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  • Asile

    Maryse Hache; Tina Kazakhishvili

    Parution : 2 Septembre 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Tina Kazakhishvili est photographe. Avec la série Asile (Mental Hospital) elle avance dans des couloirs saisissants et elle attrape au vol les formes humaines qui s'y trouvent. Le noir & blanc renforce les expressions et l'intensité des regards élude les détails parasites. Ne restent que les bras, les visages, les postures et ce qu'ils semblent articuler, discours solitaires et fragiles. Maryse Hache se fait porteuse de paroles et réverbération. Avec les photos de Tina Kazakhishvili qu'elle reçoit (au sens de réception, prendre, et faire toute la place pour accueillir), elle construit un fondu enchaîné de dialogues, d'appels, bribes de sensations venues des corps énonciateurs. Elle donne à lire - comme Tina Kazakhishvili donne à voir - ces paroles oubliées de tous, parquées dans des couloirs perdus, muselées de murs, de grilles, de chambres closes. Elle avance son chemin, parallèle à celui de la photographe, non pas assujettie au pouvoir des photos, mais découvreuse et accompagnatrice. D'autres chambres surgissent et d'autres murs coulissent, qu'elle explore, dont elle témoigne. Témoignage : donner à lire ce qui ne peut se dire, car les paroles sont condamnées (trop de douleurs rend muet). Et faire entendre les voix cachées des profondeurs, celles qui n'ont pas de place ou si peu, celles qui n'ont pas de forces ou les ont toutes perdues, car la vie brise. Et elle brandit ce témoignage, réparatrice. Toutes les deux marchent dans un lieu hors des normes et des hommes, un Asile, lieu de repos, de soulagement ? Peut-être simplement lieu à l'écart de tout, de tous. Et toutes les deux déplacent, remettent au centre de l'attention ce qui se trouvait relégué à la marge. En tirent leçon d'humanité, sans pitié, ni misérabilisme, mais toutes entières mues par un « Tu es. Je te vois. J'entends ce que tu ne dis pas, ce que personne n'écoute ». Travail d'acceptation de ceux-là, et invitation qui nous est faite de les voir, enfin, portés par elles. Tina Kazakhishvili continue son travail de photographe, et va capter d'autres visages dans d'autres mondes obscurs. Maryse Hache continue, en nous, pour nous, son travail du dire et du lirécrire, même si la mort l'atteint, le 25 octobre 2012. Finalement, que ce soit dans les corps, les lieux, les images ou les mots, il n'est question que de toucher, malgré tous les obstacles, ce qui ne pouvait pas s'atteindre.Christine Jeanney

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  • En taxi dans Jérusalem

    Sabine Huynh; Anne Collongues

    Parution : 3 Juillet 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une femme monte dans une voiture et indique une destination. Et le chauffeur démarre. Parfois aimable, bavard, bougon ou indiscret, autoritaire ou émouvant... Avec lui, avec eux, c'est toute la ville qui se met à parler pendant qu'on la traverse de part en part. Ce serait banal si c'était... n'importe où qu'à Jérusalem, et simple s'il ne s'agissait pas d'une passagère voyageant seule, et simple si la situation même du pays n'était pas infiniment compliquée, et si souvent dans l'urgence. Sabine Huynh attrape ces conversations, limitées dans le temps, et en fait de petits capteurs qui prennent la température des lieux, le fil des pensées immédiates. Ce sont des instants flash, surprenants, éclairants, qui en disent peut-être plus long sur la ville et ses habitants que les discours. Anne Collongues, elle, saisit des images comme autant de coups d'oeil fugaces jetés à travers les vitres de la voiture. C'est un autre point de vue qu'elle propose, en passagère clandestine. Un dialogue bonus soudain prend forme entre la ville et la photographe. Un voyage, fait de 26 départs et de points d'arrivée multiples. Autant de héros que de chauffeurs chaque fois dessinés à cru, autant de vies qui surgissent. Alors, êtes-vous prêts à embarquer En taxi dans Jérusalem ?CJ-Lire la présentation des auteurs

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  • Inlands

    Louise Imagine; Jean-Yves Fick

    Parution : 13 Juin 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Elle a su voir et capter la profondeur bleue que les glaces donnent à l'Islande, et même l'été, la fraîcheur de ses verts, la densité de ses marrons ; elle a fixé la lumière et pourtant celle-ci semble encore vibrer et se jouer des paysages qu'elle éclaire; ce sont des ciels, des lacs, des chemins, ce sont des montagnes, des déserts de roches, des chutes d'eau, des souffles de brume, c'est la nature multiple et nue; et Louise Imagine révèle dans ses photographies que la nature a seulement besoin d'exister pour être belle. Entrelacée à ces fenêtres ouvertes sur les paysages islandais, la rêverie poétique et musicale de Jean-Yves Fick trace son sillon, une voix d'abord ténue compose le chant d'un ostinato qui passe de rivages lumineux à des ténèbres insondables. C'est le rythme d'une fugue, la mélodie d'un voyage, l'harmonie de la poésie mêlée à celle de la photographie, et c'est l'origine d'un nous, l'origine d'un monde que ce livre pose là comme un jeu de reflets dans l'eau. Subtil et beau.Une version EPUB3 fixed-layout est également disponible. Préférez donc lire celle-ci si votre appareil le permet, elle est faite pour ça et met les photographies et le texte encore plus en valeur !Retrouvez également sur la page-livre certains brouillons et notes de Jean-Yves Fick.

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  • Double Exposure

    Maryse Hache; Tina Kazakhishvili

    Parution : 7 Février 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [Deux versions disponibles, l'une interopérable (nommée "liseuse/tablette") et l'autre en fixed-layout (nommée "iphone/ipad")]. Dans sa série Double Exposure, Tina Kazakhishvili construit un assemblage photographique de la rencontre. Deux visages ou plus, d'une même personne, s'ajoutent, se recouvrent, forment introspections et décalages, angles de vue renouvelés par les regards, les expressions, les glissements du décor.À cette double rencontre (la première entre la photographe et les visages, la seconde entre les visages eux-même et leurs reflets) se joint une voix supplémentaire : celle de Maryse Hache, voix englobante, réunificatrice, attentive à saisir jusqu'à la plus petite réfraction de l'autre, à en extraire le sens, le beau, l'intense, à s'engouffrer dans ces petits détails humains, sensibles, qu'elle perçoit, et auxquels elle donne/offre, la teinte si singulière de son écriture.Elle a choisi ici des titres botaniques et des vers justifiés pour entrer en contact avec chacune des photos de Tina Kazakhishvili, et ces contraintes, pourtant précises, accentuent la force et la liberté des images, soulignent leur fugacité et l'impression durable qu'elles laissent, comme ces ronds de lumière qui restent, longtemps après qu'on ait fermé les yeux.Qu'ajouter de plus : peut-être que c'est un texte posthume de Maryse Hache ? Et puis non : cette dernière phrase n'a aucun sens, le mot « posthume », bien laid, ne convient pas à cette publication. Il faudrait reprendre/garder ses mots et penser qu'il est ici question d'éternités enfouies.Ces photos, ces plantes, ces visages, ces mondes, des songes une fleur, allons maintenant les regarder et les rencontrer, à notre tour.Christine JeanneyDouble Exposure est né de la rencontre de Maryse Hache de Tina Kazakhishvili.La force des images de Tina Kazakhishvili.Il y a la profondeur des regards captés par la photographe. Regards lointains, perdus se dérobant à notre approche. Ou parfois regards intenses, immenses déployant leurs pensées pour mieux capter les nôtres. Tant d'émotions furtives, fragiles affleurent des noirs denses et des gris changeants. Richesse de ces expositions multiples, où les visages se dédoublent, se répondent et s'entrecroisent. Où la peau nue se pare de végétal, devient elle-même végétale, où les corps s'effacent lentement sous les reflets denses des lieux qui les accueillent. Multiplicité de l'instant, de ces sensations imprégnant la pellicule et pourtant libres de se déployer et de rayonner.La délicatesse des textes de Maryse.Il y a sa musique, mouvante et généreuse. Son écoute. Attentive.Il y a ses poèmes-fleurs, posés contre les photographies de Tina, posés tout contre, en vers justifiés comme si elle ne souhaitait pas prendre trop de place, laissant les images se déployer. C'est à nous de nous pencher, près, si près, pour en apprécier le parfum délicat, la vivacité des couleurs, la finesse de chaque nervure, pour nous laisser submerger par la texture si particulière et vivante de ses phrases. À nous d'approcher pour admirer la richesse des mondes qu'elle déploie et qui s'accordent merveilleusement aux photographies de Tina.Il y a dans cet ouvrage une alchimie précieuse et délicate. Textes et photographies se mêlent et résonnent d'un même coeur.Double Exposure est un livre foisonnant que l'on traverse émerveillé. On s'y laisse guider avec bonheur et abandon, s'imprégnant de la sensibilité vive des deux auteurs.Louise ImagineRetrouvez également leur autre livre, Asile, publié en 2013.

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  • Shanghai Double

    Pierre Vinclair

    Parution : 20 Janvier 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La ville et son doubleVilles dressées aussi loin que possible. Il suffit, en fermant les yeux, d'imaginer l'autre côté de la Terre où l'on se trouve, et c'est là-bas, ces villes qui se réveillent quand ici la nuit vient de tomber - l'imaginaire d'un monde au travail dès la première aurore de la Terre, d'un monde né d'avant et plus ancien que nous, et plus nombreux, d'un monde plus rapide aussi, d'un monde qui mêle ces images, l'antiquité la plus haute et les modernités les plus féroces, des villes comme des précipités de tous les temps. Et nous de l'autre côté, on ne possède que des noms qui claquent comme des cris - comment se défaire de ces images ?Les tours de verre et les marchés d'épices, les carrioles tirées à bras au milieu des taxis, les vieillards qui ont connu l'Histoire et les traders en veste brune qui hurlent dans l'accélération insensée des nombres qu'on n'a pas le temps de compter et qu'on s'échange - au milieu de cela, la ville, cet amas de corps, de ferrailles, de vitrines qui reflètent des immeubles que reflètent d'autres vitrines traversées par des corps marchés dans son ventre, cette masse immobile qui fait mouvement en elle possède peut-être plus d'habitants qu'un seul pays, et tout ce ciel qu'elle repousse à mesure d'immeubles érigés pour mieux compter, dénombrer, vendre tout ce qui sera possible.Comment la voir ?De la photographie comme arme de poing - intercepter les lumières, inventer un cadre pour, non pas mettre la ville dedans, mais un regard. Jean-François Devillers est photographe, il vit à Shanghai : ce regard de la ville quand on l'habite devient l'usage même du temps, de l'espace quand il est saisi en travers soi pour mieux l'habiter. Des images de J.-F Devillers, la double perspective (son éthique nue, à l'os) : les prises de vue à hauteur d'épaule, corps qui passent, contemporains d'une présence, regardent à même distance que soi les paysages que la ville invente pour qu'on prenne mesure de sa hauteur, l'étagement du monde en érections puissantes, et qu'à la saleté vivante et joyeuse d'une ville à échelle humaine réponde la propreté nette, d'acier, lointaine, des tours où là-haut quelque chose nous regarde ; et d'autres prises de vue, en hauteur cette fois, pour rendre gorge à la distance, regarder ce qui regarde, et voir de là-haut le sol qui ressemble à du ciel quand en bas on était.Texte de Pierre Vinclair qui tient du poème, de l'ekphrasis secrète, du récit aussi, ou du carnet de voyage, de cette forme libre que fabriquent les villes inconnues quand il s'agit de les dire tout en allant auprès d'elle, et comme un trajet, une trajectoire en compagnie, le partage de la ville qu'on rompt en deux, mais la part du poète, celle du photographe, ne sont pas celles que l'on croit.Lyrisme urbain, de la fièvre des passages se ressaisir et trouver langue : ici, c'est ce geste même, le nerf d'une parole rapide qui s'enroule autour et dedans les images en une même forme successivement reprise - distique, quatrain, tercet -, qui tiendrait à la fois de la ruine du sonnet, et de l'invention d'un haïku agrandi, ou quasi-doublé. En chacune ces formes, chapitres du récit, le débordement - qu'accentue un usage décentré de la parenthèse ouverte sur le vide, qu'exige une plongée sans cesse rejouée, l'épreuve d'un vertige. Chaque séquence serait comme une ville en elle-même conçue sur un terrain trop dense pour elle, et qu'enjamberait tours et quartiers, cherchant dans la verticalité de l'image et l'horizontalité du vers de quoi s'épandre et se bâtir tout entier, d'emportement et de vitesse, charriée d'antiques mémoires et en-allée dans le désir d'être au présent sa propre forme absolument moderne.AM

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  • Kalces

    Florence Jou; Samuel Jan

    Parution : 18 Novembre 2016 - Entrée pnb : 19 Novembre 2016

    Kalcesest un road movie poétique, qui a trouvé origine autour d'une performance sonore, réalisée par le collectif ConstelleR.À la voix et au texte : Florence Jou.Margaux Meurisse et Samuel Jan sont venus y mêler leurs photographies et leurs typographies.Leurs mouvements et leurs arrêts.Ainsi Kalces est né.Kalces a tissé ses images autour d'ombres et de prose coup de poin(g)t, autour de traits abrupts taillés à même le flou. Autour de murmures répétés et de chants tus.Kalces, e(s)t la mélodie qui le porte et le déploie.Kalces, e(s)t le rythme de mots soufflés, murmurés à bord de lèvres, à bout de phrases.Kalces se tait. Parfois. Puis se déploie.Kalces nous tient à bout de souffle, nous suspend aux parenthèses, nous contient entre crochets.Kalces quadrille raye éparpilleKalces retient.Kalces rayonne et nous transporteen pointillés pulsatileset lignes tremblantesen géométries saillanteset figures étoilées.Kalces se murmurese scandese psalmodie.Kalces e(s)t l'image taillée en dents de scie, l'émotion retenue à son point de tension, suspendue aux noirs profonds et éclaboussures de blancs.Kalces effleure à grain de peau, affleure le tangible et vibre d'émotions.Kalces e(s)t Poësie multiple et éclatée.Projetée là où sa couleur porte et se répand, l'emporte puis reprend tout.Louise ImagineEn plus de la version papier, une version web, un epub lisible sur tous supports ainsi qu'un epub en fixed-layout dédiée à iBooks et Readium (Chrome) sont proposées.Rendez-vous sur publie.net/weblivres/kalces/ pour la version web et publie.net/livre/kalces pour vous procurer la version papier.

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  • Blancs

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    Parution : 22 Décembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous avons le plaisir de vous présenter une nouvelle - et fructueuse - collaboration entre Louise Imagine et Jean-Yves Fick, un magnifique volume alliant poésie et photographie, et qui vient enrichir la collection Horizons.À l'injonction constante du sens, on peut sans doute encore risquer l'hypothèse que « l'essentiel est dans les marges »(Reverdy), voire dans les blancs, les espaces muets que signe la page. On a aussi laissé l'écriture aller aux blancs de la toile brute, ou apprêtée, sur lesquels les peintres laissent leurs gestes déployer ce qui, avant leur faire, l'inconnu de leur geste, ne se pouvait ni connaître ni espérer. La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ? Et qu'est toute parole, sinon « une hérésie du silence » ? Espaces, intervalles, interstices et silences. Autant d'énigmes, et parfois douloureuses. Puis des voix, pour un temps nu. Leurs mémoires. Questions auxquelles viennent ici répondre et les blancs et les récits instantanés des photographies déposées par Louise Imagine. Leurs dons. Et la même énigme recommencée : que disent de nous, juste là, sous nos yeux, ces eaux, ce fragment d'un rivage, le silence et l'intervalle, et toute la marche, toute la danse des formes ? Et quelle, leur lumière, là, juste là, sous nos yeux ? Dans nos mains, la pierre blanche du temps, et le vol songeur d'un oiseau de mer, juste où nous levons les yeux.

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  • Le cercle du rivage

    Laure Morali

    Parution : 25 Novembre 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il y a dans ces paysages maritimes une force qui nous dépasse.Comment en nier la beauté primitive, envoûtante, qui nous submerge calmement ?C'est ainsi.Le soleil se lève, dans toute sa splendeur juvénile, encore pudique.C'est ainsi, le soleil se couche dans ses amples teintes extravagantes et chaleureuses.Nous marchons sur le rivage. Pieds nus. L'eau transparente glisse devant nous, entre nos orteils, puis se retire avec sa dentelle de bulles et d'écumes, avec ses habits d'algues, de coquillages et de sable dégringolant.Nous marchons sur le rivage, attentifs à l'eau fraîche qui lèche nos pieds, à la lumière qui joue de ses couleurs jusqu'au plus intime de sa symphonie.C'est ainsi.C'est beau et intense.C'est ici que Chris Friel nous entraîne. Sur ces rivages sauvages et magnifiques. Sur ces plages inconnues et pourtant familières.Comme des tableaux à la mouvance lumineuse, les photographies de Chris Friel nous donnent à voir/toucher/ressentir la rémanence de paysages immuables. Par la profondeur de ses clichés, il nous offre l'empreinte unique - chargée de force, de couleurs et de textures - et sans cesse renouvelée de ces plages que nous avons tous un jour parcourues.Cela pourrait être n'importe où sur cette planète. Une plage quelconque d'un quelconque pays. Nous sommes de toute façon chez nous.Là où nous n'avons jamais cessé d'être.Nous marchons sur ce bord de plage. L'eau glisse, se pose puis repart, joue de sa transparence sur le relief de nos jours fatigués.Nous marchons, pensées perdues, égarées entre air eau et sable, quelque part dans cette interface fragile et éphémère, sur la ligne scintillante des éléments qui se fondent et se confondent. Pensées en vagues folles, violentes et intrusives, ou encore timides, à peine un voile nacré et elles ne sont déjà plus.Nous marchons aux côtés de Laure Morali, empruntons la trace de ses pas sur le sable humide, sur ce rivage inondé de lumière, dans cette clairvoyance des instants incisifs. Acuité des émotions qui filent se diluer et renaitre dans les vagues. Entre l'écume rose et le miroitement de l'eau.Nous suivons Laure Morali, au coeur même du voyage, dans son flot émouvant. Et écoutons. Percevons. La force des marées, de ce qu'elles remuent en nous. Au tréfonds. Là où cela brûle, et consume. Là où cela palpite. En dedans. Cela joue sur nos ancres enfantines, contracte nos amarres. Et nous tenons tant bien que mal, fragiles et ballotés.Nous tenons, en partie dilués par l'iode et le vent.Cela pourrait être n'importe quelle année en arrière, après tout. N'importe quel jour, mois ou même saison. Cela pourrait être aujourd'hui. Ou même demain.Quelle importance ?Le Cercle du rivage est un voyage, une marche lente et aiguisée sur le fil de nos sens et de nos perceptions intimes. Un voyage vers notre renaissance.Un grain d'éternité, précieux, battu par les marées et le vent du large.Et que nous protégeons précieusement dans l'alcôve de nos mains.Louise Imagine

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  • Sarajevo, lignes de fuite

    Guénaël Boutouillet; Alexandre Chevallier

    Parution : 21 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Là-bas je suis allé là-bas, pour voir, ai vu : plein champ, hors champ, lignes et courbes, de bout en bout. J'ai vu Sarajevo, laquelle ? J'ai vu j'ai vérifié, la carte ne quittait pas mes mains, pliée dépliée sans cesse. J'ai vu Sarajevo, laquelle, Sarajevo, a vu [la guerre]. [la guerre] moi je ne sais pas, pas vu : ai cru lire, parfois, en braille, [la guerre] aveugle, ai cru déchiffrer tâtonnant, déduire de l'eczéma des murs. [la guerre] j'ai entendu tonner son assourdissant silence, d'après l'assaut et son bruit total, silence d'après qui va avec. Plein champ hors champ, le silence vit dans les photos, rampant parfois dans les marges - fait une traînée grasse dans l'espace, autour.
    /> La ville elle vue, en 2004, elle vit sa vie : quotidienne/fanfaronne/ quincaillière/bricoleuse, chamaillée. Selon son cours ordinaire d'avant neige imminente. La ville elle bouine, joue. S'en fout pas mal, moi et mon oeil notre, mouvant, biais (c'est la gêne). [la guerre] là-bas ça fait dix ans, là-bas on fête l'enfance : eux les seigneurs, enfants qui jouent, leur rire résonne, partout, limpide. Et moi nous on y marche mêlé, traces mêlées comme du sang échangé,marche à travers Sarajevo, qu'on croit lire qui sitôt s'efface. Allés y foutre quoi, Sarajevo 2004 : comprendre mais comprendre quoi : [la guerre] ? Quoi, alors. Sarajevo, avant-poste d'incertain réel, contamine contaminera (les ruines présagent) : allés peut-être apprendre, lire dans son passé marqué, un peu de quoi dira notre futur : ce que je vois je le revois, je marche ensemble dans l'informé, toutes extrémités tendues à se rompre, à battre l'air pour démasquer, démasquer qui : huit lettres.
    Derrière les signes, alors.
    Voir l'envers de l'image, tenter.
    Pour voir.
    GBUn travail important, parce qu'il ne s'agit pas d'aller photographier l'autre : c'est notre ville, c'est toutes les villes, c'est habiter la ville. Et la violence, là-bas déchaînée, atteignait le sol de vieille Europe, le nôtre, et d'ailleurs c'étaient nos avions, au-dessus, et c'est notre temps au présent. Rien d'une menace loin.La parole (à cause de cette incise, dans le texte : La guerre parle......... de Guénaël Boutouillet scrute ces parcelles d'espace et ces gestes d'homme, la photographie s'interroge en permanence sur sa légitimité à traquer le beau, à justifier de sa curiosité, si elle n'est pas d'abord sur nous-mêmes.Dans la démarche de publie.net, il s'agit d'ouvrir le site à ces réflexions en acte, et utiliser l'ordinateur pour s'y glisser, comme nous le faisons en permanence dans nos recherches et navigations. On donne ici la propre mise en page des auteurs, ce qu'ils ont voulu graphiquement du rapport texte/image.FBGuénaël Boutouillet vit à Nantes, il est membre actif de l'équipe remue.net, qui a accueilli de premières mises en ligne de ce travail.Et fiers d'accueillir dans cette collection Alexandre Chevallier, dont le travail et le site sont comme un indicateur sismique des fissures du monde...

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