Policier & Thriller

  • Ghost recon ; combat ops

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    Parution : 1 Août 2013 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Prologue— Vous me croyez coupable ?Elle grimace.— Ce que je crois n’a aucune importance.— Pour moi, si.— Comment voulez-vous que je me forge une opinion puisque je ne connais rien à votre histoire ?Je soupire et jure entre mes dents.Je suis le capitaine Scott Mitchell. Je fais partie d’un groupe des Forces spéciales de l’armée américaine, appelé « Ghost Recon », reconnaissance fantôme. Quand je suis en mission, je n’existe plus. Je pensais opérer en toute impunité.Pourtant, quand j’ai reçu l’ordre de rentrer au pays et que j’ai été mis aux arrêts, j’ai compris que tout avait changé. L’organisation qui m’avait aidé à travailler de manière clandestine et à effacer toutes les preuves des meurtres que j’avais commis avait été obligée de faire un exemple.Tout avait changé. J’avais changé. Il était impossible de revenir en arrière. Les gens n’ont pas besoin de parler. Ils peuvent vous inviter à les embrasser ou à les tuer d’un simple regard.La parole, ça n’a aucune valeur, mais j’ai rampé dans assez de trous à rats pour savoir que, pour certains, la vie en a encore moins.J’avais les autorisations. J’ai fait ce que j’avais à faire. Ils disent que j’avais le choix ; c’est faux ! Je n’ai jamais rien fait de plus difficile dans ma vie.Et maintenant, ils veulent que je paye pour mes péchés.Ça fait deux jours que je n’ai pas dormi. Avec l’humidité croissante ici, à Fort Bragg, j’ai du mal à respirer. Si je m’approche de la fenêtre et que je passe un doigt sur le carreau, il est mouillé. L’humidité, c’est tout ce que j’ai pour me tenir compagnie.Mon père m’a appris qu’il était plus facile de couper le bois dans le sens de la fibre que dans le sens contraire, et j’ai appliqué cette métaphore simpliste à l’armée. Je m’étais promis de rester apolitique, d’effectuer les missions, de respecter le sens de la fibre, non pour me défiler, mais pour être meilleur soldat.J’avais déjà vu les dégâts causés par des allégeances contradictoires et la jalousie sur le moral du soldat, et je voulais m’en protéger.Et pour quoi faire ? Ma vie n’est plus qu’une lame prise dans un sac de nœuds, et je mentirais si je disais que je n’ai pas une peur bleue.De nouveau, j’ai quatorze ans, papa m’annonce que maman vient de mourir, et je me demande comment on va s’en tirer, alors qu’elle faisait tout pour nous, qu’elle était le lien qui soudait la famille.Quand je pense à la prison, j’en ai le souffle coupé. Je suis pris de panique et, tout ce dont je suis capable, c’est me cacher derrière les sarcasmes et l’agressivité.Blaisdell, qui hoche la tête, s’est pointée avec trois heures de retard en avançant pour prétexte pourri une déposition qui avait traîné en longueur. Je lui ai dit de s’asseoir à la table de la cuisine pour qu’on discute de la manière de sauver ma peau.Elle m’a lancé un regard bizarre. Elle fait partie des JAG, la justice militaire. Elle doit avoir mon âge, dans les trente-cinq, trente-six ans, et porte des lunettes rectangulaires qui tiennent plus de la salope que de l’intellectuelle. Elle m’horripile.Elle lève le menton et grimace.— C’est vous ?— Quoi, moi ?— Cette odeur…Je me gratte la barbe et passe les doigts dans mes cheveux en brosse. D’accord, ça fait trois jours que je ne me suis pas lavé et je me laisse pousser la barbe depuis un mois.— Vous voulez attendre que je prenne une douche ?— Écoutez, capitaine, je fais ça pour rendre service à la sœur de Brown, mais vous pouvez choisir un autre avocat.Je hoche la tête.— Avant de rentrer au pays, Brown m’a parlé d’autres cas que vous avez défendus, qui ressemblaient au mien.Elle soupire.— Pas vraiment. Il n’y avait pas autant de témoins. Il existait un doute raisonnable. Il pouvait s’agir d’un accident. Chez vous, tout ce que j’ai lu exclut la thèse de l’accident.— Ce n’en était pas un.— Vous comprenez que vous risquez de tout perdre et de passer le reste de votre vie à Leavenworth ?Je la regarde sans sourciller.— Je vous sers un verre ? De l’alcool, évidemment ?— Non. Et vous feriez mieux de vous abstenir, vous aussi. Parce que, si vous voulez que je vous aide, je dois tout savoir. Pour l’instant, je n’ai que leur point de vue. J’ai besoin du vôtre.— On ne sait même pas pour quelle unité on travaille. On ne vous dit rien. On vous dit simplement compagnie D, premier bataillon, cinquième groupe des Forces spéciales. Vous avez déjà entendu parler des Ghosts ?— Non.— Rien d’étonnant. Ils tiennent à pouvoir tirer leur épingle du jeu. Bon, ils ont réussi, c’est moi le bouc émissaire.— Vous n’êtes pas un bouc émissaire ; personne ne vous a forcé la main.Je baisse la voix.— J’ai été briefé. On nous a montré un PowerPoint expliquant la situation. Ça devait illustrer la complexité de notre mission. Quelqu’un a dit que le graphique ressemblait à un plat de spaghettis, et tout le monde s’est mis à rire. Vous savez à quoi je pensais, moi ? À rien. Je m’en fichais.— Et pourquoi donc ?— On m’a donné une mission, et j’ai mis mes œillères. J’y suis allé et j’ai fait le boulot. En général, je me contrefiche de la politique. Je n’alimente pas la machine, je suis la machine. Cette fois…, ce n’était pas une mission.Ce n’est pas la guerre. C’est une illusion qui fait croire qu’on comprend et qu’on contrôle. Ils s’imaginent qu’ils peuvent tout ranger proprement, avec des codes couleurs, mais ils n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe là-bas.Il faut avoir les deux pieds dans la gadoue, regarder autour de soi et comprendre que c’est juste… Je ne sais même pas ce que c’est…Elle fait la moue. Elle me considère comme le stéréotype du soldat usé et alcoolique qui se néglige. Qu’elle aille se faire foutre.— Vous vous fichez complètement de ce que je pense, c’est ça ?— Je suis là pour vous défendre.J’inspire profondément.— On dirait que ça ne vous enchante pas.— Capitaine, je sais par où vous êtes passé, je l’ai déjà vu avant. Vous êtes en colère, vous êtes bouleversé. Pourtant, vous feriez mieux de ne pas oublier que je suis votre seule chance.— Je vous repose la question : vous me croyez coupable ?Elle écarte ma question d’un geste de la main.— Commencez donc par le commencement. Il faut que je vous enregistre.Elle fouille dans son sac cabas de luxe et en sort une petite tablette équipée d’une caméra qu’elle pose sur la table. La caméra pivote automatiquement vers moi.Je fais la grimace devant l’objectif, je me lève et me dirige vers le comptoir de la cuisine, où est posée ma bouteille de scotch bon marché. Je me verse un verre et retourne à la table. Elle fronce les sourcils et regarde son téléphone portable.— Oh ! Je suis désolé si vous n’avez pas le temps, lui dis-je avant de boire mon verre.— Capitaine…— Vous avez des enfants ?Elle roule les yeux.— Nous ne sommes pas là pour parler de moi.— Je vous pose juste la question.— En fait, oui.Je souris légèrement.— Combien ?— J’ai deux filles.— Vous ne connaissez pas votre chance.— Bon, on peut avancer maintenant ? Je suppose que vous connaissez les règles de la relation client-avocat ? Tout ce que vous me direz sur la mission restera secret et confidentiel, bien sûr.Je termine mon verre, expire à travers la brûlure de l’alcool et plisse les yeux.— Bien, je vais vous dire une chose : je ne suis pas un meurtrier.

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  • Ghost recon

    Tom Clancy

    Parution : 9 Mai 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    1Île de Basilan - Archipel de Sulu, Philippines du Sud
    Août 2002L’adjudant-chef Scott Mitchell cligna les yeux sous la sueur et poursuivit son chemin dans les caoutchoucs, leurs feuilles dures frôlant son chapeau de brousse et ses joues. Il aperçut droit devant une petite clairière dans une jungle par ailleurs dense et crépusculaire et, alors qu’il s’accroupissait à la lisière, il souleva une fine branche du canon de son M4A1.Le capitaine Victor Foyte, commandant de son détachement, avançait près d’une étendue inégale de feuilles de palmier affaissées, dégouttant encore de l’orage qui avait tonné plusieurs heures auparavant.— Ricochet, ici Road Warrior 06, chuchota le capitaine dans sa radio. Il me semble voir un truc. Et j’entends des bourdonnements, comme des mouches. Allons jeter un œil. À vous.— J’arrive, chef, répondit Mitchell.Bien que Foyte fût son supérieur, Mitchell était sergent d’escouade, responsable du combat des douze membres du détachement opérationnel Alpha (ODA) 574. Le capitaine et l’officier technicien assuraient la coordination en compagnie des équipes philippine et taïwanaise de douze hommes, avec qui ils s’étaient entraînés ces deux dernières semaines.Mitchell se mit en marche alors qu’en haut, à sa droite, un serpent s’enroulait autour d’une branche en surplomb, dardant la langue. Dans les Forces spéciales, les hommes bouffent des méchants au petit-déjeuner et des serpents au dîner ; alors, ni l’un ni l’autre ne les perturbaient. Pour autant, Mitchell fit une grimace et partit rejoindre le capitaine.Trois pas plus loin, une bouffée d’air moisi, un bruissement de feuilles et le craquement net d’une corde lui envoyèrent des décharges électriques dans l’estomac. Il leva les yeux et eut le souffle coupé.Le capitaine se dirigeait alors vers un poteau enfoncé dans le sol. Au sommet de ce poteau se trouvait une tête humaine aux longs cheveux bruns flottant tout autour.Une missionnaire américaine de vingt et un ans avait été récemment capturée par Abu Sayyaf, le groupe terroriste islamiste local affilié à al-Qaida.Les forces militaires et policières avaient ratissé l’île pour la retrouver et dénicher le bastion d’Abu Sayyaf, caché quelque part dans les profondeurs de l’intérieur montagneux.Visiblement, le capitaine avait trouvé la disparue. Une corde s’était entortillée autour d’une de ses chevilles, et il était à présent projeté trois mètres dans les airs, hurlant :— Embuscade !Mitchell allait prendre sa radio quand le capitaine oscilla vers l’avant, pendule humain se dirigeant droit sur un arbre hérissé de rangées de pieux punji affûtés comme des rasoirs qui apparaissaient à présent que les feuilles suspendues par d’autres cordes tombaient. Tout cela formait partie d’un piège soigneusement conçu.Le capitaine Victor Foyte n’avait que vingt-quatre ans et, en moins de deux, il s’empala dos en premier dans les punji, les pieux de trente centimètres de bois aiguisé s’enfonçant dans ses bras, son cou, son torse.L’équipe voyageait léger, délaissant le gilet pare-balles dans cette jungle pluvieuse à plus de trente-huit degrés. Foyte beuglait et râlait, les pieux se poissant de son sang.L’adjudant-chef 02 James Alvarado, positionné à une douzaine de mètres derrière eux, s’élança en aboyant :— Capitaine !Il lâcha plusieurs salves sous l’arbre où Foyte était à présent suspendu, tête en bas et se vidant de son sang.Une fois encore, Mitchell pressa son micro, prêt à donner des ordres, mais les tirs d’Alvarado l’interrompirent.C’était sa première véritable mission en tant que soldat des Forces spéciales. C'était un soldat d’infanterie et un chef d’escouade expérimenté d’une unité de reconnaissance de l’OPFOR, les forces d’opposition, à Fort Irwin. Il jouissait déjà d’un palmarès impressionnant et espérait se faire un nom dans la communauté des Forces spéciales, mais là, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il avait déjà perdu son premier commandant.Un étrange martèlement se fit entendre quand Alvarado cessa de tirer et s’avança dans la clairière. L’adjudant-chef se saisit soudain le cou, à l'endroit où une minuscule fléchette dépassait entre ses doigts. Il hurla en l’arrachant.Mitchell se laissa tomber sur le ventre quand d’autres martèlements vibrèrent dans leur dos. Alvarado chancela vers l’avant et s’effondra, empoisonné et probablement mort.L’équipe était, semblait-il, attaquée par des sauvages vêtus de pagnes dont les pièges et les sarbacanes avaient ironiquement eu le dessus sur les hommes aux bâtons de tonnerre.— Mitchell ? appela le capitaine, l’élocution rendue difficile par la souffrance, le visage à présent baigné de sang. Mitch… ell ?Incapable de regarder Foyte plus longtemps, Mitchell brancha enfin la radio.— Ici Ricochet. Embuscade ! Embuscade ! Capitaine et adjudant-chef à terre !Avant même de pouvoir poursuivre, les terroristes, tapis dans le feuillage humide, prouvèrent qu’ils n’étaient pas les sauvages vêtus de pagnes que Mitchell avait imaginés, mais bien des tueurs impitoyables et modernes.Il y eut tant de tirs d’automatiques dans la clairière qu’on eut l’impression qu’un millier d’hommes armés de machettes déchiquetaient arbres et feuilles. Des balles d’AK-47 et de mitrailleuses claquèrent et tonnèrent, des troncs se fendirent, et les oiseaux criaillèrent et s’envolèrent alors que des trous apparaissaient dans les feuilles, les débris cascadant sur Mitchell qui se hissait sur les coudes et voyait ses deux premiers feux de bouche.Dans le même temps, des voix hurlèrent dans la radio :— Ricochet, ici Rumblefish ! criait le sergent d’armes de l’escouade, Jim Idaho. On nous tire dessus sur les deux flancs ! Impossible de riposter d’où on est ! On a besoin d’ordres !— Ricochet, ici Red Cross. Deux hommes à terre, signalait Lance Munson, le médecin-chef de l’escouade. Je dois les évacuer d’urgence !— Ricochet, je crois que des mortiers…Cette dernière voix était celle de Rapper, l’un des soldats du génie de l’équipe, qui fut interrompue alors qu’un éclair illuminait la jungle au nord-est à peine de la position de Mitchell. Une seconde plus tard, le sol trembla, une puissante explosion résonna à travers la forêt et une pluie d’éclats d’obus et de débris se mit à tomber sur la zone.Ces terroristesétaient imprudents, stupides ou fous, voire les trois. Ils envoyaient des obus sur leur propre position. Peu importe le nombre des leurs qui tombaient, pourvu qu’ils tuent des Américains. S’efforçant de ne pas paniquer, se rappelant qui il était et ses innombrables heures d’entraînement, l’adjudant-chef Scott Mitchell, vingt-six ans, prit le commandement de l’ODA.— Ici Ricochet ! Écoutez ! Rumblefish ? Le reste de l’équipe Bravo et vous, rejoignez les blessés et repliez-vous vers le sud à notre premier point de cheminement. Rutang, Rockstar et Rino, regroupez-vous sur moi. On dégage !L’équipe opérait en deux unités de six hommes : Alpha et Bravo, tous les indicatifs d’appel radio débutant par la lettre R. Mitchell exploiterait leur séparation pour couvrir l’évacuation des blessés.Un nouveau sifflement s’éleva dans la nuit, plus proche cette fois-ci, et soudain l’obus de mortier suivant explosa, et de la fumée grise et des éclats fendirent la canopée.— Ricochet, ici Rutang, appela le médecin en second de l’équipe, le sergent Thomas « Rutang » McDaniel. Rockstar et moi, on est bons pour y aller, mais Rino est mort. Touché par le dernier obus. Pas de pouls !Le temps manquait pour compter les morts. Si Mitchell savait une chose, c’était qu’il avait besoin d’appui – terrestre, aérien, n’importe quoi – et qu’il le lui fallait d’urgence. Il accusa réception de l’appel de Rutang, puis changea de fréquence, appelant l’équipe taïwanaise du capitaine Fang Zhi. Ils étaient bien plus proches que l’équipe philippine et quadrillaient l’autre côté du ruisseau.— Wushu 06, ici Ricochet. À vous.Il attendit, écouta le son de sa propre respiration, les violentes détonations proches, le sifflement perçant d’un autre obus de mortier, qui tombait, tombait…— Wushu 06, ici Ricochet. À vous.Mitchell changea à nouveau de fréquence pour appeler l’équipe philippine.— Black Tiger 06, ici Ricochet. À vous.Boum ! L’obus distant finit par exploser.— Ricochet, ici Black Tiger 06. J’ai entendu ce qui se passe. On se dirige vers vous, mais on est encore loin. HPA vingt minutes environ. À vous.— Message reçu, Black Tiger. J’ai perdu beaucoup d’hommes. J’ai besoin de vous ASAP.Mitchell donna au capitaine ses coordonnées GPS actuelles, puis ajouta :— Ne tardez pas.— On court, sergent.— Bien ! Ricochet, terminé.Le capitaine Gilberto Yano, alias Black Tiger 06, était membre du LRB (Light Reaction Battalion), unité d’élite de l’armée philippine, l’équivalent dans leur armée de la Delta Force américaine, et il était spécifiquement entraîné aux activés antiterroristes. Yano était apprécié de ses hommes et du reste de l’équipe de Mitchell. Savoir que Yano et ses gars étaient en route faisait du bien, mais ces vingt minutes seraient les plus longues que Mitchell ait jamais connues.Voire, les dernières.Mais, bon sang, où était le capitaine Fang Zhi ? Mitchell rappela. Pas de réponse. Était-il rentré dans une des cabanes en nipa, à fumer un cigare, pendant que des hommes mouraient là, dans la jungle ?Rutang et Rockstar se magnèrent et tombèrent aux côtés de Mitchell.Rutang était un toubib au visage poupon, mais un joueur féroce de jeux vidéo. Il avait d’ailleurs déjà participé à plusieurs championnats nationaux et remporté certains, même s’il s’en vantait rarement, mais, bizarrement, il n’avait en général que peu confiance en lui et en ses compétences.Le sergent-chef Bennet « Rockstar » Williams était soldat du génie en second, un Afro-Américain au visage dur qui, détestant le rock, avait mis le commandant de la compagnie en rogne en insultant sa collection d’AC/DC. L’incident était devenu notoire, et l’indicatif d’appel était resté.Mitchell les regarda tous deux, trempés de sueur comme lui, yeux exorbités, souffle court.— On doit isoler ces gars et gagner du temps pour permettre à Bravo d’évacuer. J’ai aperçu des feux de bouche sur nos flancs.— Moi aussi, dit Rutang. Mais, merde, impossible de dire encore combien.— Ne t’inquiète pas, répondit Mitchell, insufflant plus de confiance dans sa voix. On va les contourner, arriver par l’ouest et leur botter le cul. Simple comme bonjour. Vous êtes prêts ?— Tu es sûr de ce que tu fais, sergent ? demanda Rockstar.— Bien sûr qu’il est sûr, dit Rutang. Ferme-la !— Je dis juste…— Rock, je suis sûr, dit Mitchell d’une voix très ferme. On y va !Mitchell prit la tête, et ils se mirent à se tailler un chemin dans la jungle. Il serrait un peu trop son fusil, et la lanière de son chapeau de brousse commençait à lui cisailler la peau. Il vira sèchement derrière deux arbres, et le bruit des détonations augmenta, ainsi que le chant d’un ruisseau non loin, au-delà de la ligne d’arbres irrégulière.

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    Tom Clancy

    Parution : 8 Février 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    12008 – San FranciscoFisher se savait suivi. Il y avait les signes évidents, bien sûr, mais il se fiait aussi à son instinct. Il ne savait en revanche ni combien ils étaient ni quand ils passeraient à l’attaque. Comme il avait déjà récupéré le colis pile sous leur nez, il était peu vraisemblable qu’ils le laissent atteindre le point de livraison. Mais jusqu’où lui permettraient-ils d’approcher ?Il s’arrêta devant la vitrine d’un magasin de montres et resta à admirer les dernières Tissot exposées. Du coin de l’œil, il vit l’homme qu’il avait baptisé Suiveur 6.1 (un guetteur à six heures) en faire autant devant une vitrine et étudier l’étalage. L’homme était bon ; pendant que Fisher l’observait, il sortit son portable, composa un numéro, puis dit après un silence :— Non, je suis devant, là… Ouais, exactement celui que tu cherchais.Un bon suiveur doit entrer dans la peau de sa couverture, se rappela Fisher. Sinon, il tend à dégager une « aura de poursuivant » que quiconque, même avec les notions de contre-surveillance les plus rudimentaires, saurait détecter.— … non, celui sur Franklin Street… C’est ça. OK. Salut.À quinze mètres derrière Suiveur 6.1 arrivait Suiveur 6.2.2 (deux guetteurs ensemble, un homme et une femme bras dessus bras dessous, en deuxième position derrière le premier). Ils dépassèrent leur collègue arrêté, puis Fisher quelques secondes plus tard, et poursuivirent leur chemin sur le trottoir. Fisher modifia mentalement leur désignation à Suiveur 12.2 : ils se trouvaient à présent en tête.Il tenait cette horloge imaginaire depuis deux heures maintenant, déplaçant les différents pions à mesure qu’ils changeaient de position et de proximité par rapport à lui. Ils étaient tous très bons, toujours en mouvement, sans pourtant relâcher leur surveillance, troquant pendant tout ce temps vêtements, partenaires et comportements dans l’espoir de ne pas se faire remarquer.Raté, mais il n’avait pas non plus réussi à les semer par les tactiques de dégraissage classiques. Autre facteur : savaient-ils qu’il les avait démasqués ? Probablement pas. Si c’était le cas, ils se seraient déjà emparés de lui.La situation aurait été ridicule – ce truc du savent-ils-que-je-sais – si ce n’avait été on ne peut plus sérieux. Ils avaient failli le prendre la main dans le sac deux semaines plus tôt ; si cela arrivait aujourd’hui, il était fait.Fisher regarda sa montre. Dix minutes de plus, c’est tout ce qu’il demandait.Dix minutes, et une ultime tentative pour leur échapper.Il se détourna de la vitrine et poursuivit son chemin, mais plus lentement, laissant le couple devant lui prendre de la distance. Le trottoir et les rues étaient humides du brouillard de la baie, et la brume s’enroulait autour des réverbères, des halos irisés qui semblaient s’altérer et vibrer à mesure que ses pas s’en approchaient ou s’en éloignaient. Au loin, il entendait le gong sinistre des balises de navigation.L’entrée d’une allée se trouvait droit devant, un rectangle enténébré entre deux bâtiments. Il l’avait choisie la veille au soir pour plusieurs raisons : elle se situait à égale distance de deux réverbères, son extrémité était bloquée par une haute barrière anti-ouragan surmontée de barbelés, et, s’il minutait correctement l’affaire, ses fileurs de tête franchiraient l’angle avant qu’il n’atteigne l’allée. Quand il se serait engagé, s’ils ne voulaient pas le perdre de vue, un ou deux de ses suiveurs devraient entrer à leur tour – probablement l’homme seul qui le filait. Donc, dix secondes pour atteindre l’entrée, trente de plus pour voir si la cible ressort, se dit Fisher. Avec de la chance, il disposerait de quarante secondes pour faire ce qu’il avait à faire.Les yeux toujours rivés sur le couple devant et les oreilles à l’affût du claquement des talons sur le trottoir dans son dos, Fisher régla son pas, patientant, encore, encore… Le couple tourna à l’angle.Fisher parvint à l’entrée de l’allée et fit encore trois pas avant de pivoter brusquement à gauche et de pénétrer dans la ruelle sombre. Englouti par l’obscurité, il se sentit soulagé. Pendant presque toute sa carrière, il avait de fait travaillé dans l’ombre, et il en était venu à la considérer comme sa plus grande alliée.À l’inverse, cette affaire d’espionnage se déroulait surtout en pleine lumière. C’était une tout autre histoire. Il lui avait fallu du temps pour s’y habituer.Il piqua un sprint d’une foulée assurée et se tapit dans l’obscurité d'une embrasure de porte à sa gauche, à mi-chemin de l’allée. Ainsi qu’il l’avait laissé, le couvercle de la poubelle métallique était appuyé contre le mur de brique. Il s’en empara, le coinça entre ses jambes, leva les bras au-dessus de sa tête et agrippa le degré inférieur de l’échelle d’incendie du bâtiment. Il se hissa sur la passerelle à claire-voie au-dessus, puis avança en crabe sur la droite jusqu’au premier escalier et entama sa montée. À l’étage suivant, il prit le couvercle dans sa main droite, comme un frisbee, se pencha par-dessus la rambarde, visa et le lança.Le couvercle s’envola, décrivant un arc dans l’allée. Il s’écrasa tout au fond sur la barrière, rebondissant avec une vibration métallique, et se fracassa dans les poubelles adossées au mur.Fisher était déjà en mouvement, grimpant en silence l’échelle d’incendie deux barreaux à la fois. Il s’arrêta, pressa son corps contre la paroi et tendit l’oreille. En dessous, il perçut le claquement des talons dans l’allée. Il jeta un œil en bas. Son fileur solitaire, qui avait entendu le bruit, compris de quoi il s’agissait et supposé que sa cible s’enfuyait, avait mordu à l’hameçon.Le dernier pion de son plan – un sans-abri qu’il avait payé cent dollars pour attendre son signal dans l’allée, de l’autre côté de la barrière – jouait à présent son rôle et rejoignait l’extrémité opposée en traînant les pieds.Fisher entendit son fileur marmonner « Merde » avant de murmurer dans le col de son manteau :— Cible en fuite… en direction de l’est vers Auburn…Le fileur fit demi-tour et courut dans l’allée.Impec’, pensa Fisher qui déclencha un nouveau chronomètre dans sa tête. Deux minutes. Pas plus.Dix secondes après que son suiveur eut disparu à l’angle, une fourgonnette bleue au placard rouge et jaune Johnson & Sons Plumbing sur le flanc dépassa l’entrée de l’allée et crissa à l’angle.

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  • Ceux qui se cachent

    Carlène Thompson

    Parution : 7 Octobre 2009 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Une femme, des mensonges et un tueur silencieux ! Lorsqu'elle s'installe avec sa fille dans la petite ville d'Huntington en Virginie, Penny Conley semble au comble du bonheur. Elle a vite trouvé une charmante maison adossée à la forêt et un travail passionnant au bureau du célèbre archéologue Simon Van Etton dont la nièce Diana est devenue son amie. Deux amies inséparables même si Penny semble parfois étrange, même si elle ne dit rien de son passé et même si des ombres masculines franchissent parfois, à la nuit tombée, le seuil de sa porte... Jusqu'à ce qu'un soir une terrible explosion dévaste la petite maison. Alors que Penny agonise, Diana veut comprendre. Qui pourrait haïr Penny à ce point ? Aidée du beau Tyler, un ami d'enfance de Penny, elle tente de découvrir ceux qui ont voulu tuer une mère et sa fille. Mais ceux qui se cachent sont prêts à tout...

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