Littérature italophone

  • Rome criminelle t.1 ; caffè sangue

    Patrizio Avella

    Parution : 29 Décembre 2015 - Entrée pnb : 31 Décembre 2015

    "Pour connaître la vérité sur cette affaire il faudra attendre au moins un siècle" Giulio Andreotti - Président du Conseil - Italie, Octobre 2003.
    Inspirés de faits authentiques, les personnages de ce roman nous ouvrent les arcanes des machinations politiques occultes durant la guerre froide en plein coeur de Rome. Il ne s'agit ni d'une tragédie, ni d'un documentaire-fiction mais d'une histoire réelle, vécue. Grâce à Patrizio Avella nous retrouvons avec délectation une Italie traditionnelle aux mille saveurs mais aussi une Italie en pleine évolution avec ce que cela comporte de drames et de scandales... Guido Gian, un agent des « Servizi » saisit l'opportunité d'une mission pour organiser un évènement spectaculaire et meurtrier dans le but de créer un climat de terreur préalable à un coup d'état militaire. Au milieu de ce plan machiavélique qui concernera le « Tout Rome » un amour naîtra. Licia en détournera-t-elle les sombres desseins ? Après « La Dolce Vita », les années de plomb débutent dans le sang et les larmes. Patrizio Avella nous embarque littéralement en plein coeur de l'Italie, de Rome et de sa plume vise très habilement les nôtres.


    Extrait

    L'horizon embrasait les collines du capitole. Sur le Quirinal le ciel, chargé de nuages incendiés, illuminait la cité romaine avant l'orage de feu. Du plus profond de ses entrailles montait un vacarme galopant. La guerre se rapprochait. Rome, sombrait dans un grondement. Nul ne connaissait la progression exacte de l'invasion de la ville éternelle. Les Bolcheviks bousculaient les troupes de l'Otan pour les acculer devant le dernier rempart de la Chrétienté. Cette fois, Rome ne serait pas ville ouverte. Le berceau de la civilisation occidentale devait suivre l'exemple de Prague et lutter contre la barbarie. Les combats rageurs se poursuivaient. L'antique Rome se perdait. Le jeune Colonel italien épousseta son uniforme, ajusta précautionneusement son casque. Le moment devint solennel.

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  • Ombres jaunes, nuits mauves

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    Parution : 27 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Palerme, dans une Italie du futur. Rocco Billemi s'éveille, dans son lit, à côté d'un homme égorgé qu'il ne parvient pas à identifier. Il a le vague souvenir d'avoir passé la soirée en compagnie d'un beau garçon, Gabriele, mais ce cadavre sanguinolent ne lui ressemble pas. Alors, de qui peut-il bien s'agir ? Il se trouve pris dans l'engrenage d'une enquête judiciaire dont il est le principal suspect aux yeux de la police. Mais comment établir son innocence alors que toutes les preuves l'accablent ? Décrivant un état sécuritaire, fasciste et homophobe, les auteurs fustigent une certaine Italie - celle d'un Berlusconi, d'une Ligue du Nord - et, au-delà, mettent en garde contre les dérives de nos sociétés dites modernes. Ce roman inclassable, qui oscille entre plusieurs genres et thématiques: policier et anticipation, sociopolitique et (homo)sexualité, a rencontré, de par son originalité, un franc succès en Italie.

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  • Cet ouvrage a initialement paru en langue italienne en 2010
    sous le titre Il dono della figlia del re.
    © 2010, Edizioni EL S.r.l., Trieste Italy.
    © Hachette Livre 2012 pour la présente édition.
    Traduction : Anouk Filippini
    Illustrations : Desideria Guicciardini
    Mise en pages : Audrey Thierry
    Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris
    ISBN : 978-2-0120-3017-6













    Il est un pays chaud et lointain où règne un roi bon et sage. Ce roi a sept enfants, six garçons et une fille, qu’il a eus de sept femmes différentes. C’est un roi vieux et fatigué, et il sent que sa fin est proche. Il doit donc choisir celui qui le remplacera. La couronne devrait revenir à son fils aîné, comme il est d’usage, mais ce roi est un peu spécial : il a toujours considéré tous ses enfants comme égaux.

    Il les fait venir et leur annonce :
    — Mes enfants, il ne me reste plus beaucoup de temps à vivre. Je veux que vous alliez de par le monde et que chacun de vous me rapporte un cadeau, la chose la plus précieuse que vous trouverez. Vous devez être de retour dans trente jours… après il se pourrait que vous ne me trouviez plus. Celui d’entre vous qui me trouvera le plus beau cadeau gagnera ma couronne.
    Les mères des six garçons se mettent immédiatement à se chamailler : « Mon fils est plus grand que le tien, il va gagner, c’est sûr… » ; « Mon fils est encore petit, c’est injuste ! ». En effet, l’âge des garçons va de dix-sept à douze ans, certains sont robustes et d’autres faibles, certains futés et d’autres pas très malins. Bref, la compétition n’est pas très équitable. Mais le roi tranche :
    — Femmes, taisez-vous. Je suis un roi bon et sage, et je saurai juger lequel de mes fils me rapportera le cadeau le plus précieux.
    C’est alors que s’avance la maman de la seule fille, une petite de dix ans qui s’appelle Uma.
    — Bon roi, dit-elle. S’il est vrai que tu es sage, Uma a donc elle aussi le droit de participer et de devenir reine !
    À ces mots, tout le monde se met à rire : d’abord les mamans, puis les plus grands et pour finir les plus jeunes… Une fille, devenir roi… ou pire, reine ! Quelle blague ! Mais le roi lève la main pour les faire taire et il dit :
    — Tu as raison, septième épouse. Depuis la reine de Saba, aucune femme n’a régné, mais ce n’est pas une raison pour que cela n’arrive plus jamais. Uma peut participer. Mes enfants, je vous veux tous ici dans trente jours avec vos cadeaux. Je vous souhaite bonne chance. Que le lion ne vous dévore pas, que les zombies ne vous effraient pas, que le vautour ne vous mange pas les yeux !

    Les mères des garçons s’éloignent alors en chuchotant et en lançant des regards de travers à Uma et à sa maman. Elles sont habituées à être tenues à l’écart et s’en fichent.
    De retour à leur hutte, Uma qui jusque-là n’a rien dit prend la parole :
    — Maman, tu veux vraiment que je devienne reine ?
    — Pas forcément, répond sa maman. Je veux juste que tu aies les mêmes chances que les autres. Ce n’est pas parce que tu es une fille que tu ne dois pas régner. La reine de Saba était une femme belle, intelligente et courageuse.
    — Mais moi je ne suis encore qu’une enfant, proteste Uma.
    — Une enfant belle, intelligente et courageuse, affirme sa maman.
    — Je dois vraiment y aller toute seule ?
    — Il y a un tas de choses qu’on doit faire seul, Uma. Même si tu ne trouves pas le cadeau le plus beau, même si tu ne deviens pas reine, je suis sûre que ce voyage te sera profitable, maintenant et plus tard. Ce sont les choses que nous faisons par nous-même qui nous font grandir. Allez, préparons ton voyage !
    De quoi donc a besoin une enfant de dix ans qui va affronter les lions, les serpents et les rhinocéros ? De beaucoup et de peu de choses. Les armes sont inutiles, elles sont dangereuses et une enfant ne sait pas s’en servir.

    Non. Il vaut mieux prendre une crème aux herbes qui ramollira les pieds après une longue marche ; un ocarina pour faire une jolie musique le soir et se sentir moins seule ; une couverture en crins de girafe pour s’y envelopper la nuit et avoir chaud, une grande gourde d’eau et une réserve de galettes afin de boire et manger.
    — Quant au reste, conclut la maman, la Savane veillera sur toi ! Sois attentive, sois maligne, sois rapide et reviens-moi.
    Le lendemain matin, Uma s’en va, toute seule, chercher le plus précieux des cadeaux pour son père mourant.


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