• Il pleut sur le rocher

    Suzanne Ravinet

    Parution : 22 Novembre 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Jacquou n'était plus là. Alors, Suzelle ne le vit plus guère. Qu'une fois. Pour quelques jours. Il avait eu une permission. Sans doute la dernière avant de partir vers ce pays, l'Indochine, où tous les espoirs lui semblaient permis ! Sortir de sa condition. Se construire un avenir. Il n'était plus le même Jacquou, sublimé dans ce costume de l'armée de l'Air qu'avec allure il portait ! Qu'il était loin du garçonnet, puis de l'adolescent au teint de pêche, avec sa mèche sur le front, qui l'entraînait à jouer aux jeux de garçons et à grimper aux arbres, les coudes et les genoux écorchés ! Beau brun aux yeux noirs, au regard profond, ardent et vif, les filles, maintenant, l'accaparaient. Qu'il était loin de la photo sur laquelle il était assis, encore prêt à bondir, au pied de ce tronc d'arbre sur lequel Suzelle avait été sagement installée ! » Jacquou et Suzelle, les frère et soeur complices qui ont traversé une guerre dans l'innocence. Puis une fraternité qui s'est étiolée, dilatée, mise en sourdine, quand Jacquou est parti au loin, pour participer à une autre guerre dont on parle si peu, laissant Suzelle à son devenir de femme... "Il pleut sur Le Rocher" est donc histoire de trajectoires qui se dessoudent et se perdent, la vie les attirant dans des sens contraires. Le roman de S. Ravinet dit ainsi une absence, un creux, dans l'existence de Suzelle, vide qui ne se comblera que sur le tard, quand les enfants d'antan se retrouveront et mettront des mots sur l'expérience indochinoise. Et l'auteur de composer, avec délicatesse, une oeuvre où destinée féminine, travail de mémoire, souvenirs lumineux et sombres s'enlacent infiniment.

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  • Au fil des jours

    Suzanne Ravinet

    Parution : 16 Mars 2021 - Entrée pnb : 20 Mars 2021

    Peu à peu, j'avais été en quelque sorte sidérée par des actes d'autorité et des injonctions humiliantes. Je ne pouvais plus m'exprimer sans me sentir culpabilisée. De quoi ? De vouloir vivre ? D'être spontanée ? Il avait une drôle de façon de dire les choses : « Tiens montre-moi le ticket de caisse de tes achats ? Mais qu'est-ce que vient faire cette paire de collants, là, avec la javel ? Ne pouvais-tu pas t'en passer ? » « Est-ce que tu m'as trompé ? Dis, est-ce que tu m'as trompé ? Même pas dans ta tête ? Est-ce que tu m'as trompé dans ta tête ? » Je n'y comprenais rien ! Pourquoi ces suspicions ? Avec tout ce que j'avais à faire ce n'était pas dans mes préoccupations ! Seul l'objectif de l'aider à réussir me menait. Mais, rapidement, une fois en ménage, un lien de subordination s'était installé. Alors que j'étais seule à assumer le rôle de chef de famille, que je lui permettais de faire ses études de médecine, et que j'assumais totalement notre fils Julien, il exigeait que je lui rende des comptes avec suspicion et autorité...

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