• Jusqu'à très loin

    Romain Fustier

    Parution : 24 Février 2021 - Entrée pnb : 25 Février 2021

    tu m'embrasses me questionnes - sondant mon coeur as-tu aimé te balader dans un jardin avec moi - ta gentillesse les boeufs blancs qui paissent en paix dans le bocage pour nous y rendre - tes pas parmi les fleurs les fleurs parmi tes pas - tu étais un théâtre de verdure au milieu des marais une chambre avec son théâtre de verdure - étais bordée de sentiers tu bordais les sentiers - étais quinze hectares dans quinze hectares un labyrinthe dans le labyrinthe - tes lèvres sur ma tempe les viviers de ta voix en secret« Tu emmènes mon corps jusqu'à très loin », dit le poème, qui égrène en une suite de strophes une histoire d'amour adressée, en divers lieux traversés où l'autre n'est jamais dissocié du paysage.
    Un poème en prose à la façon d'un journal, pour dire les lieux que l'on conserve en soi, ces condensés de temps et d'espace, des départs, des voyages car le regard y est mieux aiguisé - dans cet ailleurs, ce qui fait l'éclat d'un amour, d'un geste, d'une parole subtilement s'accroche.

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  • Boîte automatique du crâne

    Romain Fustier

    Parution : 15 Décembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il se pourrait que tout commence par un coup de sang. Une tache s'étale sur le pare-brise à cause de la vitesse, une tache qui fait grand rouge sur la nuit. Et c'est comme une prise de conscience : c'est sur la route des vacances que Romain Fustier s'éveille à sa propre inquiétude, c'est-à-dire à sa façon d'être attentif. Et cette première expérience d'un monde vacillant, qui se révèle dans la lampe rouge d'un rapace écrasé sur le pare-brise, se répète indéfiniment, de façon automatique et incontrôlable, dans une sorte de road-movie que déroulent les poèmes. On roule, que ce soit sur les départementales ou l'autoroute, on dévide un très long chemin d'errance pour toucher ce chez-soi du trajet, ce chez-soi du tremblé de vivre, pour atteindre enfin, peut-être, « ce no man's land qui vous colle au cerveau ». Les images défilent au pas lent d'un moteur, les phrases se télescopent, s'enchâssent, comme les réalités qui s'avancent l'une dans l'autre. C'est un monde qu'on traverse pendant qu'il nous traverse, qui se dévide mais stagne, là, dans le pare-brise. Et de même, quelque chose stagne en nous, quelque chose reste arrêté, un point de fixation qui fait préférer à l'auteur les vieilleries, le « goût des choses surannées / des toits vert-de-gris et des bâtiments désuets / les derniers vers de Laforgue les villas thermales / bordant les avenues d'avant-guerre les hôtels / démodés les fronts de mer vieillots où les glaces / ont le parfum des sorbets d'un temps révolu ». Mais, si l'expérience de ce tremblé, de cette incertitude de vivre, provoqués par les plus infimes évènements, peuvent bouleverser l'auteur (« une feuille de paulownia s'est posée sur le / capot de notre voiture garée sur un parking / et cet évènement anodin a fait basculer le / décor le cours bien réglé de nos existences »), il ne fait pas que subir cette répétition.(extrait de la préface d'Armand Dupuy)***Romain Fustier est né en 1977 à Clermont-Ferrand, dans la banlieue dortoir de laquelle il a grandi. Il y a fondé la revue & les éditions Contre-allées avec sa compagne Amandine Marembert et des amis au cours de leurs années étudiantes. Il vit désormais à Montluçon, où il poursuit avec elle cette aventure. Il a publié une trentaine d'ouvrages, notamment Le volume de nos existences (Collection Polder, 2006), Une ville allongée sous l'épiderme (Éditions Henry & Écrits des Forges, 2008), Habillé de son corps (Rafael de Surtis, 2010), Des fois des regrets comme (Éditions des États civils, 2011), Rembobinant l'extérieur (Éditions du Cygne, 2012) et Infini de poche (Éditions Henry, 2013).

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