Langue française

  • Cahier de désécriture

    Philippe Berthaut

    Parution : 30 Janvier 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Mirages, accidents de son et de sens, altérations volontaires ou fortuites, autant de manifestation de ce que pourrait être la désécriture. Philippe Berthaut, chanteur et poète de son état, la fait fleurir en bon jardinier de la langue. Cette série de poèmes singuliers prend la forme d'un cahier pour mieux cultiver cette désobéissance et élever une langue parallèle au rang de langue propre, vivant le long de nos errances, de nos lapsus, de nos élans de tendresse poétique.Accompagner Berthaut dans cet élan intérieur de vingt-deux jours, ce journal qui serpente, c'est le suivre en nous-mêmes. Quelle est cette langue qui nous porte et que le plus souvent nous ne savons pas dire ? À l'économie, parfois jusqu'à la rareté du son, la finesse de son nerf, il s'agit de confronter, à la lecture, à l'écriture, cette matière lunaire qui se saisit des cordes vocales pour les faire vaciller. C'est à la fois en nos corps et au-delà car, souvenons-nous, « c'est trop étroit une peau » disait Emaz. C'est sa finesse, aussi, qui nous permet de voir au-dedans, sous la gorge, la langue en construction, les hauts fourneaux du dire.Guillaume Vissac

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Blancs

    ,

    Parution : 22 Décembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous avons le plaisir de vous présenter une nouvelle - et fructueuse - collaboration entre Louise Imagine et Jean-Yves Fick, un magnifique volume alliant poésie et photographie, et qui vient enrichir la collection Horizons.À l'injonction constante du sens, on peut sans doute encore risquer l'hypothèse que « l'essentiel est dans les marges »(Reverdy), voire dans les blancs, les espaces muets que signe la page. On a aussi laissé l'écriture aller aux blancs de la toile brute, ou apprêtée, sur lesquels les peintres laissent leurs gestes déployer ce qui, avant leur faire, l'inconnu de leur geste, ne se pouvait ni connaître ni espérer. La poésie, la peinture : que disent-­elles, en somme ? Et qu'est toute parole, sinon « une hérésie du silence » ? Espaces, intervalles, interstices et silences. Autant d'énigmes, et parfois douloureuses. Puis des voix, pour un temps nu. Leurs mémoires. Questions auxquelles viennent ici répondre et les blancs et les récits instantanés des photographies déposées par Louise Imagine. Leurs dons. Et la même énigme recommencée : que disent de nous, juste là, sous nos yeux, ces eaux, ce fragment d'un rivage, le silence et l'intervalle, et toute la marche, toute la danse des formes ? Et quelle, leur lumière, là, juste là, sous nos yeux ? Dans nos mains, la pierre blanche du temps, et le vol songeur d'un oiseau de mer, juste où nous levons les yeux.

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Jusqu'à ce que...

    J Y.

    Parution : 8 Avril 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [Note : deux versions sont disponibles. L'une est interopérable et lisible sur tous les appareils, l'autre est enrichie de morceaux audio, lecture du livre faite par l'auteur.]C'est un voyage : non dans l'espace, mais dans le temps et la mémoire d'un homme. Lui parlera, immobile, pour dire sa traversée d'hier, d'aujourd'hui, de demain. Il parlera jusqu'à l'essoufflement. Quand il cesse de parler, une femme est là comme en chaque moment de sa vie, pour dire ce moment, ou nommer ce qui a lieu. La femme en bleu, la femme en blanc, la femme en noir. Dans ce ballet des voix et des corps, cet homme seul au milieu de sa vie traversée par trois femmes, se donne à entendre le prix de cette traversée, dans le souffle d'une voix qui tente d'aller jusqu'au bout de lui, jusqu'à ce que...C'est le premier texte de théâtre de JY. Préface de Claude Régy.Directeur de collection et préparation éditoriale : Arnaud Maïsetti-L'auteurConfondu à la maternité avec un autre, JY. a grandi dans un « foyer » d'adoption auprès d'un père qui fit son coming out au moment de son adolescence et d'une mère qui opta pour des missions humanitaires à la même période. Heureux, livré à lui-même, il découvre la bibliothèque familiale : les ouvrages sur la chasse, les Tout l'Univers du bricolage, les dix leçons de la pêche à la petite cuillère, les recettes exotiques éditées par les fabricants de robots ménagers et La Pertinence de Sperber et Wilson. La double étagère ne suffisant plus, et le goût de la lecture développé, il fréquente alors les points Relay. Les têtes de gondoles l'ouvrent à une représentation du monde et, dans la foulée, il s'inscrit en linguistique. Il décroche un doctorat et sans faire de manière devient professeur à l'université, en études théâtrales.À 51 ans, il casse sa pipe. C'est là qu'il commence à fulminer contre lui-même et contre les autres. JY. reprend tout à zéro et découvre qu'il a un jumeau. Après Alcméon ou la solitude de la Raison qu'il offre à son ami Robert Misrahi, il écrit Jusqu'à ce que. Pièce qu'il adresse à Claude Régy qu'il connaît depuis plus de vingt ans. JY. choisit ses lecteurs à la différence des éditeurs. Il écrit aujourd'hui sous un pseudo. À sa mort, il souhaite être enterré à côté de D. Slakta et il aimerait l'épitaphe suivante « Il y a des incompatibilités ».

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Travail au drap rouge

    Yann Miralles

    Parution : 10 Novembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Yann Miralles a publié quelques textes en revues (N4728,
    Décharge, Arpa, et en ligne sur mots_tessons) ainsi que des
    notes critiques (voir du côté de Remue.net ou Poezibao). Travail
    au drap rouge est son premier recueil publié. Alors,
    on s'étonnera peut-être que cet « acte de naissance »
    fasse explicitement référence à la faena, 3ème acte dans le
    déroulement d'une corrida, qui est le travail à pieds du matador,
    préparant le taureau à la mort, juste avant l'estocade. Sans doute
    faut-il entendre cet acte concomitant de naissance (car il s'agit
    bien de cela, les premiers mots du texte en témoignent « il me
    faut / sortir et même plus / que naître et sortir : être /
    comme par lui / expulsé ») et de mise à mort à l'aune de ce
    qu'écrivait Hermann Hesse dans Demian :
    « L'oiseau cherche à se dégager de l'oeuf. L'oeuf est le
    monde. Celui qui veut naître doit détruire un monde. »Chacun son oeuf. Et le combat s'amorce peut-être quand
    « un jour on reconnaît qu'on ne sait plus
    parler. » C'est à ce moment-là qu'il faut, comme on dit,
    prendre le taureau par les cornes. S'avancer dans l'arène intime
    (et commune) de la langue et attendre que la bête donne la charge.
    Mais on ne sait jamais, dans cette lutte - car le texte que de Yann
    Miralles est bien trace d'une lutte, c'est-à-dire résultat de la
    friction de forces opposées - qui de l'auteur ou du langage qu'il
    parle (et qui lui échappe) est le taureau. On peut penser que les
    positions alternent. Torero qui se joue de la bête, de la
    singulière et puissante poussée du langage qui le traverse,
    l'auteur est aussi le colosse impuissant, baladé par son propre
    élan, et fléchissant sous les coups. On pourrait dire encore que le
    langage fait office de muleta, le fameux drap rouge qui
    relie l'auteur et ce qui fonce, puis rate, mais fonce encore,
    jusqu'à épuisement. Mais gardons plutôt l'idée de permutation des
    places.La métaphore de la corrida nous parlera, sans doute, mais c'est
    un peu facile. Yann Miralles en est conscient : « Je
    pourrais broder / longtemps / sur le motif // par exemple je parle
    / le drap rouge et voir tout de suite / défiler tout un tas de
    figures... ». L'enjeu est tout autre. Plus que
    d'apercevoir des figures incarnées dans cette évocation du drap
    rouge, il s'agit de prendre la mesure des forces antagonistes qui
    se joue dans le travail d'écriture et le rapport au monde. Une
    sorte de relation passif / actif que l'on retrouve tout au long du
    livre. Ainsi, s'agit-il, dès le premier texte, d'expulser de soi
    les mots qui crient « c'est moi l'expulsé ».Travail au drap rouge est, tout à la fois,
    travail d'arrachement (s'arracher de cette boue commune qui nous
    parle et nous oublie dans ses plis, afin de trouver nos contours
    propres) et travail d'agrippement (Lutte contre la
    « déportation » car le langage nous déplace, nous charrie
    dans son flux facile et nous absente à nous-même).L'auteur nous livre ici sa façon d'être entré dans la langue et
    de refaire cette entrée, jour après jour. On aimerait, grâce à ce
    texte, que chacun renoue avec « ce long travail en [soi] du
    mot commencer ».Armand Dupuy

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Boucle ça

    Nicolas Grégoire

    Parution : 15 Mai 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nicolas Grégoire est d'origine Belge. Il est né en 1985. Il vit
    et travaille à Kigali, au Rwanda. Certains l'auront peut-être déjà
    croisé dans le numéro 14 de la revue N4728 ou chez Les arêtes
    éditions avec Nuit approchée et Eclats.Inutile d'en dire trop long sur les textes de Nicolas Grégoire.
    Pour l'auteur, il s'agit simplement de ne pas voler dans le décor,
    de tenir le coup. Et cela se joue dans pas grand chose. En effet,
    la plupart de ces textes ont étés rédigés dans une petite piaule
    d'étudiant à Namur (qu'on dit kot, là-bas).Dans cet ensemble, on voit comment l'écriture se resserre autour
    de sa nécessité. Une écriture sèche, tchak, dans la solitude, comme
    les coups, c'est ça / la vie - alternativement solitude qui ronge
    et solitude nécessaire. Solitude où l'on croise, toutefois, des
    figures nombreuses avec lesquelles l'auteur fait route. On
    reconnaitra notamment la conversation de fond avec Samuel
    Beckett : « je suis dans chambre de ma mère »
    qui reprend la phrase inaugurale de Molloy ou rouge / à force de
    / vouloir chier / sa langue,... Présence aussi des musiciens
    (Arvo Pärt, Beethoven, Joy division, Radiohead...) et des peintres
    (Nicolas de Staël, Francis Bacon, Clifford Still,...).
    Voir, d'ailleurs, cette photo de l'auteur, en train d'en découdre
    avec une peinture d'Antoine Mortier, prise au musée d'art moderne
    de Bruxelles, en 2006. Elle témoigne assez bien de la
    « posture » d'écriture : tête rentrée sous le poids,
    s'écrire un dos, trouver des appuis, faire face aux coups qui se
    répètent en boucle : boucle ça. Faire taire, également, ce qui
    parasite. On pensera peut-être à Du Bouchet qui note « je
    dois lutter contre mon propre bruit » : boucle
    la.En lisant Nicolas Grégoire, on pensera encore aux récents Coups
    portés de Cécile
    Guivarch qui navigue à vue dans les zones accidentées des liens
    familiaux, avec tout ce qu'elles bougent de nous.Tenir, donc, trouver de l'air. Avec très peu, dans très peu.
    Dans l'espace concret d'une ville étouffante ou de la piaule
    étroite, avec ce qui se donne dans les carnets. Une matière au
    compte goutte (le minimalisme n'est pas un choix). Ce dire tendu
    qui rappelle les silhouettes filiformes de Giacometti. Juste ce
    qu'il faut pour que ça tienne, pas plus.Je crois que chacun pourra y trouver quelque chose.Armand Dupuy

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • L'Incessant

    Jacques Ancet

    Parution : 22 Octobre 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pour la première fois, le cycle complet écrit par Jacques Ancet, «Obéissance au vent», auparavant publié en papier chez Flammarion, Ubacs et Mont Analogue, est désormais disponible en numérique.« ... Livre ouvert, où tout peut entrer » ce sont les mots par lesquels Jacques Ancet présente L'Incessant, première séquence de prose lyrique ouvrant le cycle plus ample encore qu'est l'Obéissance au vent.D'entrée, « des voix mêlées entretissées » emmènent leur lecteur « où dedans et dehors ne sont qu'un seul instant », quand bien même ne demeureraient seuls que « le fil cassé des phrases », « les mots (...) inaccessibles », « toutes ces choses penchées glissant en un éboulement sans fin ». Un devenir, oui, assurément, et où tout s'écoule, et les reflets qui s'élèvent depuis une vitre sur le fond obscur des jours montrent alors des corps, leur visage, une main à son lent travail d'oeuvrer.D'autres figures convoquées, la table, la lampe, le corps amoureux sont elles-aussi à leur interminable nuit, et leur silence est ce qui seul permet un naître, un dire, même si la main hésite sur la page, sur la toile, même si le geste se gauchit et manque ce qui, en définitive, seul le légitime, et fait énigme de toujours : « comment vivre le présent ». À ce point précis, la voix alors dénombre et énumère les bruits, les objets, les pas, les rues, les traces. Pour ne pas se perdre à son propre vertige, elle emporte cette mémoire.Et c'est bien ce rythme qui traverse un monde d' « assourdissant silence », aidé en cela par quelques figures tutélaires (la fin du volume les nomme sobrement), elles qui incarnèrent toutes à leur mesure, un « corps ouvert aux forces invisibles » et partant, lui aussi inachevé, « emporté malgré lui par une page ouverte, interminable elle aussi », au silence de son propre voyage.- Jean-Yves FickLe cycle complet :1. L'incessant2. La mémoire des visages3. Le silence des chiens4. La tendresseLe site de Jacques Ancethttp://jacques.ancet.pagesperso-orange.frSa page auteurhttp://publie-net.com/staff/all/jacques-ancet/Disponibles en papier : Le silence des chienset La tendresse

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
empty