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  • Histoire secrète des prairies du Nord-est asiatique

    Vincent Tholomé

    Parution : 19 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Voici l'arrivée de Vincent Tholomé, et de ses steppes, chez publie.
    De grandes vignettes poétiques, un travail en cours, qui trouvera sans doute peu à peu un fil narratif.
    Vincent Tholomé revendique ce texte comme un montage, avec son côté retravaillé, pas du tout "naturel". Une façon de concevoir le "réalisme" : pas le "vrai" mais quelque chose que fait "vrai" tout en sonnant carton-pâte...
    Livre en cours donc, dans l'état d'avancement. Monde in progress. Mais quel monde serait achevé ? C'est le principe même du vivant : rien d'éternité et rien d'achevable. Une exploration qui se déroule sous nos yeux. En même temps que se constitue le livre, se constitue le monde. Le monde de steppes.
    "La grande HISTOIRE SECRÈTE DES PRAIRIES DU NORD-EST ASIATIQUE ? Ça ne serait que ça, dans le fond. Un concert de voix. Tuant le temps en parlant. Tuant le temps avant de disparaître. D'aller voir ailleurs ce qui se passerait. Dans un autre temps. Un autre espace. "
    La steppe donc. Longues lignes. Terre d'herbes.
    L'armée de paille de Kouropatkine, hantant "une Sibérie de carton-pâte".
    Les camarades d'affection, de rudesse et de plein air
    "La putain de toundra et son putain de permafrost. "
    Et les noms : "Dalandzadagad. C'est nom que donne lui. Boosniikhon. À là. C'est anciennement Molan. Si bien que tout le monde oublie Molan. Et Sansar. Et Altantsetseg. Et Narantsetseg. Et tout le monde parle. Maintenant. De Dalandzadagad. De Boosniikhon. Bazarragchaa et Tsetsegmaa."
    C'est une cosmogonie de la nature. Et l'on se rappelle alors Brautigan, ou Kessel dans ses "Les cavaliers" et le grand jeu du bouzkachi.fred griot
    Petit mot sur le texte par l'auteur :
    maintenant je me plonge dans l'idiome, je suis à la trace les souffles et la syntaxe des autres, je plaque sur leurs mots mon propre souffle, ma syntaxe singulière, ce qui en sort sont des espèces de visions, de textes improbables, toute une série d'affaires concernant une bande, un troupeau de bad boys et leurs nanas, c'est comme un hommage caché, une façon de renvoyer l'ascenseur à tout ce qui, jusqu'ici, m'a nourri, alimenté, une façon de faire surgir mes propres histoires depuis les mots des autres, ce faisant j'écris comme un ancien très ancien, un vieux sorcier, avant, dans l'ancien, pour rendre compte de ses propres visions, un vieux sorcier chevauchait littéralement les mythes, les mots de sa tribu, dans le fond, HISTOIRE SECRÈTE DES PRAIRIES DU NORD-EST ASIATIQUE n'est que ça, une première façon de montrer, d'exposer ces visions littéralement venues d'ailleurs, plus tard, j'espère qu'il y aura STEPPE, et d'autres choses encore, toute une série d'affaires qui se préparent, on pourrait résumer tout cela, ce travail-là, d'une formule simple et claquante, on pourrait résumer ça par être là, dans l'idiome, oui, DANS L'IDIOME me convient parfaitement pour l'instant, j'adopte

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  • Ton nom dans mon oui

    Serge Ritman

    Parution : 4 Février 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Qu'est-ce qui nous retient dans cette éternelle posture poétique du chant d'amour ?Peut-être, justement, comment cette tension en appelle à l'origine de la langue - puisque déjà cette forme présente dans l'origine, et se rejouant jusqu'à nous en emportant dans notre présent les vieux textes. Tension alors armée, lourde de l'effort du temps - « Buée de buées, a dit le Sage des Cinq Rouleaux. »Et puis la présence de la mer, son ampleur, sa violence - « Cette immensité qui arrondit la terre. Qui nous fait tourner et retourner l'un sur l'autre au ras des herbes qui volent. »Enfin la prose et les corps, prose des corps, bouleversement du poétique par la mise en prose, chaque ensemble de phrases comme un bloc rude - « Il y a dans la nuit ton cri. Tu le répètes au moins trois fois. Je ne l'entends qu'en m'affolant. Tu cries avec les étoiles. Tu cries avec ton ventre qui déchire. Je dors dans la surdité de l'écrasement. »La voix et la densité de Serge Ritman sont amplement repérées, pour chacun de nous, via ses livres au Tarabuste, à l'Amourier. Le pari désormais que notre diffusion immatérielle peut honorer aussi le verbe de seule poésie.FBSerge Ritman a publié une douzaine de livres de poèmes chez Tarabuste, L'Amourier, Comp'act, Voix-Richard Meier, Océanes, Rafaël de Surtis et l'Atelier du grand tétras. Il a publié dans de nombreuses revues : Sapriphage, Rehauts, N4728, L'Etrangère et bien d'autres. Ses deux derniers livres de poèmes : Éclairs d'oeil (éd. Tarabuste, 2007) et À l'heure de tes naissances (éd. l'atelier du grand tétras, 2007). Il est membre du comité d'entretien de la revue Triages aux éditions Tarabuste. Il anime avec Laurent Mourey et Philippe Païni la revue Résonance générale (Atelier du grand tétras). Il poursuit parallèlement une oeuvre d'essayiste sous le nom de Serge Martin. Il vit et travaille à Caen après avoir été longtemps à Cergy-Pontoise.Visiter son site : Ta résonance.La couverture du livrel est un détail d'une peinture de Ben-Ami Koller (merci à Annick Dollo-Koller pour l'autorisation amicale).

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  • Travail au drap rouge

    Yann Miralles

    Parution : 10 Novembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Yann Miralles a publié quelques textes en revues (N4728,
    Décharge, Arpa, et en ligne sur mots_tessons) ainsi que des
    notes critiques (voir du côté de Remue.net ou Poezibao). Travail
    au drap rouge est son premier recueil publié. Alors,
    on s'étonnera peut-être que cet « acte de naissance »
    fasse explicitement référence à la faena, 3ème acte dans le
    déroulement d'une corrida, qui est le travail à pieds du matador,
    préparant le taureau à la mort, juste avant l'estocade. Sans doute
    faut-il entendre cet acte concomitant de naissance (car il s'agit
    bien de cela, les premiers mots du texte en témoignent « il me
    faut / sortir et même plus / que naître et sortir : être /
    comme par lui / expulsé ») et de mise à mort à l'aune de ce
    qu'écrivait Hermann Hesse dans Demian :
    « L'oiseau cherche à se dégager de l'oeuf. L'oeuf est le
    monde. Celui qui veut naître doit détruire un monde. »Chacun son oeuf. Et le combat s'amorce peut-être quand
    « un jour on reconnaît qu'on ne sait plus
    parler. » C'est à ce moment-là qu'il faut, comme on dit,
    prendre le taureau par les cornes. S'avancer dans l'arène intime
    (et commune) de la langue et attendre que la bête donne la charge.
    Mais on ne sait jamais, dans cette lutte - car le texte que de Yann
    Miralles est bien trace d'une lutte, c'est-à-dire résultat de la
    friction de forces opposées - qui de l'auteur ou du langage qu'il
    parle (et qui lui échappe) est le taureau. On peut penser que les
    positions alternent. Torero qui se joue de la bête, de la
    singulière et puissante poussée du langage qui le traverse,
    l'auteur est aussi le colosse impuissant, baladé par son propre
    élan, et fléchissant sous les coups. On pourrait dire encore que le
    langage fait office de muleta, le fameux drap rouge qui
    relie l'auteur et ce qui fonce, puis rate, mais fonce encore,
    jusqu'à épuisement. Mais gardons plutôt l'idée de permutation des
    places.La métaphore de la corrida nous parlera, sans doute, mais c'est
    un peu facile. Yann Miralles en est conscient : « Je
    pourrais broder / longtemps / sur le motif // par exemple je parle
    / le drap rouge et voir tout de suite / défiler tout un tas de
    figures... ». L'enjeu est tout autre. Plus que
    d'apercevoir des figures incarnées dans cette évocation du drap
    rouge, il s'agit de prendre la mesure des forces antagonistes qui
    se joue dans le travail d'écriture et le rapport au monde. Une
    sorte de relation passif / actif que l'on retrouve tout au long du
    livre. Ainsi, s'agit-il, dès le premier texte, d'expulser de soi
    les mots qui crient « c'est moi l'expulsé ».Travail au drap rouge est, tout à la fois,
    travail d'arrachement (s'arracher de cette boue commune qui nous
    parle et nous oublie dans ses plis, afin de trouver nos contours
    propres) et travail d'agrippement (Lutte contre la
    « déportation » car le langage nous déplace, nous charrie
    dans son flux facile et nous absente à nous-même).L'auteur nous livre ici sa façon d'être entré dans la langue et
    de refaire cette entrée, jour après jour. On aimerait, grâce à ce
    texte, que chacun renoue avec « ce long travail en [soi] du
    mot commencer ».Armand Dupuy

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