Publie.net

  • L''île des esclaves

    Pierre de Marivaux

    Parution : 27 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Cette collection de classiques, depuis le début, c'est ma bibliothèque numérique personnelle, constituée au fil des années. Mon cabinet de curiosités, les textes auxquels je suis le plus attaché.Nous proposons simultanément deux textes majeurs de Marivaux, mais beaucoup, beaucoup trop méconnus. Pourquoi, parce que révolutionnaires avant l'heure, instables, malsains ?Parce que, dans ces deux pièces brûlots, écrites et jouées à 20 ans d'intervalle, en 1725 et 1744, Marivaux, le roi du travestissement, des fausses apparences, le funambule des jeux de dialogue, prend pour thème l'ordre social lui-même, et la domination d'un homme sur un autre homme.Pour chaque texte, une idée de départ renversante : dès leur naissance, deux garçons et deux filles ont été élevés dans des murs, sans aucun contact avec l'humanité. Le Prince vient assister au lâcher des fauves : on les met en présence, on les confronte à un miroir - ce qui fonde notre humanité part-il d'un principe naturel ? Et s'ils réinventent nos perversions, cela les justifie-t-elle ? Voilà pour La Dispute, dont Koltès a fait l'exergue à son Solitude dans les Champs de Coton. Ou bien, voici des naufragés dans une île où les maîtres deviennent esclaves, et les esclaves, maîtres. C'est une république, mais on ne peut s'enfuir. Comment chacun va-t-il se glisser dans la peau du rôle contraire à ce que le destin lui avait assigné ? Voilà pour L'Île aux esclaves.Marchandises dangereuses, manipulation de l'être humain : mais on est sur la scène de théâtre, c'est Arlequin, à la fois naïf et rusé, avec le grain de méchanceté qu'il faut. Trop osé pour Louis XV : par un ultime artifice rhétorique, qu'il affectionne, Marivaux fera bien rentrer tout son dispositif dans l'ordre, avant de ranger.Il me semblait important de proposer ensemble ces deux singularités majeures, ces prouesses de la langue, mais ces deux laboratoires à cru de la nature humaine. Un prodige - on est quelques-uns à le savoir, on le met en partage.Chacun des textes, à titre exceptionnel dans publie.net, est accompagné d'une présentation d'une dizaine de pages.FB

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  • Le juif errant est arrivé

    Albert Londres

    Parution : 31 Octobre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La réputation d'Albert Londres (1884-1932) est indiscutable.Celui qui a laissé son nom à un des plus grands prix internationaux de journalisme était reconnu pour ses travaux d'investigation fouillés. Au travers de l'écriture, Albert Londres observe et transmet, avec minutie. Au-delà de ces seules interrogations sur un monde en mutation, c'est un devoir.Utilisant l'Histoire pour en expliquer l'actualité, l'homme, alors au sommet de sa gloire, décide d'entreprendre l'une de ses plus grandes enquêtes. Nous sommes en 1929, et c'est un sujet qu'il connaît mal : les juifs.S'ensuit un périple à travers une Europe troublée. Voyage qui commence à Londres, se poursuit à Paris en passant par les ghettos de Pologne et de Transylvanie, avant de le conduire en Palestine.Étonnamment, Albert Londres ne se rendra pas en Amérique, bien qu'il en parle à de nombreuses reprises.Dix-huit ans avant la création de l'État hébreu, son optimisme sur le sort des communautés juives de Palestine se traduit par vingt-sept articles initialement publiés en 1929 dans « Le petit Parisien » et qui donneront matière à ce livre essentiel.Tout au long de son enquête, Albert Londres relate ces extrêmes dont il est le témoin. En découvrant Tel-Aviv, il débarque à une période cruciale, où ce contraste le saisit. Loin de la misère des ghettos d'Europe centrale, la ville est ensoleillée. Les siècles d'oppression ne sont plus. Il y découvre des Juifs se comportant tels des citoyens d'un pays nouveau, dans une ville moderne et propre.Mais le trouble demeure. Le gouvernement de Sa Majesté britannique a trop promis, préparant une collision qui surviendra bien vite. La Palestine aux Arabes et aux Juifs ne sera pas telle que tous la rêvaient et l'espéraient.Par cette enquête exceptionnelle, Albert Londres n'hésite pas à avancer sur ces jugements, quitte à se tromper.Tout au long de sa lecture, chacun demeure libre de se forger sa propre opinion, et c'est là l'une des grandes forces de celui qui fut un formidable journaliste, fondateur du grand reportage.Ce livre est une part de notre histoire commune.Il nous appartient d'en saisir l'essence et l'importance de ne pas oublier.Dans une Europe face à ses démons, la préface de Michèle Kahn nous rappelle Oh ! que vous nous manquez, M. Londres !GC

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  • Le tiers livre

    François Rabelais

    Parution : 11 Juillet 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Dans Pantagruel et Gargantua, les enfances, études, farces et guerres des deux géants, le fils et le père, et dans le Quart Livre cette navigation d'île en île vers le pôle, au pays où gèleront les paroles.Si le Tiers livre est si mal connu, c'est qu'il est seulement affaire de parole.On dirait un coup de bistouri : Rabelais est prêt à raconter l'embarquement des navigateurs, et dans le dernier chapitre ils s'embarquent effectivement. Mais, comme s'il n'avait rien prévu lui-même, au dernier moment tout le monde descend. Même, alors qu'on est censé être en utopie, de l'autre côté du monde, voilà qu'on se retrouve en vieille Touraine : le fou sera celui de la cour du roi, le juge viendra de Mirebeau, la sorcière on la prend dans ces landes qui seront encore de mauvaise réputation au XIXe siècle, à Panzoult près Chinon. On la lui a assez reprochée, à Rabelais, cette apparence incohérence narrative.Mais l'utopie, dont on vient, ne suppose-t-elle pas qu'on puisse faire confiance aux paroles qui la disent, ou la promettent ?On a aussi voulu rabattre le Tiers Livre a son point de départ rhétorique : Me doibs-je marier, ou non ? demande Panurge, à quoi invariablement Pantagruel répond : soyez asceuré de vostre vouloir.... La docte « querelle des femmes » qui avait agité le XVIe siècle s'était close près de 30 ans plus tôt : ce n'est pas le thème ni l'enjeu du Tiers Livre.Alors un premier niveau de farce, récurrente, soit. Mais c'est à un déploiement complet de toutes les strates de la parole qu'on va assister, et selon son locuteur. La parole des livres, celles des horoscopes. La langue du rêve, et celle des poètes. Le muet, la sorcière. Et chaque fois on renforce la mise : le médecin et le théologien, évidemment. Mais on ajoute le philosophe (stupéfiant Trouillogan). Et, ultime « incohérence » du Tiers Livre, on décide, à l'exact milieu du livre, de s'en remettre au fou, on ne parlera plus que de folie, mais comme ledit fou on va le chercher à la cour du roi (tiens donc), il n'arrivera comme par hasard que pour clore le livre...Alors choisissez : rien de facile, mais rien qui récompense autant. Livre à la fois le plus secret (suivez les occurrences du nombre 78...) et celui qui embarque le plus loin dans la naissance même de la fiction.On a reproduit ici l'exacte version initiale de l'imprimeur Michel Fezandat, Paris, en 1552, celle qui fait autorité, révisée par Rabelais lui-même, après la première édition de 1546.

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  • La fin des livres

    Albert Robida; Octave Uzanne

    Parution : 23 Avril 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Robida est un de nos plus grands dessinateurs-illustrateurs, mais il est aussi un considérable auteur d'anticipations. On est en 1895, le XXe siècle de toutes les promesses, le siècle de l'électricité et des voyages est là tout proche qui s'annonce.Albert Robida s'est associé à Octave Uzanne pour un livre légendaire, leurs "Contes pour les bibliophiles", à cause d'un chapitre, et d'un seul : s'emparant de la reproduction de la voix, le fameux phonographe d'Edison, les deux auteurs y voient le successeur de la transmission écrite.On peut le miniaturiser, le transmettre à distance, se créer des bibliothèques de textes lus...Une anticipation parmi d'autres. Mais lorsque Robida et Uzanne, dans cette réunion de savants et d'inventeurs chacun aux prises avec ce qui s'annonce de la mutation de leur métier, développent leur système en prenant en compte le point de vie de l'auteur, les schémas économiques, la modification des usages privés du lecteur, ils nous donnent des clés vertigineuses pour nous repérer dans la mutation numérique d'aujourd'hui.Un bon électro-choc. Pour ne plus avoir peur.FB

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  • Alcools

    Guillaume Apollinaire

    Parution : 8 Avril 2012 - Entrée pnb : 28 Septembre 2016

    "À la fin tu es las de ce monde ancien"Et c'est peut-être pour cela qu'Alcools nous marque autant, nous a accompagné de ces musiques à syncope étrange, et pourtant tout ancrées dans nos perceptions les plus fines.Une borne dans l'élan moderne de la poésie, peut-être à partir de cette rature dans le manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, ce "soleil cou coupé" qui surgit pour conclure, après le grand défilé des villes d'Europe.Oeuvre qui se débarrasse en cours de route de toute ponctuation pour nous arriver avec plus de lumière.Comment ne pas en disposer à sa guise sur nos appareils numériques ?FB

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  • La Peau de chagrin

    Honoré (de) Balzac

    Parution : 16 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Un conte comme tous les contes : souhaitez ce que vous voulez, et ça va vous arriver. La mort des autres, le grand amour... Seulement, il y a un prix : cette peau qui rétrécit... Et votre vie qui finira avec elle. Pourquoi pas. Seulement c'est le Paris qui explose, juste avant que Haussmann le repeigne. Le jeu, la prostitution, l'industrie, la presse, toutes les figures du moderne sont dans l'ombre des ruelles, larvées. C'est la Peau de chagrin qui va lever le couvercle pour les nouveaux démons. Vous entendrez Baudelaire à chaque figure du récit : Dans des fauteuils fanés des courtisanes vieilles... Son Paris il l'a appris dans ce livre. Conte moderne, qui commence par une tentative de suicide avant la rançon à payer. Le mystique contre la bourgeoisie ? Mais c'est elle qui gagne. Et peut-être pour Balzac aussi, la peau de chagrin... Ce sera son premier succès, mais considérable, immense. Il écrira bien d'autres et d'autres livres, les rassemblera dans le magistral édifice de la Comédie humaine, mais une seule fois il rencontrera de cette façon l'inconscient de son époque. Livre fétiche, page turner : une fois débutée la machine vous êtes pris. Et c'est bien pour cela qu'il fallait la version numérique. FB

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  • Lettre sur le commerce de la librairie

    Denis Diderot

    Parution : 6 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    On ne lit pas un texte parce qu'il serait "utile", ni même "important". On le lit pour ce qu'il nous apprend, et met en mouvement en nous-même. Qui pour douter de notre attachement au livre, si nous lui devons le meilleur de nous-mêmes, de notre apprentissage de l'imaginaire, de ce qui transcende notre rapport au monde ? Seulement voilà: le livre a une histoire. Les dangers, la complexité, ne sont pas d'aujourd'hui. Et ce qu'on veut nommer "chaîne du livre" pour en figer les acteurs n'a jamais eu de pérennité. Le métier d'éditeur ne se distinguait pas, autrefois, du métier de libraire. La littérature et le poids d'un auteur n'attendaient pas le système des "droits d'auteur". Il n'y a aucune obligation militante à revenir à Diderot. Il ne nous donne pas de leçon pour aujourd'hui. On n'en sort pas avec plus de certitudes. C'est un travail de question, de dépli. On sépare l'objet commercial de l'objet nécessaire. On interroge les temps, d'écriture, de circulation. On examine la question du littéraire par rapport à la question de l'industrie. On met en perspective le rôle régulateur de l'État, et les questions liées à la censure. Ce qui est fascinant, dans le "plaisir" qu'on a chaque fois à lire Diderot, c'est que finit ici la fable comme quoi les gentils auteurs s'occuperaient de leurs histoires, et sourire aux tables des salons du livre à pots de fleur, et que de l'autre côté des gens sérieux, parce qu'ils s'occupent des flux économiques, seraient en charge des choses savantes. Diderot s'embarque dans la partie savante, mais il le fait du point de vue l'auteur. Ce qui est fascinant, parfois jusqu'au vertige quand on considère la modernité et l'actualité de ses formulations, même dans la mutation accélérée que nous abordons, c'est la façon dont il ouvre et nous présente une complexité nécessaire. Tout du long de ce texte géant, on aura ces brillances, ces inquiétudes, qui rejaillissent sur la légitimité de ce qu'on fait, et pourquoi on s'y attelle. La leçon de complexité de Diderot vaut bien sûr pour notre aventure numérique. Elle vaut pour une société secouée, qui se replie sur des savoirs marchands qui la barricadent encore plus. Il y a longtemps que je voulais que ce texte, symboliquement, ait sa présence dans notre catalogue. Il l'articule. Oui, nous marchons à neuf. Dans ce paysage neuf, ce qui sauve, c'est combien ces questions-là, les plus décisives, sont anciennes. Cette mise en lignée est dédiée à Alain Pierrot. FB

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  • Conseils aux jeunes littérateurs

    Charles Baudelaire

    Parution : 3 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Baudelaire était certes le mieux placé pour nous convaincre des tactiques à succès pour le destin littéraire.Mais ce texte célèbre lui permet quelques piques de vengeance, un état des lieux du métier de la littérature et ce qui l'entoure qui n'ont rien d'inactuel, et un beau portrait socio-critique de l'écrivain.Les chapitres s'intitulent : des créanciers, des maîtresses, de l'éreintage, du travail journalier et de l'inspiration - une "tendresse toute fraternelle" nous prévient Baudelaire avant de nous délivrer ses leçons d'insolence.Mais lisez ce passage, sur l'art de la "rature", avec citation de Delacroix: "L'art est une chose si idéale et si fugitive, que les outils ne sont jamais assez propres, ni les moyens assez expéditifs. Il en est de même de la littérature ; - je ne suis donc pas partisan de la rature ; elle trouble le miroir de la pensée."Baudelaire nous leste notre sac d'une bonne poignée de pareils. Gracq parlait de littérature à l'estomac, c'est là qu'agit le médicament Baudelaire : salutaire.FB

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  • Peau d'Âne

    Charles Perrault

    Parution : 5 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Qui ne connaît pas les contes de Perrault ? C'est comme les fables de la Fontaine, un patrimoine quasi originel. Mais ce qu'on connaît, c'est les histoires. Comme infiniment reprises, déclinées, racontées. Quand ce n'est pas remplacées par les adaptations filmiques, parfois chargées de tout le merveilleux de l'enfance. Mais, comme dans la Fontaine aussi, c'est ce creuset de la langue française au 17ème: comme Racine, comme Bossuet, comme Sévigné ou un peu plus tard Saint-Simon. La langue s'aventure dans des terrains neufs, s'y ébroue, et ne peut y tenir que par ce parfait équilibre, cette respiration. Elle découvre qu'ici, dans ce terrain neuf, elle entre en possession de son bien - mais elle ne reconnaît plus sa propre peau, sa propre forme. Perrault a écrit en prose (on rassemblera bientôt ici les contes en prose), et en vers. Un conte de facture peut-être plus classique, où se forge l'outil: Griselidis. Et Peau d'Âne. Dans Peau d'Âne, on retrouve les figures sans lesquelles il n'y a pas le conte: la gueuse à la fin épouse le prince. Mais ceux qui lisent Saint-Simon savent bien la dimension et le déséquilibre que prend, au temps de Louis XIV, le mariage forcé. Les Mémoires du "petit duc" sont remplis de ces récits pathétiques, vies sacrfiées. Perrault attaque ici. Non seulement on va marier la fille du Roi de force, mais c'est son père qui veut l'épouser. Débordement de l'ordre: l'inceste s'ajoute à l'autorité imposée. Il n'y a pas de recours, que se détruire: Peau d'Âne, en gagnant ce nom, construit sa destruction. C'est ce qui rend si beau le vers, sa coupe, sa syncope. Depuis combien de temps n'avez-vous pas lu Peau d'Âne ? Et si vous préférez écouter, version audio (26') à télécharger...FB

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  • Journées de lecture

    Marcel Proust

    Parution : 19 Janvier 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'énigme et la magie de la lecture, devenant elles-mêmes un texte d'enchantement, une leçon et un guide. De ce laboratoire où Marcel Proust revient à son enfance, naîtra toute armée sa Recherche...La magie circulaire de A la Recherche du temps perdu, c'est que le narrateur, tout à la fin, commence de rédiger le livre dont nous venons de finir la lecture. Assomption par le monde des lois de l'écriture, et de son héritage : la grand-mère avec son parler Sévigné, M. de Charlus avec Balzac, et les lectures d'enfance du narrateur, sa passion pour la simplicité de George Sand.On sait que Marcel Proust a dû attendre ses 37 ans pour que cet accès à l'écriture de ce qui deviendrait A la Recherche du temps perdu lui soit enfin possible. Mais que toute sa vie et son tavail jusque là y tendaient, depuis les esquisse de Jean Santeuil aux traductions de Ruskin, aux essais sur Baudelaire, Flaubert et Nerval rassemblés dans le Contre Sainte-Beuve.Traditionnellement (il a déjà plusieurs fois été édité de façon autonome), ses Journées de lecture sont désormais considérées comme un moment spécifique, une étape de ce virage. Texte pour une fois définitivement fixé par Proust, il sert de préface à sa traduction de Sésame et les Lys de Ruskin (sous le titre initial, encore plus direct, de : Sur la lecture). Mais les matériaux qu'il y emploie sont décisifs : certains s'intègreront quasiment tels quels à Combray. Et admirons, au passage, la place de l'écriture dans cette société à laquelle la première guerre mondiale mettra un terme : le lien lecture-écriture posé de façon aussi liée.Et peu importe les livres, même si on croisera Schopenhauer ou Racine et Shakespeare: ce qu'il nous dit, c'est le temps de la lecture, le rapport aux heures, à l'essentielle solitude.Texte d'amour, qui nous renforce - très simplement - dans notre rapport nécessaire à lire. Et renouvelle de façon étonnamment vivante le pacte que nous tissons aujourd'hui avec la lecture via nos écrans.

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  • Mémoires d'un fou

    Gustave Flaubert

    Parution : 3 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Flaubert avant Flaubert, et déjà Flaubert.Flaubert dans ses vingt ans : pour cela qu'on lui souhaite lecteurs d'aujourd'hui cet âge. Révolte, initiation, furie dans la langue.Flaubert n'a pas encore fait la révolution qui le mènera à sa propre oeuvre. On sait qu'il faudra cette longue lecture de la premire Tentation de Saint-Antoine à Bouilhet et du Camp, puis le départ en Orient, et là-bas, en Égypte, l'idée de la Bovary.Ici, ce sont des écrits qu'on nomme, trop facilement, de jeunesse. Mais Flaubert jeune, est-ce que ce n'est pas déjà tout Flaubert? Une passion radicale de l'écriture, la notion de style, le refus artiste du monde. Et la vie a pris sa dîme: les études de droit vite interrompues, c'est le décès de sa soeur Caroline, les crises d'épilepsie, la volonté à tout prix d'imposer une oeuvre.De Mémoires d'un fou à Novembre, c'est le même dispositif, la même tentative. Elle est nourrie de Hugo, de Byron. Mais sans Byron, est-ce qu'il y aurait la folie propre à madame Bovary, et ce qui la pousse et à la transgression (vis-à-vis de laquelle son amant adultérin, qui n'est pas romantique, fait bien pâle) et sa fin.Cette gestation qui se prépare, par et dans la langue qu'il lui faudra brisée, nous qui savons notre Flaubert, bien sûr c'est cela qu'on lit. Mais est-ce qu'il n'y a pas à lire aussi ces textes pour eux-mêmes, chemin vers l'oeuvre, l'écriture saisie à bras, sachant que c'est dans cette danse de l'excès, et soi-même poussé à limite, que se fera l'invention? La figure du fou alors est bien moins légère qu'il n'y paraît: folie en soi qu'il s'agit d'abord d'atteindre.Et nous les aimons, ces phrases de Flaubert avant l'étreinte. Vous savez, la phrase de Proust: Comme nous les aimons, ces lourds matériaux que la phrase de Flaubert soulève et laisse retomber avec le bruit intermittent d'un excavateur.Une seule adresse pour prolonger : le site Flaubert de l'université de Rouen, fondé par Yvan Leclerc, voyage complet.FB

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  • Les Fleurs du Mal

    Charles Baudelaire

    Parution : 8 Avril 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Mise à jour du 10/04/2012 : nouvelle version ePub pour iPad et liseuses. Pas forcément pour L'Albatros, la Chevelure ou le Chat rabâchés à l'école, mais pour les Tableaux parisiens, pour le vin et la mort, pour le Voyage et l'inconnu qu'on y trouve. Pour les Spleens et comme ils s'ancrent dans notre propres fêlures. Pour cette langue en syncope et majesté, toute or et verts, où se fonde toute la nôtre..."Avalanche veux-tu m'emporter dans ta chute..."Comment, si Baudelaire est présent depuis les premiers textes mis en ligne sur publie.net, ne pas vous proposer, pour votre ordinateur, un des plaisirs et des puits essentiels de toute notre langue, les Fleurs du Mal ?.Pour ma part, qui n'ai jamais eu le syndrome du collectionneur (figure présente chez Benjamin), j'ai de toujours accumulé les éditions des Fleurs du Mal : l'édition Corti faisant bien sûr référence, mais aussi mon gros livre relié cuir rouge de l'Imprimerie Nationale (dont j'ai supprimé les illustrations, remplacées par des portraits de Baudelaire pris à d'autres livres), et cette petite édition chinoise vendue 2 francs, pendant un temps, qu'on pouvait laisser dans la voiture ou dans le sac. J'ai aussi des traductions, on m'a même offert, un jour que j'avais parlé de Baudelaire dans une fac à Tokyo, une traduction japonaise. On rêve autrement, à reconnaître le texte, mais sans les mots, et j'ai besoin de ce rêve. Et le dernier cadeau qu'on m'a fait : la plus petite édition des Fleurs du Mal, grosse comme un ongle...Parce qu'on revient toujours à ce mystère absolu de la langue. Parce que les enjeux en restent parfaitement actuels des Fleurs du Mal, les travaux abondent : recommandons cependant l'inusable Baudelaire de Walter Benjamin (Payot).Il s'agit ici d'une lecture plaisir, on l'a basée sur l'édition originale des Fleurs du Mal, donc sans Les Épaves - mais tel que surgit à la langue ce monument principal et bouleversant.FB

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  • Trois nouvelles

    Guy (de) Maupassant

    Parution : 3 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'immense corpus, si vivant, si multiple, de Maupassant est largement accessible sur Internet. Mais pas forcément en bon état : la question essentielle étant celle de l'ergonomie écran, du plaisir à lire qui conditionne le plaisir du texte. Et puis, comment s'y repérer, par quoi commencer ?Pour y voyager, hommage par exemple au site historique et pionnier de Pierre Perroud, Athena, où j'ai bénéficié de ma première initiation à la mise en ligne, dès 1997. C'est un véritable trésor qu'il nous propose, avec près de 280 Contes et nouvelles en version html, sans compter les poèmes.Des textes souvent écrits le soir entre 22h30 et minuit, qu'un couriser portait au journal pour être publiés dès le lendemain. Et cette contrainte, ou tour de force, donnant leur élan principal aux nouvelles, ce ton rauque, ce déni de littérature qui la rehausse en y englobant de plus près l'expérience du monde.Alors voici (il y en aura d'autres), arbitrairement rassemblées (les recueils de Maupassant, dans les reprises et les regroupements, sont une magnifique introduction à cette idée d'arbitraire éditorial), trois nouvelles parmi mes préférées.L'Épave pour raison très autobiographique (la ville de La Rochelle, l'estran dans le pertuis de Ré, et même le nom du Jean-Guiton, bateau qui a joué grand rôle dans vie de mon propre père.Miss Harriet parce que la Normandie, mais ce geste de peindre qui anticipe l'atelier d'Elstir (la notion d'étude là aussi) : figures d'artiste où s'entendent les grognements de Croisset.Les Tombales parce que ces cimetières urbains, lire le récit des frères Goncourt le jour même de l'enterrement d'Isidore Ducasse...Et quel plaisir de s'y glisser avec la souplesse d'un iPad, ou d'une "liseuse" : nous redécouvrons le plaisir de lire, d'annoter, de partager - alors comment résister à reconstruire ici le meilleur de notre bibliothèque ?FB

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  • René

    François-René de Chateaubriand

    Parution : 20 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pour le seul plaisir de la phrase de Chateaubriand, pour la brièveté et la densité de ce texte, pour la fondation de l'approche romantique, et pour le plaisir que j'ai moi-même ces dernières semaines à découvrir l'échelle géographique du continent américain !Et une prose fondatrice de tout l'élan lyrique dont est capable la nôtre.Sa brièveté même à la mesure inverse de la Révolution qui s'accomplit, a contraint Chateaubriand a l'exil, décapite son frère. C'est aussi en creux qu'il faut lire ce magnifique poème en prose sur le destin et l'aventure humaine.FB

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  • Les nuits d´octobre

    Gérard de Nerval

    Parution : 16 Octobre 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les bouleversements littéraires les plus féconds sont parfois les plus discrets.Les thèmes et événements dont il est question dans ce récit se retrouvent dans d'autres textes de Nerval. Mais ici, c'est la ville qui est l'affrontement principal. Vingt-six sections brèves, chacune accrochée à un lieu, des Halles en pleine nuit, d'un café de hasard, ou la traversée de Pantin, ou la rencontre avec ce gendarme qui met l'auteur en prison pour défaut de passeport.Mais, à l'intérieur de chaque séquence, la totalité-langue qu'est la ville : des fragments de la langue parlée, des prononciations qui changent d'une situation l'autre, mais aussi les inscriptions, les enseignes et les réclames : pas un hasard si Breton et Aragon, pour Nadja et Le Paysan de Paris s'en iront traverser leur Gérard...Et qu'on passe de ces notations ambulatoires, tout saisi dans la cinétique et le mouvement, prose qui n'a pas le droit d'arrêter, aux rêves qu'induit la ville, l'ombre d'Aurélia proche, et ces corridors qui le hantent.C'est pour cela que ce texte est inépuisable, et un des préférés des nervaliens d'âme : on sait de quel prix mental Nerval pouvait payer ces crises d'angoisse qui le laissaient nu et fuyant dans ces mêmes rues ici illuminées et bavardes. Et c'est aussi dans cette nuit de Paris, tout au bord des Halles, qu'il ira se suicider dans sa lanterne finale.FB

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  • La Dispute

    Pierre (de) Marivaux

    Parution : 27 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Cette collection de classiques, depuis le début, c'est ma bibliothèque numérique personnelle, constituée au fil des années. Mon cabinet de curiosités, les textes auxquels je suis le plus attaché.Nous proposons simultanément deux textes majeurs de Marivaux, mais beaucoup, beaucoup trop méconnus. Pourquoi, parce que révolutionnaires avant l'heure, instables, malsains ?Parce que, dans ces deux pièces brûlots, écrites et jouées à 20 ans d'intervalle, en 1725 et 1744, Marivaux, le roi du travestissement, des fausses apparences, le funambule des jeux de dialogue, prend pour thème l'ordre social lui-même, et la domination d'un homme sur un autre homme.Pour chaque texte, une idée de départ renversante : dès leur naissance, deux garçons et deux filles ont été élevés dans des murs, sans aucun contact avec l'humanité. Le Prince vient assister au lâcher des fauves : on les met en présence, on les confronte à un miroir - ce qui fonde notre humanité part-il d'un principe naturel ? Et s'ils réinventent nos perversions, cela les justifie-t-elle ? Voilà pour La Dispute, dont Koltès a fait l'exergue à son Solitude dans les Champs de Coton. Ou bien, voici des naufragés dans une île où les maîtres deviennent esclaves, et les esclaves, maîtres. C'est une république, mais on ne peut s'enfuir. Comment chacun va-t-il se glisser dans la peau du rôle contraire à ce que le destin lui avait assigné ? Voilà pour L'Île aux esclaves.Marchandises dangereuses, manipulation de l'être humain : mais on est sur la scène de théâtre, c'est Arlequin, à la fois naïf et rusé, avec le grain de méchanceté qu'il faut. Trop osé pour Louis XV : par un ultime artifice rhétorique, qu'il affectionne, Marivaux fera bien rentrer tout son dispositif dans l'ordre, avant de ranger.Il me semblait important de proposer ensemble ces deux singularités majeures, ces prouesses de la langue, mais ces deux laboratoires à cru de la nature humaine. Un prodige - on est quelques-uns à le savoir, on le met en partage.Chacun des textes, à titre exceptionnel dans publie.net, est accompagné d'une présentation d'une dizaine de pages.FB

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  • Le grand Meaulnes

    Alain-Fournier

    Parution : 7 Avril 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il n'a rien perdu de sa magie. Et même, à mesure qu'on s'éloigne de l'époque, la phrase en est si belle... Qui de nous pour ne pas se souvenir de l'aventure du Grand Meaulnes ?Sans doute, pour ceux de ma génération, c'était plus facile : les écoles primaires étaient les mêmes, et il y avait un forgeron maréchal-ferrant dans la rue principale du village (à Saint-Michel en l'Herm, il s'appelait Jubien).La vie n'avait pas tant changé, lieux, circulations, objets, du temps du Grand Meaulnes à nos années cinquante. La bascule est venue après, radicale. Michel Chaillou citait souvent cette phrase extraordinaire, où le seul adjectif ordinal suffit à conditionner et le mystère et le rêve : Et, toute la nuit, nous sentions autour de nous, pénétrant jusque dans notre chambre, le silence des trois greniers - pourquoi trois ? Tout tient à ce trois. Mais le mot grenier qui était pour ceux de mon âge associé à un univers bien concret, une odeur de pommes séchant tout l'hiver du côté maternel, et celle des pneus Michelin neufs du côté paternel, que représente-t-il lorsque nous intervenons en collège, ou cherchons à reconstruire la même bascule fantastique avec l'univers urbain des collégiens d'aujourd'hui.Mais tel est le mystère de la lecture et du conte que les adolescents d'aujourd'hui, lorsqu'ils se glissent dans le Grand Meaulnes à leur tour, y installent des rêves qui ne sont pas les nôtres - mais le fonctionnement du rêve, sa machine à merveille, l'étrangeté de Frantz, le mystère d'Yvonne, si.Je crois que j'ai relu le Grand Meaulnes à chaque étape de ma vie. Maintenant encore, tous les deux ans, trois ans. Et toujours des découvertes : récemment, Pierre Bergounioux cite souvent la construction séquentielle des premières pages, la mère du narrateur mise littéralement à l'ombre, remplacée par la mère d'Augustin, et cette terrible phrase qui est la première que le narrateur entend - si on met Augustin Meaulnes en pension ici, c'est que son frère s'est noyé, le narrateur prenant ainsi la place du mort.C'est une trappe à mystère - la fête qu'on ne retrouve plus, chacun la porte en soi à jamais. Une écriture séquencée comme le cinéma, qui n'existe presque pas encore, pour la plus belle leçon de rêve et d'adolescenceFB

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  • Oraison à Henriette d´Angleterre

    Jacques-Bénigne Bossuet

    Parution : 8 Janvier 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous mourons tous, disait cette femme
    dont l'Ecriture a loué la prudence au second livre des Rois, et
    nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se
    perdent sans retour. En effet, nous ressemblons tous à des eaux
    courantes. De quelque superbe distinction que se flattent les
    hommes, ils ont tous une même origine ; et cette origine est
    petite. Leurs années se poussent successivement comme des
    flots ; ils ne cessent de s'écouler ; tant qu'enfin,
    après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de
    pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre
    dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni
    toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les
    hommes ; de même que ces fleuves tant vantés demeurent sans
    nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus
    inconnues.

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  • Divagations

    Stéphane Mallarmé

    Parution : 10 Décembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Étrange Mallarmé, qui publie si peu mais si dense, traduit les poèmes d'Edgar Poe là où Baudelaire avait renoncé, accumule dans des boîtes à thé des papiers crayonnés qui bouleversent aujourd'hui notre conception de la page, du livre, de ce qu'est écrire.La poésie, certes, comme expérience première de la langue. Quand Mallarmé s'embarque en prose, c'est encore l'extrême de la poésie. On trouvera ici deux textes essentiels de toute notre modernité, pour aujourd'hui encore, Crise de vers et Quant au livre.Mais il y adjoint des pièces dites de circonstances : ses médaillons d'auteurs en pied, mais évidemment lui il y place Rimbaud, Verlaine, Villiers de l'Île-Adam.Et ses Crayonnés au théâtre, via Wagner ou Debussy, ou l'approche d'Hamlet, interrogent sur le fond la question de la représentation.Alors laissons d'un bloc ce livre qu'il a composé, tout en disant qu'il n'aimait pas cette composition. Il suffit de savoir que cet ensemble à la pointe de notre langue porte ce noyau en fusion incandescente, Crise de vers, pour en rendre la présence nécessaire dans le puzzle numérique qu'est la bibliothèque de votre iPad, votre liseuse ou votre ordinateur.FB

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  • Sylvie

    Gérard de Nerval

    Parution : 22 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Qui n'a pas rêvé à ces habits trouvés dans un grenier, à ces danses et bals, et de pouvoir se glisser à nouveau dans ses grands rêves d'enfance ?C'est un livre du sercet et de la nostalgie. Un livre de fête, mais l'ombre de la folie, que retient ou contient le narrateur, donne son double-fond au réel, le dresse comme énigme impalpable.Non seulement c'est un plaisir immense de lecture, mais nous-mêmes, aujourd'hui, le lisons autrementn, ayant lu Marcel Proust et Julien Gracq. La prose ici est poème, et l'instance de notre plaisir dans le texte, nous savons le prendre au rythme et au chant, à la façon la couleur de la phrase.Nous proposons ici, non seulement de relire confortablement Sylvie, mais de lire le texte du virage : la façon dont Marcel Proust lit Sylvie, et ce qu'il nous donne à y voir.Ne laissez pas de tels puits de bonheur, de rencontre avec soi-même, trop s'éloigner - ils méritent l'accompagnement, la visite.FB

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  • Le scarabée d´or

    Edgar Allan Poe

    Parution : 22 Octobre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Edgar Poe n'est pas un auteur rare. On en trouve des versions numérisées depuis le début de l'Internet littéraire.Ce qui est rare, c'est son statut dans notre bibliothèque, dans nos dettes de lecteur.Ainsi, Le scarabée d'or est le premier titre d'Edgar Poe que j'ai lu, je devais avoir 10 ou 11 ans, minuscule petit livre relié (je crois que c'est d'abord le format qui m'a paru mystérieux) dans l'armoire vitrée de mon grand-père maternel.Et puis, lu d'une traite, cette impression, récurrente avec Poe, qu'on n'a jamais rien lu de tel. À cause de la traduction de Baudelaire, ses curieuses harmoniques, ses amplifications discrètes, ou sa propre dévotion, ou sa simple magie du rythme ? Ça doit probablement compter.Mais tout simplement parce que c'est Poe. Ce format bref, destiné à la publication magazine, et son propre goût pour le bizarre.Et qu'on s'y reconnaît de suite : ce sont les codes et canevas des récits d'aventure, des récits fantastiques, des enquêtes de détective, ou des livres de voyage. Seulement, à un moment donné, discrètement, le code est mis en cause : on ne parle plus que d'un seul thème, le cerveau, et ses possibles dérèglements, et ce en quoi alors, en retour, cela affecte la perception du monde et même c'est là le fantastique singulier de Poe, la réalité même.Le scarabée d'or ne propose pas les mêmes chamboulements théoriques qu'on peut tirer de Usher, Le puits et le pendue, Descente dans le maelstrm, Metzengerstein ou Manuscrit trouvé dans une bouteille. Mais c'est un récit plus long que les autres, presque un premier élan vers le grand récit de navigation vers l'Antarctique rêvée, Arthur Gordon Pym. Mais c'est aussi un peu permanent avec le langage, l'art épistolaire, les énigmes codées, et le célèbre manuscrit à déchiffrer.Peut-être un des plus beaux exemples de pure littérature.FB

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  • Les Illuminations

    Arthur Rimbaud

    Parution : 22 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il faut être absolument moderne, disait-il dans Une saison en enfer : et si c'était dans ses Illuminations que Rimbaud le devenait définitivement, dans ce texte inépuisable ?La ville, aperçue, multipliée, les silhouettes, les rêves, les transformations du monde.Un constant saut d'ajustements, distance, vitesse, coupes narratives, de phrase à phrase, constituant même parfois le texte de ces phrases traitées comme des objets indépendants.Qu'il s'agisse d'un harpon autobiographique (Enfances, vagabonds), d'une lancée allégorique (Villes, Promontoires), ces éclats de textes ont une visée de saisie totale du monde.Et plus on les pratique, plus chaque fois un de ces éclats surgit devant vous à neuf.Alors, oui, important d'en disposer en permanence sur nos supports nomades : une version epub intégrale et fiable, pour affichage sur iPad et autres supports, avec toutes vos fonctions habituelles de repérage, annotations, extraits et recherche. Mais, en exclusivité, nous proposons aussi une reconstitution numérique PDF fac-simile de l'édition originale.On a bien sûr conservé la présentation initiale de Paul Verlaine, premier assembleur de ce texte gigantesque. FB

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  • Le peintre de la vie moderne

    Charles Baudelaire

    Parution : 22 Octobre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Dans le milieu du XIXe siècle, un peintre, désigné ici par son initiale, part sur les champs de bataille de Crimée, et dessine directement ce qu'il voit. Les progrès techniques font qu'en quelques jours ses dessins parviennent à Londres et sont reproduits par la presse. C'est une révolution : des événements qui se produisent à distance, donc invisibles, sont représentés presque en temps réel (pour ceux de l'époque, presque de façon simultanée), et nous parviennent sous forme d'image, sans récit associé. Notre compréhension du monde bascule.Baudelaire, qui n'a pas eu l'intuition de la photographie et loupe son texte sur ce qu'elle bouleverse, se révèle ici un précurseur d'un point essentiel de notre modernité, et c'est stupéfiant.C'est aussi la représentation de la ville, de la foule, du mouvement. La ville est perçue dans son anonymat, ses cinétiques. Ce qui se joue dans le texte de Baudelaire, c'est l'émergence d'un vocabulaire et d'un mode de pensée qui n'ont pas de précédent, et où lui-même saura bien reconnaître sa dette à Balzac...La foule, la ville, la vitesse, l'anonymat, l'accident, l'art et la pensée, la simultanéité, le réalisme, Le peintre de la vie moderne est un texte visionnaire de Baudelaire. Quel plaisir quand une université ou une école d'art nous fait confiance pour une conférence : on remonte toutes les catégories qu'a, avant nous, exploré Walter Benjamin...Et quel plaisir de le redécouvrir via le numérique, plutôt que perdu dans les oeuvres complètes de Baudelaire : texte revigoré à neuf, et sa version epub pour iPad ou smartphone pour le lire dans une gare, ou en pleine rue...FB

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  • Contre Sainte-Beuve

    Marcel Proust

    Parution : 24 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Proust dans son atelier. Un Proust qui cherche, et qui rage. Qui s'en prend à sa mère (dans un texte qu'elle ne lira pas), parce qu'elle n'aime pas Baudelaire. Et capable de tenir 10 pages sur cette réflexion mesquine de Sainte-Beuve, le puissant feuilletoniste et amant de madame Hugo, qui voyait dans les Fleurs du Mal un "petit pavillon" tout au bout du "Kamchatka littéraire". Un Proust qui attrape à bras le corps tous les défauts de Balzac, mais pour dire en quoi la littérature procède précisément de ces défauts, et de la masse imparfaite. C'est cette phrase de départ, pour lui qui a toujours vécu dans le plus sensible, et à 35 ans comprend son échec : Chaque jour j'attache moins de prix à l'intelligence. Les ébauches ici sont fascinantes, parce qu'au bord de basculer dans La Recherche. Les souvenirs d'enfance (mais c'est du pain grillé qu'on trempe dans le thé, pas encore la madeleine), la figure osseuse des nobles et leur monde aux entrées closes (mais elle est comtesse, la future duchesse de Guermantes), ou la nuit, ou la première nappe - la race maudite - d'un tableau de l'homosexualité. Alors, pour nous tous, le Contre Sainte-Beuve est la fabrique, là où on voit Proust aux prises avec l'écriture, et pas encore dissout dans le narrateur qui bientôt gommera de La Recherche tous les échafaudages. Ce dont il est question ici, c'est d'invention littéraire, c'est du saut contre soi-même. Ce que résume bien ce mot de Proust : Non, pour écrire aussi bien que Voltaire, il faudrait commencer par écrire autrement que lui.Et parce que nous avons tous ce livre au-dessus de notre table de travail, voici de quoi l'embarquer sur votre iPad (version epub) ou votre Kindle (version Mobipocket), votre Orizon ou votre téléphone. Et le disséquer à l'ordinateur, avec tous les outils possibles ou tout simplement, en lecture seule, le feuilleter à l'écran, intégralement. FB

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