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  • Caravaggio, le dernier jour

    Bona Mangangu

    Parution : 13 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Écrire, donner du sens, dire sa vie et la raconter, pour savoir, soi, ce qu'on a vécu, pour comprendre le sens de son passage dans le monde coloré et mouvementé, impétueux aussi, pour saisir en soi et dans les autres l'humanité, pour écouter le son qu'elle rend quand elle est parvenue aussi loin qu'il est possible dans l'existence. Seul le récit qu'on en fait permettra de reculer d'un pas, et de comprendre, et de transmettre sa compréhension. Caravaggio est parvenu à ce qu'il est convenu d'appeler le soir de sa vie ; ce soir déploie ses ombres et ses clairs-obscurs, ses derniers éclats de lumière aussi dans le texte. Il s'est placé dans un étrange lieu d'où parler, d'où s'adresser aux hommes, lui qui bientôt ne sera plus de ce monde. Il n'est pas tout à fait dans un autre monde, il est sur le seuil de ce monde. Tel, quand on est sur le départ, on se retourne une dernière fois et on ajoute quelques phrases encore. Il nous dit ce qu'il lui est essentiel de livrer sur son art, sur le lien intime entre lui et le monde, par quoi la singularité d'un artiste est universelle. Car en elle, humanité et création s'entrelacent et tissent un lien profond avec le monde complexe dans lequel nous sommes tous. Son regard est déjà fixé au loin mais il discerne encore des détails qui rendent toute la scène intensément vivante. Bona Mangangu tient cette note tout au long du livre, dans un monologue essentiel et d'un seul souffle. Comme chanté.Isabelle Pariente-Butterlin

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  • C'est

    Michel Brosseau

    Parution : 24 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'écriture de la série s'est effectuée après lecture du C'était, de Joachim Séné, paru initialement pendant un an sur le blog d'écriture collaborative Le convoi des glossolales, puis repris sous forme d'ouvrage papier aux éditions publie.net. Reprise de la même contrainte formelle, une série d'observations démarrant par une même formule, et concernant le travail, publiées au fil des semaines sur mon site, sans périodicité définie. Le chantier s'est poursuivi pendant presque deux années scolaires, alimenté de réflexions désordonnées et d'images qui se proposaient sur le quotidien du métier d'enseignant. La transcription d'une expérience, d'un vécu au travail.- Michel Brosseau

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après t.2 ; 2007

    Laurent Grisel

    Parution : 30 Novembre 2016 - Entrée pnb : 1 Décembre 2016


    « Ce qui est aigu, dans le moment que nous vivons (...), c'est la conjonction de trois crises : financière, écologique, géopolitique. »

    Entamé début 2006, dans un deuxième tome qui peut tout aussi bien être lu indépendamment du précédent, le journal de Laurent Grisel nous fait entendre le bruit sourd des faillites et des férocités qui annoncent et préparent ce que les médias nommeront « la crise de 2008 ». Très documenté, toujours limpide malgré la complexité des mécanismes qu'il décrypte, le Journal déjoue les manipulations médiatiques à l'oeuvre dans les discours politiques et économiques qui continuent d'avoir cours aujourd'hui. Banqueroutes, mais aussi élection d'un président d'extrême droite en France, découverte de l'ampleur de l'économie invisible (celle des produits dérivés et de la spéculation) et de son emprise sur l'économie visible, assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, luttes et désespoirs ouvriers, conséquences des dérèglements climatiques sur la vie humaine et non humaine, autant de fils qui sont suivis et noués au cours de cette année charnière. L'écriture du journal, fine, régulière, dont l'objet n'est rien de moins que la compréhension d'un monde en fusion, recèle des moments plus sereins de vie personnelle : voyage au Japon, notes prises le long de l'écriture de livres en gestation, parmi lesquels le Journal lui-même dont l'architecture commence à prendre forme. Un geste politique, sensible, littéraire et citoyen.

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  • La partie

    Jean-Pierre Suaudeau

    Parution : 30 Juin 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le ballon rond en littérature... peut-être que la meilleure manière de regarder un match c'est encore de le lire !Qu'est-ce qui traverse l'esprit d'un joueur de football quand il est sur le terrain ou dans les vestiaires ? Quand il loupe, quand il réussit, quand il a froid, quand il court, quand il se bat ? C'est ce que Jean-Pierre Suaudeau explore en six parties : approche, échauffement, première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps, fin de partie, le tout pour une lecture d'1h30 environ, soit la durée d'un match (vous voyez comme il a bien pensé les choses). Une équipe de football comme un régiment qui part en guerre, dans le froid et dans la boue : c'est bien plus que taper dans un ballon, et les combattants qui attendent chaque semaine le nouveau coup de sifflet de l'arbitre, ne le font finalement peut-être pas pour la victoire mais pour la bataille...

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  • MacGuffin

    Anne-Sophie Barreau

    Parution : 25 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le principe du MacGuffin, élément moteur qui fait avancer une histoire en entraînant les personnages dans ses péripéties, presque toujours un objet, généralement mystérieux, date des débuts du cinéma, mais l'expression est le plus souvent associée au cinéaste Alfred Hitchcock. Dans le livre d'Anne­-Sophie Barreau, cet objet est un téléphone, son iPhone perdu à San Francisco, le jour de son anniversaire, lors d'un voyage effectué avec son compagnon en Californie.Qu'est­-ce que l'on perd au juste quand on égare son téléphone portable ? Des images, des souvenirs, des contacts ? Les souvenirs refont surface peu à peu dans le désordre du surgissement des images, le labyrinthe qu'elles décrivent en nous, en même temps que certaines disparaissent à jamais. L'auteur se rappelle des photographies qu'elle n'a pas prises. Le livre s'apparente alors à une enquête en forme de quête, permettant à l'auteur de sauver certaines images de son voyage faisant apparaître en creux des souvenirs plus lointains, enfouis, comme révélés par les images perdues, disparues, ravies, et d'assembler ainsi, dans ce périple à travers l'Amérique et de son parcours personnel, ce qui est au fond le propre de toute histoire, un tissu rapiécé, un pêle-mêle.Odradek est un nom inventé par Kafka dans sa nouvelle inachevée « Le souci du père de famille ». Objet de toutes les interprétations et les détournements imaginaires possibles, il est à la fois une poupée et un prodige tombé du ciel, une mécanique de l'horreur et une étoile, une figure du disparate et un microcosme ; en somme, le modèle réduit de toutes les ambiguïtés d'échelle de l'imaginaire. Ce livre d'Anne­-Sophie Barreau est une fiction sur le pouvoir de l'image, l'imaginaire des voyages, la versatilité de notre mémoire à l'ère du numérique et la capacité de l'art à nous permettre de retenir le temps. Comme l'Odradek, MacGuffin est la forme que prennent les choses oubliées.MacGuffin existe aussi sur le web...

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après

    Laurent Grisel

    Parution : 7 Mai 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Le 22 juillet, un groupe de 20 inconnus a ouvert le feu avec des armes de gros calibre contre les installations de Radio Universidad. La radio universitaire, gérée par le mouvement, est devenue un formidable instrument d'information et de mobilisation sociale. Le même jour, plusieurs inconnus ont jeté des cocktails Molotov contre la maison de Enrique Rueda Pacheco, secrétaire général [du syndicat des instituteurs en grève]. Quelques jours plus tard, des cocktails Molotov ont été lancés contre le domicile de Alejandro Cruz, dirigeant des Organisations indiennes pour les droits humains (Organizaciones Indias por los Derechos Humanos). »Tout a commencé par une grève des instituteurs pour des augmentations de salaire.Avec ce premier tome d'un journal tenu au jour le jour depuis le 5 janvier 2006, Laurent Grisel explore ces années noires de crise planétaire. Se confrontant aux sources les plus diverses, presse internationale, agences financières, fils d'information des associations de solidarité, blogues, publications de chercheurs indépendants, il trie et décrypte le flot continu des nouvelles désorientantes.Politiques d'extrême droite non dissimulées, crimes de guerre, licenciements massifs et manipulations financières, brouillages sémantiques, c'est par un subtil entrelacement des causes et conséquences qu'il explore et éclaire peu à peu le changement de civilisation en cours, dans toutes ses dimensions. Ses analyses combattent mot à mot la propagande qui assourdit, qui martèle ces discours pourtant usés. À ses côtés, on envisage les ressorts des affrontements en cours, des attaques contre notre existence même, et l'affirmation de nos vies en est d'autant plus forte.Un ouvrage d'une clarté remarquable. Un livre d'écrivain, assurément.

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  • Le cahier de transmissions

    Martin Winckler

    Parution : 19 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015



    Martin Winckler s'en explique dans le préambule : dès l'adolescence, il est un lecteur passionné de science-fiction et de nouvelles. Et l'année qu'il passe aux USA juste après son bac l'ancre encore plus dans cette idée : la nouvelle, c'est l'atelier de l'écrivain.


    « Les nouvelles y sont indispensables à l'écrivain de fiction, tout comme les formes courtes pour le compositeur, et les petits formats pour le peintre. Ne pas en écrire (et ne pas en lire) n'est pas seulement une faute de goût, c'est quasiment une faute professionnelle... » nous prévient-il.


    C'est ce plaisir, y compris dans sa dimension virtuose, qu'on ressent chez Winckler nouvelliste. La même complexité, le même regard, la même force à se saisir de son prochain par le corps et l'âme, que dans ses romans - qu'on repense à l'âpre « Vacation » des débuts, ou à cette magnifique épopée du médecin généraliste qu'est « La maladie de Sachs ».


    Pour Martin Winckler, l'écriture de la nouvelle c'est se jeter dans un genre, ceux qui vous secouent ou vous attirent le plus en tant que lecteur, la science-fiction, les vieux Conan Doyle. Mais c'est une manière aussi d'ouvrir les pans secrets de la biographie : « Les recettes d'Auschwitz » sont explicitement dédiées à une tante qui y a disparu, et avec « Le cahier de transmissions » qui donne son titre au livre, on retrouve en transparence le portrait du père, le secret des livres, des premières écritures, et de la bibliothèque.


    Maintenant, y a-t-il un Winckler médecin et romancier, et un Winckler nouvelliste qui prend distance ? Les cinq récits présentés ici sont liés en profondeur à la veine la plus centrale de son engagement. L'euthanasie : alors imaginons qu'Holmes demande à Watson de lui donner la mort. L'avortement : et si on reprenait le thème du Petit Poucet, l'enfant volontairement perdu, mais dans les rudes labyrinthes urbains du présent. La médecine et la vie : résonnera longtemps, pour celui qui l'a accompli, la vie qu'on suspend au bout d'un coma, quand c'est au proche qu'on demande de « débrancher ».


    En même temps que paraît aux éditions POL, ce mois d'octobre 2012, « En souvenir d'André », l'invitation de Martin Winckler à visiter son atelier d'écrivain, médecin, raconteur.


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  • La traversée

    Jérémy Liron

    Parution : 5 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Un récit en caméra subjective. "Sans dialogue, aux contours flous", dit Jérémy Liron. Un condensé d'impressions, mais que peu à peu les haltes, les paysages structurent, et qui laisse affleurer avec d'autant plus de présence les trois personnages, l'histoire d'amour qui surgit prégnante, avec les trajets et voyages, avec les messages qu'on efface du portable, et la mémoire de tous les films qu'on a vus.
    Artiste plasticien, Jérémy Liron travaille souvent au plus près du réel urbain, via un matériau photographique repris ensuite dans des peintures à l'huile où cette notion de présence, dans la ville ordinaire, passe avant tout le reste - voir son site lironjeremy.com et son blog les pasperdus.blogspot.fr - c'est un peu de cette façon qu'il nous embarque dans ce récit, roman dense et bref où le décalage d'un prénom suffit à faire basculer tous les repères.
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  • L'Infini

    Isabelle Pariente-Butterlin

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'infini, c'est par définition ce qui n'a pas de limite, qui nous déborde. Et nous sommes forcément, dans nos vies, nos villes, dans nos trajets, nos relations, dans des bornes qui en sont l'opposé. Nous restent la parole, le rêve, le désir. Alors on se porte au lieu même de la friction, de la frontière. Et c'est là tout auprès, juste où touche la main, où le regard se porte sur la ligne de fuite, sur l'horizon. Ce texte est un peu le texte fondateur de la démarche désormais bien identifiée d'Isabelle Pariente-Butterlin, celle qu'elle développe dans son site Au bord des mondes, entre philosophie, chroniques, réflexion acharnée sur le web et la pensée, et tout simplement cette oeuvre multe-forme qui naît par l'espace même du web. Il faut un ancrage, une figure qui guide, et force sans cesse au débord, à aller plus loin. Ici ce sera celle d'Ulysse et son voyage. Un Ulysse qu'on apostrophe et tutoie. Le premier chapitre s'intitule "Trouver une oblique", il est simplement question de la lumière qu'un instant réverbère une vague. L'infini présent avant même que le texte s'ouvre...
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  • Cantique de la paranoïa

    Daniel Bourrion

    Parution : 5 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]
    Caméras de vidéo-surveillance partout, et tellement de choses bizarres : se méfier de qui vous offre à boire sans payer, ne pas approcher des piscines sans bord, attention à qui piste vos téléphones portables ou vous espionne via tant d'autres traces, et même vos radios et IRM, bien ranger et ne pas disséminer ses photos de famille, ne pas trop en dire à la boulangère, regarder les dates de péremption des boîtes de conserve - et même vos rêves, êtes-vous si sûr que vos rêves ne sont pas surveillés ou contaminés ?
    En une trentaine de blocs chacun au marteau-piqueur sur la société contemporaine, c'est un nouveau Daniel Bourrion qu'on découvre, plus proche des colères de Michaux, et du grand rire noir et édenté, à tous les âges, qu'est la littérature pour échapper à la mesquinerie et la bêtise de son époque, chaque époque d'ailleurs.
    Mais ici, on vous le propose sous forme d'un mode d'emploi exhaustif, et çe ne se manque pas !
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  • À notre humanité

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif.
    On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus,
    Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés.
    À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction.
    Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ?
    Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent.
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  • Dialogues des morts

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s'enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
    Marie Cosnay, outre d'être l'écrivain qu'on connaît, traduit du grec et du latin. C'est là probablement que sa langue prend force, dans ces heures où on se confronte aux vieux rythmes, aux grands mythes.
    A preuve qu'ici, il ne s'agit pas de proposer une ou des traductions. Le texte qui s'ancre dans "Les Phéniciennes" d'Euripide a pour titre "Pour du discours manqué". Le texte qui s'ancre dans "L'Énéide" de Virgine a pour titre "Pour du discours amoureux". Et le fragment traduit du "Roi Lear" de Shakespeare a pour titre "Pour le discours des fous".
    Alors, en présentant une traduction exigeante, commentée, d'Euripide, Virgile et Shakespeare, Marie Cosnay y inclut sa propre lecture. Ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, et comment cela s'articule ou cogne au présent. Dans Euripide, de prendre une ville et d'y imposr des lois. Dans Virgile, ce récit mère/fils, et ce qui s'y dit de la ville et des rêves. Et dans Shakespeare, l'ombre de la guerre.
    Ainsi la littérature semble un instant dévoiler, dans ce travail sur ces racines, les grandes directions et les grands rêves qui lui confèrent son excès pour le présent, nous ouvrent à notre propre écriture.
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  • Couturière

    Martine Sonnet

    Parution : 11 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « LA COUTURIÈRE. Oui, quand j'y repense, j'en ai habillé des événements dans les vies de mes clientes ! »
    En quatre essayages, les mêmes personnages mais à des temps très précis, qui nous renvoient dans la guerre d'Algérie ou la grande secousse des années 70, puis le bord de notre présent, Martine Sonnet plonge dans l'intime : une couturière à domicile et l'une de ses clientes discutent ont ce genre de conversation de chez-le-coiffeur, où se disent le futile et l'essentiel en même temps.
    Et la beauté de ce vocabulaire des tissus et des boutons, d'un artisanat millénaire et respectueux - la langue danse à l'arrière-plan, de tout ce que nous avons perdu, mais reconnaissons.
    Quatre périodes de vie en quatre temps, avec une vue directe sur l'intérieur, la télé (Télé-Cagnotte, « 1 franc dans le monnayeur, une heure de programme »), un vocabulaire déjà enfui, mécanographe, loden, popeline, instamatic - le temps a passé si vite - des naissances, le divorce, les modifications du quotidien... Et un arrière-fond politique qui donne des résonances de fresque bien plus large.
    Et ce que ça raconte nous ressemble, c'est la beauté de la petite histoire des anonymes de venir nous chercher par le bout des détails perdus. Lisez quatre pans de vie de femmes, comme quatre petits vestiges, gracieux et graves, qu'on aurait retrouvés dans une boîte à bijoux, un carton, un grenier, ou la boîte à ouvrage d'une Couturière.
    À la fois historienne, spécialiste du XVIIIe siècle et des questions touchant au travail des femmes, Marinte Sonnet est la romancière de "Atelier 62" et de "Montparnasse monde", voir son site.
    Christine Jeanney & François Bon

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  • Légendes

    Daniel Bourrion

    Parution : 14 Juillet 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015


    Dans ce décor je ne parle pas, je n'écris pas, je reste là à me garder de moi glissant de toute ma prudence dans l'aine blanche du silence en l'espoir vain que tous m'oublient, ma langue de guingois, et puis ma terre, et puis mes morts.

    La mémoire : une collection d'éclats de verre, de bris épars composés de moments, de tons, de timbres. Et l'écriture comme texture pour les lier entre eux. Dans ces récits brefs rassemblés au sein de ce recueil, il est question de remonter à l'origine des choses. De la langue qui est (ou n'est pas tout à fait) la nôtre. De ces parenthèses dans le présent où le passé prend appui pour nous saisir. Des instantanés de nos vies ou de celles qui nous ont précédés, veillant sur nous (ou le contraire). D'un livre qui fut pour nous peut-être l'étincelle menant vers tous les autres. Des scrupules qu'on peut avoir à vouloir renouer avec le passé. Auteur d'une oeuvre sensible en tumulte constant, Daniel Bourrion s'écrit et s'inscrit dans le temps. Ces éclats de verre sont ses constellations.
    Ce recueil contient les textes : Langue, Litanie, La petite fille à la robe claire, 19 francs, Trois quatre-vingts.

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  • Introduction au sommeil de Beckett

    Édith Msika

    Parution : 22 Avril 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le "À qui ?" est important, il existe depuis longtemps, il m'accompagne continûment, c'est une vraie question : à qui dire les choses ?
    Très récemment, bien après avoir écrit ce texte, j'ai rencontré le "À qui ?" chez Virginia Woolf, que je n'avais jamais lue. J'avais des méfiances. "Mrs. Dalloway" en dissipe certaines.
    Pour le "À qui ?", bien sûr, il y aurait la mère, le psychanalyste, le fils, les amis, le père, les frères, et puis les murs, certains murs en briques et chaux avec coulures de peinture bordeaux, vivants tellement vivants, ceux-là, et d'autres, en béton brut, d'Auguste Perret, au Havre, dans la reconstruction des ruines de l'après-guerre, que l'écriture jouxterait comme son ombre le chat.
    Et puis l'économie, liée à la ménagerie, comme est liée la condition qui nous lie à nous-mêmes, la petite domesticité, la restriction, l'étiage. Et puis, lié aussi au sujet parlant rêvant, le statut du génitif en français, comme "Le désir du psychanalyste", chez Lacan.
    Ruines. Liaisons. Réversibilités.
    N'en rien conclure jamais - comme sur un mur Ne travailler jamais, revisité infinitif plus calme, moins dogmatique, plus flânant -.
    L'insistance du "À qui ?" s'adresse infiniment à l'Autre en qui le personnage put distinguer la haute silhouette de Beckett, pour autant que de sa distinction il déduise l'idéal du "À qui ?"... et s'imagine devoir lui parler, depuis son sommeil.
    Pour le reste, "Malone meurt", peut-être.
    Édith Msika

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  • Le Garde-fou

    Tiphaine Touzeil

    Parution : 2 Décembre 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le Garde-fou abrite, accueille, récupère ceux qui ont tous un point commun : ne pas - ou ne plus - être capable de vivre facilement dans le monde extérieur. C'est un endroit à part, avec ses règles, ses contraintes, ses occupants.On n'y entre pas simplement, et une fois à l'intérieur, on n'est pas sauvé pour autant. Ceux qui sont là savent qu'ils devront repartir. Ils le désirent, le craignent, et parfois les deux à la fois. Ils vivent sans parachute.Une femme, la narratrice, y écrit chaque jour une sorte de journal de bord, caméra embarquée dans son crâne. Chaque jour est nommé, nom qui constate, ou qui prête à sourire. Au fil des jours, à ses côtés, on investit le lieu.À l'intérieur du Garde-fou, il y a de l'équilibre instable, un tigre, une gazelle, une infirmière bougon et une poupée tombée dans l'escalier. Une télévision, des cigarettes, des pigeons et des danseurs que l'on réprime. Des questions et des médicaments à prendre. Des taches de Rorschach joyeuses ou inquiétantes. Des accumulations et du manque de sommeil. Du tumulte derrière les portes des chambres fermées. Mais l'écriture les ouvre.Ceux qui auront lu Refuge sacré de Cathie Barreau trouveront ici l'autre côté du miroir. Les frontières bougent, entre le dedans, le dehors. Le texte nous bouscule.Alors, laissez-vous bousculer et entrez dans le Garde-fou. Tiphaine Touzeil écrit régulièrement sur le blog À présent (parce que c'est) et sur le compte Twitter @Limparfait.Christine Jeanney

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  • Histoires de fantômes coloniaux

    Philippe Maurel

    Parution : 26 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Des Trente-neuf marches d'Alfred Hitchcock aux manifestations organisées par le FLN en 1961 et violemment réprimées par la police française, il n'y a qu'un pas. C'est dans l'interstice de ce pas que la voix des fantômes coloniaux qui nous habitent et qui nous traversent encore aujourd'hui dans le présent s'exprime.De récit en récit, de digression en digression, s'affranchissant des canons des genres ou des temporalités, Philippe Maurel tisse l'Histoire à rebours : Napoléon III, Haussmann et Philippe Auguste côtoient Courbet, Claude Monet et Albrecht Dürer. La ville se construit et se détruit sous nos yeux, la langue des confidences et des déclamations fait revivre dans l'encre et dans le sang des tournants de nos passés récents.Dédale urbain de bâtiments et d'asphalte, Histoires de fantômes coloniaux n'en prend pas moins ses racines dans la terre : celle des colonies d'hier dont l'effigie orne encore les bas-reliefs du Palais de la Porte Doré construit à l'occasion de l'exposition coloniale internationale de 1931. Voilà notre décor. Une écriture de la ville et du temps, une parole forte à travers quoi la mémoire porte, résonne, frémit encore.GV

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  • Signes cliniques

    Christine Jeanney

    Parution : 4 Juillet 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Statistiques : une femme sur sept. » C'est tout ce qu'on saura sur ce qui justifie l'hospitalisation de la narratrice.Texte sans pathos : on examine le temps, les objets, les couloirs, les lumières. La reproduction de Dufy au mur, la translation qu'on fait de son corps jusqu'aux toilettes. Un bruit d'école dans le lointain.On interroge la relation sociale, même dans le détail et le grossissement des conversations qui vous rejoignent là, infirmières notamment : les places, croirait-on, sont interchangeables.Il n'est donc moins question de clinique (au sens où Deleuze et Guattari nous y emmenaient) que de signes, et donc de littérature.Sauf en cela qu'elle nous concerne par notre contact le plus direct au monde, et à une expérience dont nul de nous n'est indemne - une femme sur sept, qui d'entre nous ne connaîtrait pas l'une d'elles ?
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  • Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?

    Sarah Cillaire

    Parution : 12 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Dans le travail de préparation de Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, souvent pensé au W de Georges Perec. De toute façon, après W, plus question de pratiquer l'autobiographie naïvement, ou comme si la leçon ne nous avait pas été donnée : c'est le chemin vers le secret autobiographique qui donne sa densité au récit, et son architecture au texte.Si les incidents ou l'arbitraire de la biographie nous conduisent à un texte accidenté, est-ce que ce n'est pas cela d'abord qu'il faut alors se donner comme contrainte - sinon comme expérience - littéraire ?Ainsi, dans Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux?, les vitesses de récit changent constamment. Un instant peut devenir une époque: ainsi, ce mariage contracté avec un Russe qui ne reparaît pas. Ainsi, cet échouage provisoire dans une ville de l'est canadien pour un colloque universitaire. Ainsi, ce lent dépli de l'enfance avec curieux ballet des mères, et ce qui s'ensuit d'obscurité pour les enfants en trimbale, obscurité dont on comprend bien que la narratrice l'affronte par ce récit, plutôt que ce qui la provoque.On écrit avec de soi, disait Roland Barthes. L'autobiographie est une traversée. On y puisse, dans ces instants incontournables par leur densité. Mais le matériau de l'explication surgit sans qu'on sache: une plaque émaillée parce que Verlaine a vécu dans cette maison; les menus de la cantine du collège, détaillés comme s'ils expliquaient tout de la violence par ailleurs faite, la mutité d'un proche.Et cela n'empêche pas de brasser une histoire bien plus large que soi, où interviennent les émissions de la télévision des années 70-80, la fin du Parti communiste, les logements de fonction de l'éducation nationale, et le corps à construire de ces enfants mis arbitrairement hors de la structure familiale qui sert de modèle à la société - faites avec.Sarah Cillaire parle d'un "chantier qui serait une partition, une redistribution de la mémoire et de la voix en fonction des lieux", Elle dit : chantier ouvert, destiné à être retourné, redessiné, élargi de façon cumulative". Et c'est peut-être ici le défi littéraire: on nous invite dans le chantier même, avec ces éléments comme tombés durement sur le sol vie, et qui nous sont autant d'énigmes coupantes, trop dures ou lourdes pour être déplacées, et c'est pourtant là qu'est l'expérience d'écriture. Celles et ceux qui suivent le blog de Sarah Cillaire, Séries, trouveront dans ce texte un prolongement à ce que le blog a exploré ces derniers mois.Alors, dans une chambre d'hôte perdue de l'autre côté de la mer, ou dans l'impossibilité de ne pas habiter Paris, ou dans ce dépli d'enfance qui devient comme un mur lisse et âpre, ce qui nous est donné pour notre propre investigation quand à ce qu'on cherche chacun, via temps, lieux, espace, pour notre part d'utopie.Au début, nous regroupions ces récits, dans publie.net, sous l'intitulé "zone risque": ici, elle n'est pas jouée.FB

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  • Le moteur à os

    Marc Pautrel

    Parution : 17 Janvier 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Quiconque a vécu un peu à Bordeaux connaît le rituel du dimanche : rouler jusqu'à la mer, et les embouteillages qui en résultent au soir, quand la ville se replie à nouveau. Et si, au lieu de la mer, on mettait Venise, ville pour ville, mais tout aussi bien l'envers de la ville ? Il suffit de si peu, pour que la réalité ordinaire passe au fantastique, et que son décalque semble charger le proche d'une curieuse électricité statique, qui renverse le regard, sans pour autant nous autoriser à nous en déprendre. Point deux : ceux qui connaissent déjà les livres de Marc Pautrel, ou le premier récit paru sur publie.net, Vie des écrivains classiques, ou bien simplement suivent son blog ou son carnet, savent qu'il a choisi une place particulière. C'est la littérature et l'écriture qu'on scrute, et lorsque le réel bascule, c'est parce que le récit s'est fait métaphore d'une figure particulière du rapport de la littérature au réel. Phrase compliquée pour dire quelque chose de très simple : ranger sa bibliothèque, c'est une figure à laquelle nous sacrifions tous, il y a des textes magnifiques qui en découlent, côté Walter Benjamin ou Georges Perec. Mais si la bibliothèque qu'on range est celle d'un mort : que délivre-t-elle comme message, que nous accorde-t-elle entre dérangement et mémoire ? Point trois : nous savons (même si, en France, nous la savons moins bien) combien la nouvelle est un continent en avant de la littérature, son atelier avancé. C'est le cas chez Maupassant, Tchékhov, Carver ou James : plus près de la mort, avec cette capacité de mieux renverser le réel, peut-être, parce qu'on le traite plus localement ? Art funambule, raide. Nous lisons autrement : nous documentons le monde en permanence, mais de façon plus fractionnée, fluide. De très grands, Walser et Kafka après lui, ou Harms, ont osé atteindre au format que les magazines ou la presse accordaient à la nouvelle, ils ont osé l'ultra-bref. Probablement que du format d'un récit on ne décide pas, mais qu'il s'agit d'une osmose particulière, entre ce qu'il y a à dire et les outils qu'on a pour le dire. Je ne voudrais donc en aucun cas sous-entendre qu'il y a un lien entre la pratique du bref qui résulte du travail Internet de Marc Pautrel, et ces récits incisifs, à l'équilibre rigoureux de syntaxe, mais souvent restreints à une poignée de pages. Pourtant, c'est bien ce travail de coupe du format qui donne leur force à ces récits, fait circuler de l'un à l'autre, renouvelant les figures de la ville, de l'écriture, et nous enfermant dans un univers avant de s'apercevoir même qu'on s'y mouvait. FB

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  • Folie passée à la chaux vive

    Christine Jeanney; Stéphane Martelly

    Parution : 24 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une série de toiles d'une très grande force, qui arrive dans votre vie sans prévenir et y reste comme un caillou définitif : Stéphane Martelly peint, mais elle est aussi écrivain, enseigne la littérature créative à l'Université de Montréal et participe à plusieurs groupes de recherche sur la littérature haïtienne.Et si, dans cette conjonction qui désormais nous rejoint tous, de se saisir d'un outil ou d'un autre pour affronter ce qui, à chacun, nous est essentiel, on était à la fois dépossédé de ce travail, et en paix pour accepter comment il rebondit pour un autre ?
    Dans ces toiles s'écrit une autre coupure : Haïti, l'île, sa langue, remplacée par Montréal, la ville, et la langue liée à l'histoire d'Haïti, mais dans un autre écart.Et peut-être que la magie de notre liberté numérique commence ici : un dialogue s'amorce sur ces toiles entre Christine Jeanney, écrivain et peintre aussi, depuis la Franche-Comté. Les textes qu'elle va écrire sont des incursions presque monologuées dans chacune des dix toiles proposées. D'une part, son dialogue avec Stéphane Martelly va résonner dans ses textes et les orienter, d'autre part, son écriture va provoquer chez Stéphane une démarche d'explicitation inédite, comme en amont de la poésie ou du récit, depuis sa démarche de peintre.Les textes de Christine Jeanney sont en surimpression de détails des toiles. Les notes de Stéphane Martelly accompagnent la toile et son titre. Elles resteront dans cette distance : ainsi (et j'y reconnais des indices de son approche de l'écriture créative avec les étudiants que nous avions en partage), on y reconnaîtra un mouvement passant par ce qu'elle nomme « douleur/émotion », puis « texture/génétique », une note sur le « contexte » qui ne recule ni devant le politique, ni l'autobiographique, enfin une note sur la « musique ».Ces notes au départ n'étaient pas destinées à cet objet numérique que nous publions, et pourtant cela nous est apparu à nous trois comme une évidence : c'est le mouvement par quoi ces deux écritures se sont produites ensemble, l'une par l'autre provoquées, qui nous permet de regarder autrement les toiles, et - symétriquement - que s'écrive ici ce noyau que nous avons tous en partage, moins la « folie » et celles et ceux, des plus humbles, des plus proches, ou ce qu'on y reconnaît dans un autoportrait, que là où elle bouscule le fait littéraire, et où nous avons telle dette à Antonin Artaud.Qu'on me permette d'ajouter, outre ce lien entre notre travail de transmission et d'exploration à tâtons de la création littéraire, que nous nommons en France « l'atelier d'écriture », et le dialogue que j'ai entretenu avec Stéphane Martelly dans ce compagnonnage de Montréal, que je suis fier, par cet ensemble exclusivement et nativement numérique, d'ouvrir publie.net à la spécificité haïtienne, ce qui s'y joue d'histoire et de langue nôtres.François Bon

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  • Cette ville n'existe pas

    Daniel Bourrion

    Parution : 16 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous nous formons par la ville. Et nous échafaudons notre compréhension de la ville depuis les ruptures, depuis ce que nous n'en comprenons pas. C'est le travail mené intuitivement par Balzac puis Baudelaire dans l'accession de Paris au statut de ville moderne, c'est les grands élans de Dickens (dans le Magasin d'antiquités la traversée tout droit de la petite fille et du grand-père quittant Londres radialement, dans la Maison d'Âpre-Vent la géographie administrative de la justice se superposant au plan topographique de la ville, dans la Petite Doritt la façon dont la prison recompose une ville laboratoire dans la ville, etc...). Puis, sur ce fait arbitraire de la rupture littéraire, viennent les théoriques : le travail de fond de Walter Benjamin dans les Passages et son essai sur Baudelaire, et tous ces livres qu'on accumule, de Michel de Certeau à Rem Koolhas.La donnée nouvelle : là où nous pensons nos villes, le modèle inauguré par le surgissement des rocades et des tours, dans les années 70, la recomposition globale du territoire qui a suivi, échappent au modèle de la ville se reconstruisant sur elle-même, inauguré par Haussmann, n'explique plus ce que le développement urbain contemporain fait de nous, jusque dans nos perceptions, nos utopies, nos constructions imaginaires nécessaires pour s'approprier le présent. Il faut réinventer le connu dans nos vieilles rues, nos coutumes de vieux pays : l'écart de la ville neuve, de la langue devenue inconnue, en est le chemin quasi obligé.Oublier tout cela. Compte l'écriture. Que, face au nouveau, nous réagissions par des mots que nous ne pouvons rayer, parce que nés de cette confrontation neuve. Et, dans notre façon d'écrire-lire le réel, qu'on puisse le documenter à mesure par l'image, et qu'ici s'établit le campement d'écriture.New York incarne forcément de façon privilégiée cette rupture génératrice d'écriture - voir le mot-clé New York sur publie.net, avec mon propre Hoboken avec Jérôme Schlomoff, ou Michèle Dujardin, ou Laurent Herrou avec jeanpierre Paringaux, ou le Los Angeles de Frank Smith.Daniel Bourrion rapporte de New York des questions. L'impression que le choc langagier, la distorsion des images, ce n'est pas la posture fétiche et pourtant dominante de l'auteur questionnant le réel qu'il se soumet, c'est en quoi le réel neuf vient nous questionner nous, en retour. Travail en nous depuis le récif ville, ce qu'il contient d'utopies niées, de fantasmes amplifiés, d'expérience évidemment décalée du proche.Et si la ville est partout liée, dans notre pratique même, au fait qu'on utilise Internet pour la rejoindre, s'y repérer, s'y renseigner, comment cela n'ouvrirait pas à la littérature une piste neuve, si l'écriture surgit d'emblée pour la forme numérique ?

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  • Deux temps trois mouvements

    Pierre Ménard

    Parution : 10 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Vidéo de présentation, par Pierre Ménard (voir aussi présentation sur Liminaire):Ce n'est pas un plaidoyer, c'est un faire-part. Ce n'est pas un viatique, c'est une bouée de sauvetage.
    Donner deux, quand il vaut un.
    Mon travail, c'est du temps. On dirait ces petits cailloux qui disent le chemin parcouru.
    Il y a cependant, dans la contrainte d'une écriture au quotidien, un défi. Faire que ces textes soient des franchissements qui m'emportent où je n'ai pas prévu, là où on ne va pas avec sa raison ni même l'intuition.
    Il faut rendre sous forme de mouvement ce qu'on a emprunté, et c'est ainsi qu'on devient peut-être libre.
    Quelque chose dans cet assemblage reste volontairement mal recousu, dépareillé. Ce caractère épars colle évidemment à la représentation du monde.
    Tout ce que l'on fait pour distraire l'attente, ses chemins de traverses qu'on appelle dédale. C'est cela.
    Les histoires, ça raconte des histoires. Le journal, ça raconte le monde. Le journal, c'est pour notre souvenir.
    Les écrivains ont toujours perdu du temps. L'étude du monde réel par le voyage, la flânerie qui invente la ville. J'aime cependant que le hasard me porte à la frontière. Continuer dans cette voie. Ne point tant encadrer l'image que cacher ses alentours.
    Écrire sans arrêt, toujours et nuit, partout. Mais ce n'est pas une fuite en avant. J'avance à mon rythme. L'impression de foncer, en fait c'est assez troublant. Deux temps, trois mouvements. Au début on ne s'en rend pas compte, toujours dans cette activité débordante, on écrit avec au moins l'impression de laisser des traces derrière soi comme autant de jalons. La vitesse pour devenir visible, pas le contraire. On avance pour apparaître. Faire surface plutôt que Arrêter le temps dans les marges de ce qu'on écrit.
    Faire date. On y travaille chaque jour pourtant.
    Des codes, des signes, des discours, des symboles sont ainsi convoqués dans une sorte de patchwork où les effets de reprise et de couture sont visibles, avérés : l'ensemble ne fonctionne pas comme un mélange composite, a fortiori comme une dialectique, mais comme un espace de sutures et de cicatrices, de plaies ouvertes pour être immédiatement fermées.
    Je cherche des trous. L'image n'est pas la réalité. Patiemment à la manière d'un puzzle, c'est comment cette expérience précoce de la violence et de la cruauté, le temps de déposer ses mots lestés de fatigue. Rien n'est joué, rien n'est illustré.
    On cesse alors de voir le monde comme une juxtaposition de choses séparées, et on cherche à relier ce qui est disjoint.
    Faire émerger une nouvelle logique par la juxtaposition de matériaux composites. Fragments de textes piochés un peu partout. Procéder par prélèvements, détournements, abstractions successives, c'est se donner une chance d'échapper à la falsification générale.
    Pierre Ménard
    http://www.liminaire.fr

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  • Femme à la nature morte

    Jean-Pierre Suaudeau

    Parution : 5 Juillet 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    On croit vivre.Il suffit d'un rien parfois pour que la vie bascule. Et la chute irrémédiable qui s'ensuit.Les voit-on autour de nous, tous ces corps tomber ?Femme à la nature morte dessine le portrait d'une femme qui, un matin, décide de ne plus subir.C'est le portrait de Lisa, mouton égaré parmi les loups.Et le sort qu'on lui réserve au troisième millénaire.C'est un portrait tracé à partir de ce que Lisa raconte, a préféré taire ou inventer, et que le narrateur tourmenté se rappelle, imagine, échafaude.C'est la reconstitution d'une double chute et d'une seule rédemption.Ce serait une fiction. Peut-être.

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