre, nous a emportés.Ainsi, s'écrit une autobiographie, l'auteur revenant à rebours sur chaque tentative, depuis l'autonomie de ces tentatives. Mais précisément, son histoire alors devient cette construction par l'inconnu, pan à pan.Chloé Delaume n'a pas beaucoup varié de chemin depuis ses Mouflettes d'Athropos. Son chemin s'est élargi, densifié, compliqué : les performances peuvent valoir à égalité des livres, en particulier depuis les « Sims » (Corpus Simsi. Le personnage même de l'auteur a pu devenir en partie indépendant de ce qui reste, à elle comme aux autres, le lot ordinaire de la lecture qu'on affronte, du temps à la table, des traversées de silence - voir, dans ses Remarques, ce qui transparaît du livre en préparation pour Fiction & Cie au Seuil. Son chemin est une exploration mentale, là où cela suppose d'affronter, démonter, pousser, représenter les obstacles matériels et concrets qui sont la seule et fine tension du monde et du langage, où précisément se retourne cette expérience du mental mis en écriture.Ainsi, ce texte met à mal la façon dont a été reçue la trilogie « télévision » de Chloé Delaume (Les Sims, J'habite la télévision, La nuit je suis Buffy Summers) : la mise en expérience est volontaire (« 22 mois de flux télévisé continuel »), et l'outil qu'on affronte mêle les forces financières, les bulldozers d'affadissement culturel (citation de patrick Le Lay, ex manager de TF1 aux ordres du groupe de béton Bouygues), et la façon dont le monde est pour nous, même si Schopenhauer nous en avait prévenu, représentation dans sa façon même de nous englober.La fin de Buffy Summers renvoie à une fiction tout entière contenue dans l'expérience psychique d'une narratrice en hôpital psychiatrique : boucle parfaite avec un des livres les plus dangereux de Chloé Delaume : Certainement pas.Il n'y a pas, chez Chloé Delaume, refus de la théorie. On passe par Debord, Stiegler ou Benassayag. Mais : Autofiction : comme en physique quantique le fait d'observer change l'état de ce qui est observé. Autofiction : le sujet n'observe pas seulement ce qu'il vit, le sujet vit ce qu'il observe. Et c'est cela qu'il nous faut comprendre, chemin en 14 stations parce qu'autant sont les phases d'écriture successives qu'a traversées Chloé Delaume. La vie, pas l'écriture. Accepter qu'il y ait une limite, valider la notion de limite. Faire le deuil de l'immersion totale.Ce qui est dangereux, c'est de faire de l'autofiction une catégorie reconnaissable, une spécialité dans le rayon littérature. C'est bien commode, justement pour les colloques, les unités de valeur ou même la courbe des ventes. Ça peut rater aussi.Si ce texte est important, c'est qu'il nie cette possibilité de frontière close : c'est la notion de fiction que dès le premier paragraphe on décortique, et auquel on rend sa complexité, dans cette tension entre Je et monde, ou ce que Chloé Delaume assigne comme Je-monde.Il y a la littérature, et comme elle nous place en bascule devant ce qui ne se nomme pas, mais exige qu'on se nomme soi pour un instant y tenir. Et ce qu'on nomme, alors, n'est pas l'habitat social ordinaire du je. Pour Chloé Delaume, dès le départ, c'était en s'assignant un nom qui soit fiction, un personnage qui puisse se traverser par l'ampliation qui commence.Respect.FB

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  • À bas l´utile

    Bernard Noël

    Parution : 19 Janvier 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Longtemps que Bernard Noël, pour nous tous, est un repère essentiel pour ce qui est du lien en acte de la littérature à la politique et la société. D'une approche fondée sur Bataille et Blanchot, le geste libre de la littérature comme déni à tous principes d'asservissement et domination de la société - et ce que cela implique pour l'écrivain, pour nos textes mêmes.Ce que Bernard a rassemblé dans Le sens et la sensure, mais traverse la totalité de son oeuvre.Il a choisi lui-même la composition de ce triptyque : la communication dans À bas l'utile, l'industrie culturelle et la consommation dans De l'impuissance... (avec traversée rétrospective de l'aventure intellectuelle et esthétique de la revue Lignes), l'asservissement volontaire en tant de sarkozysme dans Nécessaire, mais....On y lira aussi bien une critique constructive et radicale de la démocratie, qui convoque le langage comme partage pour établir la communauté, que la haute exigence de rupture, là encore une permanence du travail de Bernard Noël depuis son Dictionnaire de la Commune devenu un classique,n que - et surtout - la construction permanente et toujours à vif de l'espace même par où s'impliquer dans l'écriture.Pour ce 300ème texte de publie.net, nous souhaitions un signe qui soit de poésie et de politique, de sens et subversion. Bernard, qui nous avait fait cadeau, pour la naissance de publie.net, du magnifique Mal de l'Espèce [1]FBConsulter :
    Bernard Noël sur remue.net
    hommage à Bernard Noël sur tiers livre
    la page Bernard Noël des éditions POL

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  • Écrire, c´est physique

    Annie Mignard

    Parution : 14 Janvier 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    On le sait, dans nos rencontres d'auteur : ce n'est pas des analyses savantes de nos livres, qu'on échange, et même pas des compliments. Ce qui compte, d'un à l'autre, c'est cette suite de petites choses essentielles : on s'arrange comment, avec la vie, pour écrire ?C'est du matin, ou du soir ? En lisant quels livres, ou en ne lisant plus du tout ? Et la relation aux éditeurs et faire qu'il soit reçu ou, comme le dit Annie Mignard : "qu'est-ce qui légitime un écrivain ?".Depuis le début, je souhaite que publie.net soit un voyage dans l'atelier des auteurs. Là, justement, où on parle du travail. Annie Mignard interroge d'abord le corps. Puis l'inconscient. Elle décortique, dans le troisième texte, la relation à la fois symbolique et commerciale qui lit l'auteur à son éditeur.On peut prendre connaissance du travail d'Annie Mignard via son site anniemignard.com, où on retrouvera - avec bien sûr biographie et bibliographie, d'autres entretiens ou interventions.Prendre conscience, avec elle, que le combat avec les pages sans doute ne cesse pas une fois le texte terminé. Et que, de la table d'écrivain comme sur la table du libraire, le lien de l'auteur au monde réel n'est jamais suspendu ou aboli. Les perspectives que cela change sont infiniment concrètes : dans L'Amour de la langue, notamment, l'enjeu pour un écrivain d'intervenir à l'école, et l'enjeu pour l'école de les recevoir - et pourquoi cela passe aussi par les ateliers d'écriture, et à quelles conditions ceux-ci ramènent à la littérature.Très fier d'accueillir Annie Mignard sur publie.net : les questions évoquées ici, page après page, sont au plus près de ce qu'il est de notre responsabilité de faire circuler, et cela façon permanente, au nom même de la liberté d'écrire, et que cela puisse respirer, être accueilli, transmis.FBPhotographie CC Thomas Leuthard

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  • L´amitié des voix, 2 : le temps des voix

    Jacques Ancet

    Parution : 13 Octobre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La présence de Jacques Ancet dans publie.net va bien au-delà de la simple mise à disposition de textes importants.Auteur décisif, nous sommes quelques-uns à le savoir. Le non renoncement dans la part lyrique de la langue, l'implication poétique de la prose, ou, symétriquement, que la poésie ait encore à faire avec nos temps mornes, pourvu - se rapprochant de la dureté et de la violence du réel - qu'elle continue à s'en remettre au récit et aux voix... On le sait en littérature depuis L'Incessant, et c'est avec fierté qu'on accueille, de Jacques Ancet, le Silence des chiens.Mais Jacques Ancet c'est aussi une voix ouverte, sans jeu de mots. Qui s'offre aux grandes et extrêmes explorations de Jean de la Croix, de Jose Angel Valente, ou en ce moment de Borges, et que le traducteur doit s'y faire écrivain ou poète comme celui dont il reçoit les pages. Alors dialogue ouvert, toute une vie, avec ceux qui portent la langue dans cet extrême : Bonnefoy, Jaccottet, Bernard Noël...Avec le numérique, une nouvelle possibilité de permettre la circulation de cette réflexion, ouvrant vers ceux qu'elle commente, nous guidant vers des lectures neuves.L'autre cohérence de ce très vaste ensemble, deux fois 300 pages, c'est que le premier s'enracine plus dans les voix du passé, depuis la figure immense et emblématique de Don Quichotte, puis, via Quevedo ou Saint-Jean de la Croix, jusqu'à Cortazar, Maria Zambrano ou Claude Simon, tandis que le second suit cette même exigence découvreuse de l'écriture dans les chemins escarpés du contemporain, de Valente ou Castaneda vers Jacques Roubaud, Henri Meschonnic ou Claude Louis-Combet.Très fier donc, avec une matière aussi lourdement belle, de contribuer à la présence et la visibilité sur Internet de ceux qui ont porté la littérature dans ces chemins d'exigence. Et Jacques Ancet nous y appelle, nous aide à franchir le rebord...FB

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  • L´homme couvert de fourmis (essai sur Antoine Volodine)

    Pascal Gibourg

    Parution : 10 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pas besoin de revenir sur le fait que l'oeuvre (principalement signée sous le nom) d'Antoine Volodine est une des plus centrales du paysage contemporain.Et d'abord pour le plaisir âpre de lecture qu'on y a : la langue qui y sonne, la violence et le rauque, la prise parfaite des narrations avec les énigmes et les angoisses de notre monde dur, ses fissures, dérives, fractures. Et cette transposition d'une fiction par strates multipliées, jouant de - et absorbant - le personnage même de l'auteur (voir Lutz Bassmann), proposant son propre système d'interprétation, mais lui aussi miroir fuyant et ajoutant plutôt des dimensions au mystère (le Post-Exotisme en 10 leçons).Elle attire les travaux, pourquoi : parce qu'elle fait résonner et met en mouvement notre propre relation de la fiction au monde, son rôle, son intervention. Et que l'auteur publiant sous le nom de Volodine s'en est, lui, parti plus loin.De précédentes approches : celle de Lionel Ruffel, et la présence de Volodine dans les différents sommaires de chaoid. Des travaux d'AnneRoche, la très singulière entrée de Patrick Rebollar : Le langage du rêve chez Antoine Volodine. Pierre Ouellet aussi, et d'autres probablement.L'originalité de l'approche de Pascal Gibourg, c'est d'interroger le travail de Volodine depuis sa mise en écriture, sa cristallisation dans le fantastique, à partir de quoi laisser résonner les implications politiques, les stratégies complices de personnage, ou ce rapport avec un projet énoncé pour être mieux détourné.Ce texte porte comme sous-titre : essai sur les fables de Volodine. Pascal Gibourg nous mène au lieu où Volodine raconte, construit un univers qui n'existe que par notre accord préalable de lecteur.Nous conduisant dans les arcanes les plus centrales du travail d'Antoine Volodine, ce texte a le double mérite de nous le faire apparaître dans sa perspective, son organisation, nous donner les premières pistes pour s'y aventure, comme, pour les déjà volodiniens, de présenter - comme Pascal Gibourg l'avait fait pour Facultés de Michaux - une réflexion sur l'art d'écrire, vue du point de vue de l'auteur. Là où Volodine interroge la littérature elle-même.FBSur Pascal Gibourg :
    bio & biblio, et notamment son Rêve d'épingles
    son blog Paix dans les brisements

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  • Le Revenant (sur Pascal Quignard)

    Benoît Vincent

    Parution : 24 Août 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'oeuvre de Pascal Quignard, après presque 30 ans de recherche et d'explorations continuelles, avec les larges échappées de l'oeuvre narrative, peut sembler trop complexe, trop diverse pour être abordée globalement.Et son plus récent développement, la quête et les infinies variations du très riche projet Dernier Royaume, dont un livre de plus paraît ces jours-ci, n'est-il pas une sorte de somme qui la rassemble et la résume ?Mais pour chacun de nous, et la dette que nous avons à Pascal Quignard, n'est-il pas temps de faire le point, tenter non pas d'enfermer l'oeuvre dans une construction globale, mais l'appréhender dans ses mouvements de naissance, ses contraintes et nécessités, et ces quelques racines résistantes qui donnent à l'ensemble une si rare cohérence ?La force du travail de Benoît Vincent, c'est d'abord une relecture serrée, attentive, de l'ensemble des 40 Petits traités. Moi-même, et qu'est-ce qu'il compte, Pascal Quignard, dans mes lectures, je les avais lus de façon dispersée, au gré des rencontres, des accumulations. J'avais négligé aussi qu'après son Prix Goncourt Gallimard avait accepté de les rassembler en deux gros tomes Folio, en permettant la lecture unique, la construction d'un seul ouvrage, ce qui était de toute façon le projet initial...Alors, ces dernières semaines, au long de la préparation de cette étude de Benoît Vincent pour l'édition numérique, j'ai effectué moi aussi cette lecture globale, continue des Petits traités... Toutes les figures de l'oeuvre sont là, elles y sont en germe, comme ne figures parfaitement tracées, et l'art de Quignard, lorsqu'il part en roman ou reprend d'autres figures, est souvent de simplement greffer ce germe ou cette figure.Alors, toutes ces figures de l'effroi, du ventre et du sexe, de la notion de mythe, ou celle de maison, ou de l'eau, ou du froid, viennent peu à peu s'assembler, donnant comme une vision en relief de l'oeuvre, un large mouvement de gestation, parce que l'exigence, elle, est unique.Mais, dans les Petits traités, ce qui concerne le livre, la bibliothèque, la page, l'étude, et jusqu'à la lettre même (le e, le z), le fait même de parler ou d'écrire (dans le rapport à la voix, à la mort), la mémoire et le risque, sont l'arborescence principale.Même, ce qui ne regarde en rien Pascal Quignard, alors que nous abordons une phase essentielle de secousse globale de tous ces mots, dans la mutation Internet, l'urgence de lire ces Traités pour refonder ces mots dans leur propre origine, leur complexité.Le parcours de Benoît Vincent est exemplaire, en ce qu'il redouble dans son rapport à l'oeuvre en développement de Pascal Quignard le rapport que lui-même entretient à ces étranges textes qu'il nous fait revivre, plaçant en avant l'énigme de la langue.A lire en continu ce voyage de 300 pages dans l'oeuvre de Pascal Quignard, c'est à la fois mettre à jour et scruter la part essentielle d'invention qui gît dans la structure même, mais c'est la plus belle introduction à tous les chatoiements et bifurcations d'un travail continu, qui ne s'est jamais interdit les traversées les plus brutales, les plus surprenantes.Bien sûr, en double cliquant sur l'icône ci-dessus, nous vous proposons de visualiser un extrait de 50 pages. Mais lire ce texte en version intégrale sur notre feuilletoir, c'est avoir accès à la recherche plein texte qui peut faire de l'étude de Benoît Vincent un outil fabuleux pour tous les quignardiens : une recherche thématique pour n'importe quel concept vous permettra de remonter aux textes de Pascal Quignard qui les utilisent.En mettant en ligne cette étude, les remerciements iraient à la fois à Benoît Vincent et à Pascal Quignard lui-même.FB

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  • De l´illisibilité

    Michel Deguy

    Parution : 21 Mars 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Depuis que les poètes ont disparu »... « Le cercle » des lecteurs va aussi disparaissant. Un adjoint « culturel » de la Mairie de Paris déclarait récemment (en voix off) : « le livre n'est pas sexy ! ». Et si le livre n'est pas sexy « en général », que dire du livre-de-poèmes (en quoi consiste le plus communément « la poésie ») ? Tellement peu sexy qu'il est retiré de la consommation comme anérotique en général, quelque excitants ou obscènes que puissent être ses efforts de séduction : d'une part donc avalé, enrôlé, assimilé, recruté dans la sphère « économique » du culturel parmi les innombrables et variées prestations « culturelles » ; d'autre part, en petites transactions à la marge, voire au rebut, dans l'économie du lisible, du livresque, du graphique ou grammatologique.L'oeuvre philosophique et poétique de Michel Deguy est immense... il faudrait d'ailleurs toujours éviter de distinguer ou séparer le poétique du philosophique car l'écriture de Michel Deguy explore la relation, le lien, la tension d'une poétique pensive.L'admiration est grande. Alors quand l'auteur de Donnant Donnant me confie ce texte pour publie.net, la fierté est grande.Intensité de la lecture quand on ouvre ce texte, De l'illisibilité. Ici Michel Deguy nous offre une pensée dans son déferlement, faisant claquer les tensions du langage et permettant de saisir les torsions du sens.Sébastien RongierJe rappelle également le dossier Michel Deguy sur remue.net.

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  • Voyage à Syracuse

    Carole Boulbès

    Parution : 14 Mars 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Quand on commence à s'intéresser à des artistes comme Marcel Duchamp ou Francis Picabia, difficile ensuite de décrocher. Leurs oeuvres sont addictives. Et c'est sans modération. Au début des années 1990, j'ai eu la chance de travailler sur leurs écrits, sur proposition de Martine Courtois (Merci à elle). Depuis le compagnonnage n'a cessé. Avec ses hauts et ses bas, vous savez ce que c'est... mais avec une indéfectible fidélité. Alors quand Carole Boulbès publie en 1998 Picabia, le saint masqué chez Jean-Michel Place, on n'est pas indifférent. Mais surtout, c'est elle qui reprend en 2002 et en 2005 à Mémoire du livre l'édition des Poèmes et des Ecrits critiques de Picabia (je me souviens d'avoir travaillé sur le papier épais blanc cassé de la première édition Belfond, celle du regretté Olivier Revault d'Allonnes). Carole Boulbès est historienne et critique d'art. Spécialiste de Dada, elle écrit également sur les artistes contemporains. Plutôt que de me proposer une série d'articles, ou le fruit d'une réflexion en cours, Carole Boulbès a tenté autre chose. Une petite fiction théorique pour décrire quelques problèmes de méthodologie de recherche. Le voyage à Syracuse s'enroule autour d'un cahier, d'une recherche, se perd dans l'incertitude, butte contre son propre question et tente de trouver une réponse. La recherche est dans la tentative, la tentation.

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  • L´idée de ludique

    Jean-Paul Galibert

    Parution : 21 Janvier 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Cela joue de partout !On glisse, on bascule...Dans quoi ?La ludique.Jean-Paul Galibert retourne un présupposé : un philosophe va nécessairement avoir un regard réprobateur sur un tel sujet.Or, Jean-Paul Galibert est philosophe.Donc, Jean-Paul Galibert retourne la situation comme un gant, la déplace et envisage la ludique comme une problématique philosophique, un enjeu de pensée.Le texte de Galibert est vif et percutant. Il vient nous secouer et renverse nos habitudes parce que la pensée ne doit pas s'habituer, ni ronronner mais s'impliquer dans les paradoxes (Et de se souvenir que Jean-Paul Galibert publia en 1997 chez L'Harmattan Socrate une philosophie du démuement).« La raison elle-même a le droit de faire tout ce que la raison interdit » nous rappelle-t-il.Alors une raison ludique... comme autant de désobéissance, de pas de côté. C'est d'abord l'invitation à lire l'agilité d'une pensée au bord des « riens » et des « si peu » qu'on ne prend plus le temps de s'y arrêter. (De rappeler que Jean-Paul Galibert a publié en 2004 aux éditions Leo Scheer Invitations philosophiques à la pensée du rien) Galibert s'amuse aussi de nous car le terme « jeu » dans sa revisite du sens de ludique s'articule métaphoriquement au sens mécanique. La pensée de Galibert explore les écarts, les dysfonctionnements, ces petits « riens » qui transforment et font branler la pensée en interdisant le ronronnement rassurant des moteurs à injection du concessionnaire philosophoire.Voici donc un philosophe qui est de cette trempe à nous parler de fourmi sur son arbre (ou d'algue, de papillon, etc... le bestiaire voire le bestiolaire est philosophique), et, sans qu'on sans rende compte, pose de complexes problèmes philosophiques que l'on saisit tout de suite.Et de penser, dans cette stratégie philosophique de la ludique, comme rencontre de l'autre et mouvement de libération.Sébastien Rongier

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  • Les villes fantômes

    Jean Rouaud

    Parution : 8 Juin 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La ville est un concept omniprésent : elle nous entoure, c'est aussi bien nos circulations, nos modes d'accès à la culture ou la consommation, mais d'abord la relation aux autres. Et la ville, c'est un mouvement : nous les avons vu se construire, nous assistons à l'enfoncement des architectures mortes trop vite. Nous sommes conscients de toutes les urgences que la ville catalyse, et nous n'avons jamais abandonné les vieilles utopies : elles s'enracinent bien trop loin dans le passé, il n'y a qu'à voir les peintres.C'est à cela que Jean Rouaud s'affronte, figure complexe, qu'il démêle en 10 incises successives. On commence avec une déclaration de François Mitterrand, Le socialisme c'est la ville, pour s'en aller voir en cours de routes les villes nouvelles :La ville n'existe tellement plus que lorsqu'on se propose d'en bâtir une nouvelle, on se lamente qu'elle ne ressemble pas à une ville.Et de là on arrivera à cette nouvelle idée de la ville qu'est Internet. Mais c'est aussi le destin des villes de province. Et ce qu'on a tenté de reconstruire après guerre, comment cela conditionne en partie le destin présent. Jean Rouaud est d'Ouest, on parle de Nantes, Saint-Nazaire et Brest.Et la ville est toujours la somme de toutes les villes, celles des voyages, des explorations, du rêve même de la ville : on arpentera la Place Rouge de Moscou, on croisera Ground Zero, pour finir au destin centrifuge de l'hyper-métropole qu'est Paris, sans oublier au passage ces bizarres terminologies du genre communauté d'agglo.Un texte critique et politique, qui interroge en profondeur ce qui fait notre communauté. Ce texte est d'abord paru à Nantes dans la revue Place publique, On ne manquera pas, pour finir, de visiter le site Jean Rouaud.FB

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  • Notes sur le travail du spectateur et sur le spectateur au travail de soi

    Christian Ruby

    Parution : 10 Décembre 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    J'ai découvert Christian Ruby en lisant en 2002 Les résistances à l'art contemporain publié aux éditions Labor. Explorant les enjeux de l'art à partir de la question du spectateur, Christian Ruby explique déjà que le rapport à l'oeuvre contemporaine est une confrontation corporelle, une polémique sociale et un exercice esthétique.Triple exigence donc : immanence du regardeur, enjeu politique et « exercice » à comprendre comme pratique philosophique, engageant, par ailleurs, les deux précédents aspects. C'est ce mouvement général qui caractérise la pensée de ce philosophe qui ne cesse de penser notre contemporain, notre devenir contemporain, notre rapport aux oeuvres d'art... et donc notre rapport au monde (Voir Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l'art, paru aux éditions du Félin en 2007). S'il relit Schiller, c'est pour penser notre rapport à la culture et à l'esthétique d'aujourd'hui (voir ses Nouvelles lettres sur l'éducation esthétique de l'homme publiées à La Lettre volée en 2007, ainsi que son Apostille). S'il s'intéresse aux questions du public et du spectateur, ce n'est pas seulement pour en montrer le fonctionnement, c'est également pour souligner les déplacements d'enjeux et rappeler le coeur politique et social de toute pensée du spectateur, de toute proposition d'éducation esthétique (Voir L'âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne paru à La Lettre volée en 2006).Bref, à rebours de la généralisation des pratiques culturelles actuelles qui chiffrent leur efficacité, Christian Ruby propose une pensée critique. Pour publie.net, Christian Ruby vient fait état de son chantier de travail du moment, l'état de sa recherche, les pistes ouvertes, les perspectives à venir. Ses « Notes sur le travail du spectateur et le sur spectateur au travail de soi » s'articulent à l'ensemble de sa réflexion qui propose de penser le rapport du spectateur aux arts en affirmant la nécessité d'une distance critique et d'une conscience politique et sociale.On attend également avec impatience son prochain livre L'interruption, Jacques Rancière et la politique à paraître début 2009 aux éditions de La Fabrique.SRBibliographie
    Christian Ruby, docteur en philosophie, enseignant (Paris). Derniers ouvrages publiés : Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l'art, Paris, Editions Le Félin, 2007 ; L'âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Schiller ou l'esthétique culturelle. Apostille aux Nouvelles lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Nouvelles Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2005.

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  • La littérature en instance

    Pascal Gibourg

    Parution : 31 Août 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    De ce qui se passe quand on écrit, bien sûr on ne sait rien, mais on consacre une quantité infinie de forces, de mécaniques, à essayer d'appréhender et ce vide, et ce vertige.Et ceux qui nous y emmènent le plus près, sont seulement ceux qui sont le plus apte à nous le dire en tant que vertige, à le questionner en tant qu'obscur.Les trois textes ici rassemblés de Pascal Gibourg sont trois figures de la même approche : pour l'écrivain, écrire est forcément une obsession, commence-t-il dans le troisième texte. C'est cette obsession qu'on accepte, et qui nous requiert alors sans reste.A chacun sa grille et ses outils pour appréhender la question unique. Pascal Gibourg l'a éduquée et formée dans Blanchot. Sur publie.net, nous accueillons déjà un texte qui est aussi cette approche, mais cette fois creusant l'invention de Michaux, le fantastique et le corps : Facultés de Michaux.Et, si Proust n'est pas nommé, comment ne pas lire dans le magnifique premier texte une approche du temps particulièrement active pour penser l'invention de la Recherche ?Nous souhaitons privilégier, dans publie.net, cette approche réflexive de la littérature par ceux qui l'écrivent. On pourra être en complet désaccord avec l'approche violente de Pascal Gibourg concernant La maladie et la mort de Marguerite Duras qui fait le centre de cette étude. C'est bien de réouvrir l'approche aujourd'hui de ce qu'est écrire qui compte, aux temps du consensus marchand : que le débat advienne, il y a la place ici pour accepter d'autres ouvertures, d'autres réflexions.Néanmoins, ce qui ici travaille, c'est la langue : comment elle se forme, comment elle se risque. Merci à Pascal Gibourg de bien vouloir le mettre en partage.FB

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  • Le livre l´immeuble le tableau

    Jérémy Liron

    Parution : 8 Janvier 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pendant 2 ans, de 2003 à 2005, j'ai eu le privilège de proposer, à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, l'UV littérature. En complément, pas mal de temps passé avec les étudiants, y compris pour les faire écrire. Toujours malheureux d'ailleurs que la direction de l'école n'ait pas compris l'urgence et le besoin de cette démarche : rien que pour cela, lire Jérémy Liron donne le chemin de crête.J.L. n'a pas assisté à ces 2 ans d'atelier en petit groupe, et plusieurs sont devenus des amis, des travaux qui me sont proches, ou dont je suis à distance le chemin. Si j'ai littéralement percuté dans la peinture de Jérémy Liron, c'est probablement à cause d'un seul mot, la notion de présence.Une présence évidemment liée à la ville, et évidemment tissée à même le quotidien. Un banal bâtiment de trois étages en béton, un carrefour de périphérie et voilà. Mais sans qu'on sache. A l'arrangement des signes, aux géométries.Hopper nous a appris à venir là. Mais il y a tant de démarches qui recommencent Hopper, avec les yeux tout ronds devant le moindre pignon d'immeuble. Le risque que prenait Jérémy Liron, c'était de s'en prendre à cette peau même, là où plus rien ne peut conférer ce signe minimum, qui organise par exemple la toile chez Hopper.La démarche de Jérémy n'est pas isolée. J'ai connu un Julien qui s'en allait dessiner en banlieue les différentes faces des carrefours et ronds-points, ou la totalité de leurs détails, que ses dessins ne recomposaient pas. Ou Nicolas Dion explorant avec photo et dessin le point exact où, vers Roissy, se dissolvait à son avis la ville. Ou Assaf Gruber, l'Israélien, cherchant à Tel Aviv, Berlin et New York le même arrangement simple de ciment, nous forçant à nous écarter de l'espace comme singularité.Et pas plus que nous autres, côté plume, ne pouvons nous dispenser de l'image pour documenter le réel, eux ne peuvent se dispenser d'une pratique intentionnelle de la langue. Et ils l'agrandissent, cette langue, par leur précision de regard sur le réel, et leur techné dans la construction de ses représentations (je repense à l'instant à celui qui, pour son diplôme de fin d'étude, avait repris l'idée de Koltès d'un lieu clos suffisamment grand pour tenir l'humanité tout entière : gigantesque stade modèle réduit avec 6 milliards de places répertoriées).Pour Jérémy Liron, il y deux autres dimensions.La première tient à ce que, son diplôme acquis, il a voulu s'accrocher à sa discipline : ça semble facile, quand on se souvient des ateliers de peintre au 19ème siècle. La peinture exige qu'on s'y consacre en entier. Il y a l'équivalent pour l'écriture, d'ailleurs, et pour cela que je suis un peu interloqué de voir que les nouveaux arrivants dans la littérature, si souvent, désormais, gardent leur métier d'origine. Mais les locataires des immeubles que peint Jérémy ne lui achèteraient pas ses toiles, comme Hopper vendait aux bourgeois le tableau de leur villa. Alors, depuis 3 ans, le voilà itinérant, de Valenciennes à Montluçon. Logé précairement, avec des ateliers jeunes publics, il a bénéficié de plusieurs résidences : gloire et honneur à ces villes qui les accueillent, ces jeunes plasticiens, avec 500 euros par mois, une liste d'interventions scolaires et un deux pièces avec Butagaz.La seconde tient à Internet. D'expo en expo, il grimpe, Liron, même si c'est aussi rude que les hivers à Montluçon. Mais, d'une expo à l'autre, c'est par le blog qu'on le suit au travers des jours. Le blog, c'est de l'écriture : et, le langage mis en réflexion du monde, ça s'appelle littérature.Qu'est-ce que la littérature version Jérémy Liron ? Je ne sais pas. Ce que je vois, c'est le combat d'un regard et du réel. Et que là, dans cette tension, viennent les livres, viennent les mots.Il y a assez, dans les 21 pages ci-dessus, pour que vous découvriez ce qui se joue dans ce journal. Si vous voulez lui mettre un mot, passez par son blog. Cette section de son journal fait 42 pages : on la télécharge pour le prix d'un café au comptoir. Offrez-le lui, ce café ? Un petit geste fraternel, ça ne fait pas de mal, dans les temps qui courent. Si j'ai proposé en lecture libre la presque moitié du texte, c'est pour la phrase qui conclut la page 21.Pour découvrir le travail de Jérémy Liron : Les pas perdus, blog.Ou dans les pages invités de tiers livre, avec images. Et mise en ligne simultanée avec ce texte, un autre ensemble du même journal Les pas perdus 2007.Et si c'était là, chez eux, que la littérature se réinventait ?Et si la leçon, c'était d'y lire le réel comme fiction - ou bien, que là était la fiction d'aujourd'hui : dans l'expérience même du réel, et ce qu'elle convoque d'imaginaire, ou bien là où elle nous renvoie...FB

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  • Quel projet pour la littérature contemporaine ?

    Dominique Viart

    Parution : 12 Octobre 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Dominique Viart a écrit sur Claude Simon (La mémoire inquiète), a proposé un tableau critique d'ensemble du champ contemporain (avec Bruno Vercier : La littérature française au présent, 2006). Il a aussi fondé ou participé à de nombreuses revues, dont Ecritures contemporaines. Et récemment publié le Folio avec dossier critique des Vies minuscules de Pierre Michon.Mais il est aussi professeur, et a su faire de Lille 3, avec son équipe, un lieu étonnant de recherches et de débats théoriques, nous sommes pas mal d'écrivains à y avoir été plancher et pouvoir en témoigner. Quelques anciens textes sur remue.net.Enfin, il y a que c'est Dominique Viart : depuis des années, et tout simplement aussi par la confiance et l'amitié qui s'établissent si vite avec lui, sa capacité d'écoute, sa façon de renvoyer la balle, il est reçu par ses collègues "vingtièmistes" du monde entier. Nous en sommes les premiers bénéficiaires, dotés maintenant d'amitiés et de contacts tout autour du monde (n'est-ce pas, Michael Sheringham et les autres...). Pourra en témoigner cet enregistrement proposé par Patrick Rebollar.L'an dernier, au CIEREC de Saint-Etienne, c'était mon tour, après Echenoz et Michon, d'être l'invité du colloque préparé par lui-même et Jean-Bernard Vray (et comme j'aurais aimé que mes amis universitaires - alors même que j'ai dans mon ordinateur toutes leurs interventions, polémiques, digressions, fassent choix d'une publication électronique...).Dès lancé ce projet publie.net, la présence de Dominique Viart était pour moi symbolique et importante. Pas seulement produire des textes, mais déchiffrer dans quel champ ils s'installent, et comment ils le travaillent.Dominique répond par un texte d'écart, et je vois bien un petit sourire ironique en cliquant sur envoi... Sommes-nous, côté écriture, fiction, en possession de projet ? Il ne parle pas d'oeuvre, et pas non plus d'enjeu, ou perspective. Mais bien de construction qu'on oriente, avec intention et volonté.Dans ce texte, on retrouvera les tentatives de la Nouvelle fiction, se démarquant mais mimant le Nouveau Roman, qui hante le fond de cette étude : la notion d'avant-garde vaut-elle pour nous autres, ou bien les auteurs plus jeunes que nous souhaitons accueillir ici ?On retrouvera un flash-back sur une tentative qui nous hante tous, et à laquelle j'ai énormément pensé en lançant ce projet : les 2 numéros de la Revue de littérature générale d'Olivier Cadiot et Pierre Alferi chez POL.On y trouvera Michel Deguy, Jean-Marie Gleize forcément (et son utlisation du terme manifeste, on y parlera du lyrisme critique de Jean-Michel Maulpoix, bien trop discret ces temps-ci.On parlera enfin, ou aussi, de Pascal Quignard et de Pierre Michon : et si le "non-projet" était la condition même de l'avancée contemporaine ?Avec Projet, nous souhaitons compléter notre rubrique voix critiques par des ensembles ouvrant à débat et recherches...FB

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  • Du toucher, essai sur Guyotat

    Antoine Boute

    Parution : 7 Janvier 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le point de départ d'un texte philosophique sur l'écriture de Guyotat pourrait être la question de l'illisibilité de cette oeuvre, avec tout ce que cela implique comme attention à porter notamment sur le « dehors » du texte. L'illisibilité des textes de Guyotat fait se porter l'attention en creux sur tout le dispositif d'écriture-lecture qui borde cette écriture : en effet, étant donné que les « trames narratives » sont sapées, tout autant que la « psychologie des personnages » et que la plupart des autres caractéristiques qui font d'un roman un texte analysable, il n'y a pas d'autre choix que de s'interroger sur la façon dont ces textes en sont venus à exister. S'interroger sur l'existence de ces textes revient en quelque sorte à s'interroger sur leur matérialité, leur « vie », leur corps, leur manière de « faire corps » avec le corps de leur auteur au moment de l'écriture puis la façon dont s'opère la rupture d'avec ce corps lors de l'édition, pour enfin en arriver à une attention portée à l'acte de leur lecture, à la passivité réceptive que celui-ci implique tout autant qu'un engagement « corporel » du lecteur dans cette matière verbale rendue illisible notamment par l'excès d'affects qui la travaille. L'hypothèse de travail de l'approche philosophique de l'illisibilité à l'oeuvre dans l'écriture de Guyotat qui sera tentée ici est que cette illisibilité entretiendrait des liens étroits avec diverses problématiques que l'on pourrait regrouper sous la question du toucher. En effet si un texte est délibérément fait pour que son « contenu » ne soit pas maîtrisable, si ce qu'il inscrit ne fait pas sens, ne fournit pas de signification clairement identifiable, clairement « visible », en somme, pourrait se poser la question de savoir à quoi ce texte « touche ».Prendre la question du toucher comme fil conducteur de cette approche de l'écriture de Pierre Guyotat devrait permettre de penser la langue du point de vue de ce qui en trace les limites : il s'agira de voir en quoi l'écriture de Guyotat « touche » aux limites de la langue, et en quoi ce « toucher » est un acte, une action. Approcher l'écriture de Guyotat en tant qu'action (action de toucher), en tant que performativité (performativité de l'illisible, donc), devrait alors permettre de dégager des enjeux éthiques qui seraient communs tant à cette pratique de l'écriture qu'à ce que l'on appelle le toucher.Dans un premier temps il s'agira donc, après avoir introduit à l'oeuvre de Pierre Guyotat, de s'intéresser à diverses problématiques liées à la question du toucher, puisque c'est cette question du toucher qui servira de fil conducteur tout au long de l'approche de cette oeuvre. Pour ce faire, une lecture des parties du Péri Psychès d'Aristote traitant de la question du toucher servira de point de départ pour s'intéresser à certaines problématiques ouvertes par Jean-Luc Nancy et par Jacques Derrida, toujours à propos de cette problématique du toucher.Dégager ces problématiques générales concernant le toucher permettra alors de s'interroger plus spécifiquement sur certains aspects de la pratique d'écriture de Pierre Guyotat, tels que son rapport à l'abjection et son rapport à soi. Il s'agira alors de relier ces deux problématiques par le biais d'une approche du rire souverain tel qu'il est thématisé par Bataille, puis de voir comment il est possible d'articuler ce rire avec une approche de la caresse telle que proposée par Levinas dans Totalité et Infini. Cette approche du rire souverain et de la caresse devraient permettre à la fois d'approfondir les enjeux du toucher à l'oeuvre dans l'écriture de Pierre Guyotat, et d'ouvrir la problématique vers ses enjeux plus spécifiquement éthiques.Antoine BouteAntoine Boute vit à Bruxelles, est bilingue et propose ses lectures performances dans les deux langues française et flamande. Il a publié : aux éditions Mix (Paris) : « Cavales » (2005), « Blanche » (2004) et « Terrasses » (2004) ; aux éditions de l'Ane qui butine (Lille-Mouscron) : « retirer la sonde » (2007) ; aux éditions du Quartanier (Montréal) : une co-écriture avec Ariane Bart : « technique de pointe - tirez à vue » (2007).publie.net propose simultanément, en formes brèves, ses polars d'hiver.Sur Pierre Guyotat, études, liens, bibliographie, on se reportera au dossier de référence proposé par Dominique Dussidour sur remue.net.

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  • Facultés de Michaux

    Pascal Gibourg

    Parution : 13 Juillet 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Comment aborder une oeuvre qui rassemble en trois tomes Pléiade presque soixante-dix ans de publications imbriquées, se refusant, entre la poésie, le fantastique, les expériences sur le rêve et la drogue, à tout enfermement de genre ?Pascal Gibourg n'aborde pas Michaux en théoricien, en poseur d'étiquettes, mais par des traversées obliques, toutes orientées par les lignes de force propres à l'oeuvre, qu'on découvre soudain nous entourant de partout, proche et terrifique à la fois. Non pas Michaux disséqué, écartelé, vu depuis l'univers des lettres ou traité en tant que poète mais Michaux saisi là où l'expérience et les apories de la vie suscitent le langage.Alors presque un portrait puzzle, la façon de Michaux de se porter aux limites, et forcément la rencontre des noeuds essentiels de son écriture, de son parcours, presque une prise de repères où les noms d'Octavio Paz à François Cheng sont aussi une rupture avec le poète statufié.

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  • Violence et traduction

    Claro

    Parution : 9 Octobre 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Troisième réimpression ce début octobre 2008, à un mois de sa parution, pour les 1200 pages du Contre-Jour de Pynchon : et le traducteur n'y serait pour rien ? Lire Claro dans le tourbillon Pynchon. Et l'occasion d'approfondir avec ces trois incises, comment Claro parle lui-même de son travail....

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  • Chantier Gauguin

    Bertrand Leclair

    Parution : 8 Mars 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    À l'instigation de François Bon qui venait de fonder la maison Publie.net, j'ai réuni plusieurs textes consacrés au long des années à Paul Gauguin, à la croisée de sa vie et d'une oeuvre qui est aussi littéraire : outre son abondante correspondance, Gauguin est un mémorialiste et un pamphlétaire remarquable, dont l'écriture âpre et rugueuse danse face au lecteur comme les jambes du boxeur sur le ring.Le titre donné à cet ensemble de textes relevant de genres différents (la fiction biographique à travers un feuilleton radiophonique, l'essai critique ou la « lecture d'image ») est une invitation à le lire comme un chantier destiné à rester ouvert. L'oeuvre du peintre qui revendiquait « le droit de tout oser » et affirmait avoir « voulu vouloir » est suffisamment entêtante pour qu'on y revienne sans cesse. Elle est de celles où l'on puise énergie et lumière, cette lumière si particulière qui faisait dire à Mallarmé, face aux premières toiles tahitiennes, qu'il est extraordinaire de générer « tant de mystère dans tant d'éclat ».BERTRAND LECLAIR

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  • Le génie subtil du roman

    Olivier Rolin

    Parution : 12 Janvier 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Qu'est-ce qui fait que la littérature déborde ses mots et ses histoires, et devient expérience humaine ? C'est peut-être l'idée la plus centrale que met ici en travail Olivier Rolin, repassant par Barthes (La préparation du roman et Le plaisir du texte), mais allant sur les pistes sombres de Lowry, Dostoïvski ou Vassili Grossmann.C'est dans le travail du style - étymologie bien plus ancienne que le "style" à inciser des romains. Et Olivier Rolin quatre fois entrecroise ses traces dans la même énigme, dont une étude qui renouvelle notre compréhension de Marcel Proust.On croisera Chateaubriand, Tolstoï, Miller, Ponge mais aussi Pessoa, Faulkner ou Claude Simon. Surtout, on tient un fil : l'imaginaire du roman, la difficulté du travail de fiction, et que cela passe par l'anatomie du style, la forge des étymologies. La littérature ne participe pas d'une génération spontanée : dans ces quatre essais, revenant à quelques notions centrales, c'est l'art de lire d'Olivier Rolin, la façon dont on grimpe sur l'épaule des géants, qui devient véritable école.Vraiment très fier d'avoir à mettre à la disposition de qui veut un matériau aussi libre, mais qui nous approche de façon aussi radicale de ce point de fusion où écrire et lire participent du même geste, du même inconnu.FB

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  • Mallarmé, poésie et philosophie

    Pierre Campion

    Parution : 31 Janvier 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Mallarmé est un poète qui traite les problèmes pleinement philosophiques du sens, de la vérité, des possibilités de l'esprit, mais strictement selon la nature et par les moyens de l'expérience poétique. Dans Mallarmé, c'est le vers, le lexique, la grammaire, les images, qui constituent la pensée comme philosophique : ses notions et sa problématique, son discours et sa logique, sa vision des choses et des dieux, son effort et son style.PIERRE CAMPIONRééditer aujourd'hui ce livre paru aux PUF en 1994, c'est saluer une double actualité, celle sans cesse renouvelée des actes de pensée qu'agence la poésie de Mallarmé et celle du regard que Pierre Campion porte sur cette poésie. Avec rigueur, beauté du style et intelligibilité, celui-ci nous guide dans l'écriture de Mallarmé et nous révèle sa portée contemporaine, à l'heure d'une longue crise qui en appelle à toute pensée poétique capable d'esquisser un avenir.PHILIPPE AIGRAIN

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  • Impressions numériques

    Jean Sarzana; Alain Pierrot

    Parution : 25 Septembre 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Comment ne pas être fasciné à la pensée d'être contemporain d'une de ces très rares mutations essentielles de l'écrit, aussi violente et profonde que celle du passage du rouleau au codex, avec son lot d'imprédictible ?Affaire technique ou économique ? Elle l'est aussi. Mais c'est d'abord la mutation de ce à quoi nous devons, vis-à-vis de nous-mêmes, notre meilleur : l'imaginaire, la pensée, l'écart silencieux - et tout aussi bien le langage à sa pointe, ce qui nous porte dans la relation à l'autre, poésie compris.À preuve, qu'à chacune des grandes époques, l'écrit a tenté de se penser lui-même, dans sa genèse, ses formes, sa réalisation matérielle, et sa diffusion. On est ici sous le signe de grands textes comme la Lettre sur le commerce de la librairie de Diderot.C'est pour le présent, pour ce que nous avons à inventer au jour le jour, que nous avons à nous saisir d'une réflexion sans concession, nous faire nous-mêmes porteurs d'une complexité (voyez comme je sais vendre...). Longue histoire, de Rabelais à Diderot, de Kant (on verra ici le rôle de son texte Qu'est-ce qu'un livre ?) à Balzac, mais la nouveauté c'est que nous sommes - nous, dont le livre imprimé a été le bain et l'horizon - témoins et acteurs directs d'une bascule à la fois progressive et irréversible, radicale.Tous les familiers du monde professionnel du livre, tous les familiers des questions numériques de l'édition connaissent Jean Sarzana et Alain PIerrot. Qu'ils fassent à publie.net cette confiance, pour que ce travail de fond s'insère dans nos réseaux de diffusion, librairies qui nous relaient, grandes bibliothèques d'université, ou les salles de la BPI et d'autres, par simple requête de catalogue, j'en suis profondément touché. Le livre inclut aussi plusieurs dizaines de liens interactifs, discrètement soulignés, qui vous mèneront aux organismes, rapports, sites, qui en font en lui-même un outil d'étude unique : une interface overte, le temps de la lecture, sur le monde éditorial et les institutions françaises, européennes, internationales qu'il décrit.La version imprimée de l'ouvrage est disponible aux éditions du CERF. FB

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