République des Lettres

  • Alcools

    Guillaume Apollinaire

    Parution : 1 Janvier 2020 - Entrée pnb : 2 Janvier 2020

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire. Toutes les recherches poétiques d'une époque lassée de la rigueur du Parnasse et des suavités symbolistes se retrouvent dans "Alcools", publié en 1913. D'instinct, Apollinaire y rejoint la tradition poétique française la plus pure, la plus directe, telle qu'elle s'incarne chez Ronsard et François Villon. Lorsque le poète penché sur la Seine se remémore son amour dans "Le Pont Mirabeau", la beauté grave et bouleversante de la douleur la plus discrète et la plus tragique y cotoie un air de romance populaire. Dans "Marizibill", il associe des strophes bouffonnes et pathétiques: "Elle se mettait sur la paille / Pour un maquereau roux et rose / C'était un juif il sentait l'ail / Et l'avait venant de Formose / Tirée d'un bordel de Changaï / Je connais gens de toutes sortes / Ils n'égalent pas leurs destins / Indécis comme feuilles mortes / Leurs yeux sont des feux mal éteints / Leurs coeurs bougent comme leurs portes." Le mouvement épique de "La Chanson du mal-aimé", qui porte l'incantation à un degré magnifique d'évidence et d'émotion, la nonchalance habile et délicieuse de certains poèmes de circonstance, la résurrection de vieilles légendes rhénanes, attestent la diversité de ce recueil qui rassemble les poèmes écrits entre 1898 et 1913. Renonçant à la ponctuation traditionnelle - l'une des innovations les plus discutées et les plus critiquées d'Apollinaire -, le poète ne connaît d'autre scansion que celle commandée par la respiration et par la palpitation intérieure de la passion. Aucun livre de cette époque n'a exercé une influence comparable sur la poésie française de la première moitié du XXe siècle, ouvrant la voie à un nouveau lyrisme et inspirant notamment dada et le surréalisme. Avec "Alcools", la poésie d'Apollinaire atteint sa cime la plus haute et la plus pure.

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  • Lettres à un jeune poète

    Rainer Maria Rilke

    Parution : 20 Août 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. De février 1903 à Noël 1908, Rilke adresse dix lettres à un jeune homme qu'il ne connait pas, Franz Xaver Kappus, cadet à l'École militaire de l'armée d'Autriche-Hongrie. Celui-ci sollicite des conseils, doutant de sa vocation littéraire et hésitant entre le métier des armes et celui de la poésie. Le futur auteur des "Cahiers de Malte Laurids Brigge", à peine plus âgé que lui - il a 28 ans à l'époque - lui répond lucidement, non pas en littérateur mais en poète et en philosophe. Ses "Lettres à un jeune poète" ne sont pas un recueil de conseils professionnels mais une profonde méditation - quasi programmatique car portant déjà en germe les thèmes des "Élégies de Duino" et des "Sonnets à Orphée" - sur la poésie, sur l'écriture, sur la vie créatrice et sur le sens de l'existence. "Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire: examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même: mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout: demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit: Suis-je vraiment contraint d'écrire ?" Ces lettres d'une portée universelle seront publiées par Kappus en 1929, trois ans après la mort de Rilke.

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  • Une saison en enfer

    Arthur Rimbaud

    Parution : 24 Mai 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte original d'Une Saison en enfer suivie d'une biographie d'Arthur Rimbaud. En 1873, Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche et trace les premiers linéaments d'un "Livre païen" ou "Livre nègre" dont on devine qu'il s'agit de la future Saison en enfer. Après le drame bien connu de ses retrouvailles avec Verlaine au cours desquelles celui-ci le blesse d'une balle de pistolet, il regagne les Ardennes sans assister au procès. De retour au village de Roche, il y achève Une saison en enfer, sorte de "prodigieuse autobiographie psychologique" aux dires de Verlaine, éclairée de phénoménales lueurs et d'intuitions magiques. Tout en reniant l'Occident, le Christianisme et la loi du baptême, tout en se voulant "nègre" s'opposant aux Blancs misérablement civilisés, il mesure ce que la vie lui réserve: ses vingt ans devront entrer dans le monde du travail, connaître la loi du service militaire, participer à la vie du citoyen. Au cours des pages qu'il écrit dans la fièvre, il se cabre contre de telles nécessités, nous donnant ainsi une merveilleuse leçon de violence adolescente au nom d'une poésie à vivre. Dans Alchimie du verbe, il conteste également ce qu'il a pu écrire jusque-là. Imprimé à Bruxelles, grâce aux deniers de sa mère, et sorti des presses de l'Alliance typographique (Poot et Cie), Une saison en enfer ne sera pas distribué. Faute d'argent pour payer l'imprimeur, Rimbaud vient prendre six exemplaires, en dépose un à la prison pour Verlaine, distribue les autres à des amis et laisse le reste (près de 500 exemplaires) dans les locaux de l'imprimerie Jacques Poot où on les retrouvera intacts en 1900.

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  • Long Poem in Canuckian Child Patoi probably medieval

    Jack Kerouac

    Parution : 21 Février 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Jack Kerouac. Poème en ancien français de Jack Kerouac, suivi d'un dossier sur la Beat Generation: brève histoire de la Beat Generation et de "Sur la Route". La chronique personnelle de l'Amérique des années 40 et 50 de Kerouac se double d'une formidable évocation de l'espace américain qui le rattache à la tradition des poètes bardes, comme Walt Whitman: l'auteur voulait inventer une forme romanesque aux dimensions du continent, une écriture aussi souple et nerveuse qu'un solo de jazz, aussi ample et fluide que le Mississipi.

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  • Stèles

    Victor Segalen

    Parution : 23 Novembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Victor Segalen. Édition illustrée. Nommé élève interprète de la marine, Victor Segalen arrive à Pékin en juin 1909. Il rencontre à Tien-Tsin Paul Claudel et entreprend avec l'écrivain A. Gilbert de Voisins une grande expédition en Chine centrale et au Japon qui durera neuf mois. De ce séjour, qui s'interrompra avec la guerre en août 1914, naîtront les grandes oeuvres de l'écrivain, dont Stèles (1912), inspiré par les pierres écrites chinoises dont la fonction était à l'origine sacrificielle et funéraire. Ce recueil de quarante-huit poèmes en prose -- de soixante-quatre dans la seconde édition (1914), chiffre correspondant au nombre d'hexagrammes du Yi King -- se présente extérieurement et intérieurement à la chinoise, mais l'exotisme, ici, ne sert que d'alibi. Ni traductions, ni adaptations des inscriptions gravées sur les stèles chinoises, ces poèmes expriment en réalité l'univers secret de Segalen, ses opinions, ses sentiments, ses expériences du voyage, un monde de sensations et de visions qui lui est propre. Par le détour de la Chine, par ce qu'il appelle l'allégorie, ils suggèrent des notions trop pures pour tomber sous la coupe des mots. L'indicible, l'invisible, l'inouï hantent en particulier les stèles du "Milieu" qui terminent le volume et marquent, comme dans la géographie chinoise, le lieu d'un passage spirituel. Victor Segalen a veillé personnellement à l'édition à la chinoise de 1912, tirée à 81 exemplaires, "chiffre qui correspond au nombre sacré (9x9) des dalles de la troisième terrasse du Temple du Ciel à Pékin". Dans une lettre adressée l'année précédente à son ami Claude Debussy, il exposait ainsi son projet: "un recueil de proses courtes et dures, mesurées comme un sonnet", conclues par "un trait expressif" pour faire advenir le "jour de connaissance au fond de soi". Dans une autre correspondance, il précise que les caractères gravés sur les stèles chinoises sont pour lui comme "une trame soudaine figée, qui n'est plus pensée dans un cerveau, mais pensée dans la pierre où ils sont entés. Et leur attitude, hautaine, pleine d'intelligence et de visions anciennes, est un geste de défi à qui leur fera dire ce qu'ils enferment..."

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  • Lucas, ses sonnets

    Julio Cortazar

    Parution : 23 Novembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nouvelle traduction par Inès Oseki-Depré du célèbre "Zipper Sonnet" oulipien de Julio Cortazar (1914-1984). Le texte est suivi d'une brève biographie du plus français des écrivains argentins, "L'énigme Cortazar", et d'un entretien avec sa traductrice et seconde épouse, Ugné Karvelis.

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  • Poèmes

    Walt Whitman

    Parution : 26 Mai 2020 - Entrée pnb : 27 Mai 2020

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Walt Whitman. Ce volume de soixante poèmes choisis de Walt Whitman ne se veut pas un simple recueil, mais un tout vivant extrait de façon raisonnée du millier de pages de l'édition complète des "Feuilles d'herbe". Le public y trouvera assez de substance pour comprendre ce chef-d'oeuvre de la littérature américaine, en admirer les proportions et la beauté profonde. Composé dans sa première édition d'une douzaine de poèmes, "Feuilles d'herbe" a évolué tout au long de la vie de l'auteur pour compter dans la dernière version publiée quelque 411 poèmes, dont beaucoup ont été réécrits plusieurs fois. "Feuilles d'herbe" est donc le fruit d'un processus complexe, fait de croissance, mais aussi de sédimentation. L'oeuvre entière laisse deviner ses strates successives mais chaque poème est un organisme autonome dont ce recueil a souhaité préserver l'intégrité. Les soixante textes sont suivis d'une biographie de Walt Whitman et d'une étude historique et critique de "Feuilles d'herbe".

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  • Haute solitude

    Léon-Paul Fargue

    Parution : 1 Février 2021 - Entrée pnb : 3 Février 2021

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon-Paul Fargue. "Haute solitude" est l'oeuvre la plus accomplie et la plus déchirante de Fargue. Reprenant les chemins de rêves et de cauchemars déjà parcourus dans "Vulturne", l'auteur poursuit cette fois son investigation jusqu'au point critique où le poète, se séparant de lui-même, s'installe dans la "Haute solitude", lieu étrange dont il nous dit les peurs et les prestiges. Par elle, il atteint la nuit des temps préhistoriques comme celle de la fin du monde dont il nous dit être l'un des six témoins. C'est entre ces deux nuits de la terre et du ciel, de la naissance et de la mort, que s'inscrit ce recueil de proses. Visionnaire stupéfait "d'avoir vu d'un coup Dieu dans le monde, comme on s'aperçoit dans une glace à l'autre bout de la chambre", Fargue possède cette puissance verbale propre à entraîner le lecteur dans la randonnée préhistorique qui ouvre le livre. Nous y assistons à la formation des mondes, à la succession des époques, à l'apparition d'un "monstre bizarre", l'Homme. Puis, délaissant ces mondes chaotiques, un autre univers non moins fantastique est exploré: ce Paris tant aimé, parcouru et arpenté par l'auteur du "Piéton de Paris". Le voici déambulant à travers les rues, accompagné par les fantômes et les visages de ceux qu'il a aimé. Il dit les gares, les banlieues, les cafés, les nuits blanches, les rumeurs de la ville et la vie dans son désordre cosmique. Mais aucune rue qui ne conduise inexorablement vers ce haut lieu où souffle l'esprit: la solitude. "Je travaille à ma solitude, cherchant à la diriger dans la mer d'insomnie où nous a jetés la longue file des morts..."

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  • L'Ombilic des limbes

    Antonin Artaud

    Parution : 24 Octobre 2019 - Entrée pnb : 25 Octobre 2019

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Antonin Artaud. Comme toute l'oeuvre d'Antonin Artaud, "L'Ombilic des limbes" échappe à toutes les tentatives de critique et de description habituelles. Le recueil comprend cinq poèmes en prose d'une essence indéfinissable, hermétiques souvent, mais tous jaillis de l'authenticité et du plus profond de la souffrance de l'auteur. Artaud y rencontre les amants Héloïse et Abélard puis Paolo Uccello qui se débat "au milieu d'un vaste tissu mental où il a perdu toutes les routes de son âme". Il rédige quelques textes épistolaires sur le cinéma, d'autres poèmes ainsi qu'une mini-pièce de théâtre surréaliste. "Le Pèse-nerfs", publié la même année que "L'Ombilic", est également un recueil de plusieurs textes, lettres et poèmes. Artaud s'y adresse à "vous", ses "amis", son lecteur, son psychiatre, André Breton, une femme (trois "Lettres de ménage"), et bien entendu à Artaud. Tous questionnements et obsessions qui seront également au centre des "Fragments d'un journal d'Enfer" et des textes de "L'Art et la Mort" qui complètent ce volume.

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  • Les Soliloques du pauvre

    Jehan Rictus; Jehan-Rictus

    Parution : 6 Mars 2021 - Entrée pnb : 7 Mars 2021

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Jehan Rictus. Le "pauvre" de Jehan Rictus, trimardeur parisien, loqueteux bohème, gouailleur et poète, est plus proche du vagabond médiéval que du prolétaire contemporain. Mais, en pleine période symboliste et parnassienne, le public fut très sensible au réalisme cynique, aux malédictions désespérées et aux anathèmes anarchistes de ces "Soliloques du pauvre", qui contrastaient fort avec la décadence raffinée alors à la mode. Le héros de ces soliloques - poèmes-chansons monologues écrits dans l'argot populaire des faubourgs parisiens de la Belle époque et destinés à être récités sur scène - est un sans-logis contraint d'errer dans Paris, comme le fut un temps Jehan Rictus lui-même, un gueux, un sans-dents, un marginal de la révolution industrielle qui exprime avec gouaille sa féroce ironie critique mêlée à un profond désespoir. Sceptique sur les "immortels principes", méprisant les démagogues et la bourgeoisie bien vêtue et bien nourrie, il se défie tout autant des professionnels de la bienfaisance, des hypocrites qui battent "T'tambour su' les ventres creux" dont le métier, dit-il, est de "plaind' les Pauv's" en faisant la noce. Ardent anarchiste du début du XXe siècle, Jehan Rictus, que l'on compare souvent à Jean Richepin et à Aristide Bruant, n'est pourtant pas révolutionnaire: trop de fatalisme, trop de scepticisme et trop de dégoût l'en empêchent: "Gn'a rien à faire, gn'a qu'à pleurer". Le présent volume contient les sept grands textes de l'édition finale des "Soliloques du pauvre". "Le Coeur populaire", qui fait parler prostituées, enfants battus, ouvriers, cambrioleurs, etc., contient pour sa part tous les poèmes de l'auteur n'appartenant pas aux "Soliloques": doléances, complaintes, ballades, récits, chants, etc., dont "La Jasante de la Vieille" ("Jasante" veut dire "Prière" en argot), qui reste peut-être son meilleur poème, inspiré par la vision qu'il a eue de la fosse des condamnés au cimetière d'Ivry.

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  • Méditations poétiques

    Alphonse De Lamartine

    Parution : 20 Avril 2020 - Entrée pnb : 21 Avril 2020

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Alphonse de Lamartine. Livre d'un âge de la vie rassemblant les textes écrits entre 20 et 40 ans, ces trois volumes rassemblés - les "Méditations poétiques", les "Nouvelles méditations poétiques" et les "Méditations poétiques inédites" - sont aussi le livre d'un âge de la sensibilité française. On y entend la voix d'un homme en accord avec son temps, les années 1815-1840, période de naissance et de développement du romantisme poétique. Toute la génération des premiers romantiques y découvrit en des images amples et simples, en des rythmes souples, une poésie de l'âme insatisfaite en quête de bonheur, d'amour et de vérité, une poésie pure qui enivre et qui plane. Lamartine y est en même temps un Racine moderne et un Chateaubriand en vers. Il crée un nouveau genre où la poésie devient véritablement émotion. Préludant même à l'âge symboliste, il est en deça et au-delà du romantisme, par l'art de suggérer la fusion du visible et de l'invisible, la suprématie de la musique. Sa quête poétique s'exprime aussi bien dans des discours en vers que dans des élégies, des odes ou des méditations proprement dites. De l'exercice philosophique ou religieux, il garde le mouvement: contemplation, réflexion, élévation. Sa contemplation est un paysage et sa réflexion est un rêve ascendant qui emporte le lecteur. Ce qui n'exclue pas parfois certains poèmes d'inspiration purement politique, tels par exemple "Ressouvenir du Lac Léman", où le diplomate fondateur du Parti Social, redoutable opposant à la monarchie de Louis-Philippe et co-fondateur de la Seconde République française, exprime aussi toute sa détestation de Napoléon.

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  • Poèmes

    Emily Dickinson

    Parution : 5 Juin 2020 - Entrée pnb : 6 Juin 2020

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Emily Dickinson. Sans titre, au plus bref de simples distiques, au plus long des ballades d'une dizaine de quatrains, ces quelques 140 poèmes choisis parmi les 1775 de l'oeuvre complète, sont les multiples fragments d'une architecture tout en ruptures et en reprises. Considérée aujourd'hui comme l'un des plus grands poètes américains avec Edgar Poe et Walt Whitman, Emily Dickinson écrit sur la nature, le temps, l'amour, nos angoisses et nos espérances. Il n'y a jamais chez elle de volonté d'écrire autour d'un thème précis même si la séparation et la mort sont au coeur de sa méditation, souvent fort proche de la poésie métaphysique anglaise. Il ne saurait y avoir non plus de poèmes d'inspiration directement biographique pour elle qui souhaitait "Dire toute la vérité mais en oblique". Poèmes-paysages, scènes bibliques, élégies, sonnets ou apostrophes, c'est de manière discontinue mais selon un système d'échos qu'elle écrit ses poèmes, au fil d'impressions récurrentes et de reprises méditatives. C'est bien cette suite poétique qui témoigne le mieux de sa vie à la fois secrète et expansive, grave et moqueuse, discrète mais audacieusement libre, qui fut une constante méditation sur les paradoxes du visible et de l'invisible, de la parole et du silence.

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  • Poésies

    Stéphane Mallarmé

    Parution : 10 Avril 2021 - Entrée pnb : 12 Avril 2021

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stéphane Mallarmé. C'est sous le titre de "Poésies" que Mallarmé a préparé avant sa mort une édition de ses poèmes. Elle parut peu après, en 1899, chez l'éditeur belge Edmond Deman. Sa fille et son gendre ont ensuite complété l'oeuvre en ajoutant plusieurs inédits dans une nouvelle édition parue en 1913 aux éditions de la Nouvelle Revue Française. Le présent volume reprend le contenu des deux éditions. La date de composition des poèmes va de 1862 à 1898. La plupart ont été publiés à l'origine dans des revues littéraires ("Lutèce", "L'Artiste", "La Plume", "La Revue indépendante", "Le Parnasse contemporain", etc.), parfois en plaquettes, et ont souvent été remaniés à plusieurs reprises. Le recueil s'ouvre sur un "Salut", qui fait de l'aventure poétique une véritable odyssée. Il se ferme symboliquement sur "Mes bouquins refermés". Entre les deux, il organise une cinquantaine de textes autour des deux poèmes majeurs que sont "Hérodiade" et "L'Après-midi d'un faune". Ceux-ci occupent une position charnière entre les textes de jeunesse, plutôt d'inspiration baudelairienne, et ceux de la maturité purement mallarméenne. "Hérodiade", composé en 1865-66, marque une rénovation intellectuelle et esthétique radicale. C'est en creusant le vers d'"Hérodiade" que le poète découvre le néant au regard de quoi Dieu, l'âme et la poésie ne sont que mensonges. Prenant la suite, le monologue de "L'Après-midi d'un faune" présente lui l'envers lumineux de cette révélation à travers la figure du faune musicien devenu chantre de la fiction. Parmi les autres poèmes remarquables, citons notamment "Sainte", "Toast funèbre" (en hommage à Théophile Gautier), "Prose pour des Esseintes", la série des "Éventails", des "Petits airs", celle des "Tombeaux" (d'Edgar Poe, de Charles Baudelaire, de Paul Verlaine), ou encore celle des "Hommages" (à Richard Wagner, Puvis de Chavannes, Vasco de Gama). La poésie mallarméenne met en oeuvre une réflexion sur la poésie et l'écriture. Par la beauté d'un vers qui ne doit plus grand chose à l'éloquence ou au lyrisme romantique, par un art de la suggestion et de la transposition, par la densité d'une écriture qui vise à la rééducation de la lecture, les "Poésies" ont eu et ont toujours une influence décisive sur l'évolution de la poésie et ont fait de Stéphane Mallarmé un des pères de la modernité.

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  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Paul Valéry. "Eupalinos ou l'Architecte", "L'Âme et la Danse" et "Dialogue de l'Arbre" sont trois dialogues poétiques inspirés par la philosophie antique. "Eupalinos ou l'Architecte", à l'origine préface à un recueil intitulé "Architectures", revisite les grands concepts platoniciens (la mimesis, la réminiscence, le philosophe roi, l'ignorance,...). Au royaume des ombres, il met en scène un dialogue entre Socrate, abîmé dans la contemplation du fleuve du Temps, et Phèdre qui lui rappelle le souvenir de l'architecte Eupalinos, ce constructeur du temple d'Artémis qui faisait "chanter les édifices". Socrate médite alors sur la beauté et sur son choix d'être philosophe plutôt qu'artiste. "L'Âme et la danse", écrit de circonstance publié à l'origine dans "La Revue musicale", doit beaucoup à la "musique des idées" que Stéphane Mallarmé lui a inspiré. Le médecin Éryximaque y dialogue avec Phèdre et Socrate sur la danse et l'orchestique et notamment sur la beauté incarnée dans le corps et le mouvement de la Danseuse: "le corps qui est là veut atteindre à une possession entière de soi-même, et à un point de gloire surnaturel... Mais il en est de lui comme de l' âme pour laquelle le Dieu, et la sagesse, et la profondeur qui lui sont demandés, ne sont et ne peuvent être que des moments, des éclairs, des fragments d'un temps étranger, des bonds désespérés hors de la forme..." Le "Dialogue de l'Arbre", inspiré quant à lui par "Les Bucoliques" de Virgile et écrit sous l'Occupation en 1943, est une célèbration à la gloire de l'Arbre. Le dialogue se déroule entre le berger Tityre, qui jouit directement et immédiatement de la présence de l'Arbre, et le philosophe Lucrèce méditant sur le paradis terrestre de la sensualité et de la nature.

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